HP / EDS : EDS France saigné par la restructuration

La fusion entre HP et EDS coûtera son poste à pas loin d’un salarié sur dix en France. Mais ce sont surtout les effectifs d’EDS qui seront concernés. Sans qu’aucune stratégie n’ait été clairement dévoilée. Jusqu’ici la logique de gestion par les coûts semble donc devoir prévaloir.

580 : c’est finalement le nombre de postes qui devraient être supprimés en France par la direction de HP-EDS sur les trois prochaines années. Des chiffres qui tombent donc au compte goutte puisque, après avoir communiqué à l’échelle mondiale, puis européenne et finalement nationale, le groupe n’a toujours pas donné d’indicateurs de répartition en France dans l’affectation des suppressions par services (transversaux ou opérationnels). « C’est pour dans un mois », explique Jean-Paul Garagnon, délégué syndical central Sud d'EDS, pour qui « on est dans un processus d’anesthésie lente ».

Au-delà du chiffre brut, la nouvelle du jour est donc que plus de 85 % des postes supprimés dans l’Hexagone le seront chez EDS, soit 500 salariés licenciés. Si l’on y ajoute les quasi 200 postes concernés par les mouvements en cours dans la SSII - ventes partielles d’actifs ou PSE -, c’est pas loin de 30 % de l’effectif d’EDS France au 1er janvier 2008 – soit 2 000 salariés - qui aura bientôt disparu. Rappelons que la SSII avait engagé un certain nombre d'actions de retructuration avant l'annonce de la fusion avec HP. Un doute subsiste concernant la cinquantaine de personnes de l’activité AS400 de Tours, dont la vente est programmée et qui pourraient peut être être intégrés aux suppressions de poste chez EDS.

Petits contrats, gestion "à façon" : HP pas intéressé

« Ce qui est également très choquant, selon Jean-Paul Garagnon, c’est l’absence apparente de stratégie. On a le sentiment que la France applique un taux de dégraissage décidé aux Etats-Unis et que l’on envisagera quoi faire seulement plus tard ». Reste qu’en filigrane, la direction d’EDS a laissé entrevoir quelques pistes. Selon Jean-Paul Garagnon, « pour HP, visiblement, les petits contrats et la gestion d’infrastructures non industrialisable n’ont pas beaucoup d’intérêt. Sur les 500 suppressions de postes, on sent aussi qu’une partie de l’activité sera déportée vers l’extérieur, notamment le Maroc. Ce qui est inquiétant, c’est que si on regarde bien ce que HP dit vouloir faire dans le futur, moins de la moitié d’EDS est concerné ».

Au final, les effectifs d’EDS paient donc au prix fort le rapprochement malgré les déclarations d'intention de HP qui proclamait qu’il respecterait l’identité d’EDS… en terme de marque. De fait, l’entité service du californien est baptisée "EDS - an HP Company" et revendique la deuxième marche du podium mondial des services derrière IBM Global Services, intouchable depuis le virage pris par Big blue à l’orée du troisième millénaire. Mais, depuis de nombreux mois, personne ne se fait d’illusions sur qui paiera la note. En terme de management, c’est déjà clairement HP France qui a pris les rênes. Une prise de contrôle réaffirmée avec la nomination d’Eric Leveugle, qui occupait depuis fin novembre 2007 le poste de vice-président de HP France, mais surtout la direction générale de l’activité services du géant dans l’Hexagone, à la tête d’EDS France. Poussant vers la sortie le précédent directeur général, Francis Meston, sur le départ depuis de longues semaines.

Partout en Europe, EDS sacrifié

La restructuration envisagée à l’échelle mondiale est censée porter sur les trois prochaines années et verra 24 600 salariés quitter le groupe, dont 9 330 en Europe. Déjà, en début de semaine, la direction allemande avait présenté une note salée à ses salariés : 1 400 salariés licenciements dans les deux ans, dont plus de 80 % chez EDS. Au Royaume-Uni, la restructuration est encore plus importante avec près de 3 400 suppressions de postes, là encore très majoritairement chez EDS. Idem en Suisse, où 275 des 800 salariés d’EDS – plus du tiers – quitteront la société. Ou encore en Belgique, où la plupart des 324 postes supprimés concernent la SSII rachetée.

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