Salaires 2012-2013 des informaticiens: la stagnation... sauf exceptions

Sur un marché de l'embauche IT qui reste animé, nonobstant la conjoncture, les exceptions au serrage de vis budgétaire ne manquent pas. Comme en témoigne l'étude annuelle du cabinet Hays.

2012, morne plaine pour les salaires des informaticiens ? Pas pour tous, comme le montre cette fois encore l'étude annuelle du cabinet de recrutement Hays. Certes, la tendance globale est à une certaine stagnation des niveaux de salaires. Comme en 2011. Mais sur un marché de l'emploi IT qui reste animé, donc propice à certains îlots d'augmentation de salaires plus prononcée. Avec des appels à compétences liés à des chantiers incontournables (évolution des infrastructures, montée en puissance de la mobilité) ou focalisés sur des profils recherchés de toutes parts, donc chers. Les exceptions au serrage de vis budgétaire ne manquent pas. Et ont toutes les chances de se prolonger en 2013.  

Moins de fébrilité ... sauf sur les projets d'applications mobiles 

Quelles exceptions ? Parmi les développeurs, ceux maîtrisant les technologies récentes de la mobilité tirent vers le haut la moyenne des salaires de début de carrière de la catégorie ingénieur développeur (40 000 € annuels en 2012, contre 30-38 000 € en 2011). Ainsi, le salaire moyen des plus jeunes (moins de deux ans d'expérience) se retrouve au même niveau que celui d'analystes-programmeurs chevronnés. D'après les missions de recrutement confiées au cabinet Hays, les éditeurs de logiciels et les « pure players » de l'économie digitale recherchent avant tout des passionnés. Des fans d'Androïd ou d'iOS quand il s'agit de projets d'applications mobiles. Qui, du coup, font jouer la concurrence. Pour les profils plus classiques, chef de projets, ingénieur qualité/méthode, c'est plutôt le statu quo, tant pour les salaires que pour la dynamique d'embauche. « Les entreprises recrutent avec beaucoup moins de fébrilité que les années précédentes », notent les chargés de recrutement de ce cabinet. 

La prime à la haute technicité recherchée 

Dans les métiers systèmes et réseaux, les profils confirmés ont nettement bénéficié d'une certaine relance des projets. Complexité des chantiers en cours aidant. Selon l'analyse de Hays, non seulement la demande en compétences du « middle market », celui des administrateurs et ingénieurs systèmes qui tiennent la barre de l'informatique des PME, n'a pas faibli. Mais la confirmation de l'intérêt des entreprises pour le cloud computing et autres tactiques de virtualisation/externalisation a fait monter les exigences à l'embauche. Comme en 2011, avec la vague de ré-organisation des data centers, tant chez les intégrateurs que dans les entreprises utilisatrices, sont particulièrement recherchés les architectes d'infrastructures, les spécialistes pointus du stockage, de la virtualisation. Ce qui amène logiquement une progression des salaires moyens (de 5 à 10 % supérieurs à ceux relevés l'an dernier à tous degrés d'expérience, jeunes ou confirmés) à la hauteur de cette exigence. « La demande s'oriente vers des profils beaucoup moins généralistes », remarque Aude Goufrani, senior manager de la division IT et télécoms de Hays. Ce qui induit de plus un certain allongement du processus de recrutement « pour s'assurer de la validité des compétences techniques ». « L'embauche passe par trois ou quatre entretiens en moyenne », note cette analyste, « sauf dans les cas où il convient de sécuriser au plus vite l'embauche parce que les compétences et les candidats sont rares ». D'où l'inflation observée, toutes proportions gardées. 

MOA et conseil : marché porteur pour les profils confirmés 

Une même réserve des employeurs – avec une embauche en trois étapes minimum – se constate du côté des métiers de maîtrise d'ouvrage et de conseil. En dépit de l'instabilité de la conjoncture, là aussi, le marché reste porteur. Par nécessité : mise à niveau des infrastructures et des applications en relation avec l'évolution des processus de production, de gestion et de commercialisation des entreprises. Sans compter d'incontournables chantiers de mises en conformité réglementaires (secteur banque/assurances, notamment) et de la prise en compte de mouvements de fond (mutation du secteur de la distribution, consolidation dans le secteur des mutuelles, fusions-acquisitions dans le secteur assurances). Globalement, pas de fortes augmentations. Avec une cote des profils expérimentés (plus de dix ans de métier) qui reste néanmoins élevée (plus de 70 000 euros pour certains chefs de projet MOA, consultants fonctionnels, consultants ou chefs de projet ERP, consultants en organisation) sous l'effet combiné de la rareté des candidatures (des postulants qui n'hésitent pas à faire monter les enchères) et de l'exigence des employeurs. 

A noter, enfin, que du fait du ralentissement d'activité des SSII observé jusqu'au dernier trimestre 2012, ce milieu a renoué avec la pratique du recrutement sur mission, plutôt que sur profils. « Certains gros projets ont été gelés, d'autres de moindre envergure abandonnés chez leurs donneurs d'ordre », relève Aude Goufrani. Non sans voir revenir quelques vagues d'embauche, à la faveur de « nouveaux défis », dans les domaines de la logistique, de la business intelligence, dans des secteurs d'activité chahutés par la conjoncture (assurances, industrie, grande distribution). Sans compter que pour ces projets, « les sociétés ont besoin d'experts fonctionnels et, en conséquence, n'hésitent pas à recruter ce type de profil en CDI ». Autant dire que 2013 se profile dans la continuité des deux années précédentes : « entre stabilité et exigence » résume Hays. Avec des pics d'inflation sur certaines zones bien circonscrites de la grille de salaires.  

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