Cet article fait partie de notre guide: Salaires et compétences IT : quelles sont les tendances

Salaires IT : la technicité paye encore et toujours

Ni gel, ni hausse en 2014... mais dans un contexte de faible inflation, l'évolution de la grille des salaires IT n'en est que plus contrastée. Prime aux compétences « up-to-date ».

La progression de +0,7% des salaires IT en 2014 constatée par l'étude annuelle du cabinet Expectra confirme la rigueur salariale à laquelle n'échappe pas le secteur. Pour l'ensemble des cadres, tous secteurs confondus, l'évolution est de +0,9%. Une rigueur toute relative cependant, qui comporte, en toute logique, des exceptions pour les compétences particulièrement recherchées.

De fait, 2014 ne diffère guère de 2013. Dès le début de l'année, quatre employeurs sur cinq du secteur IT entendaient continuer à mettre la pédale douce sur leur masse salariale (selon l'étude du cabinet Robert Half). A commencer pour les métiers du développement (le gros des effectifs), « sans inflation particulière » prévue, d'après l'étude du cabinet Hays publiée en janvier.

La conjoncture – atone – y est évidemment pour beaucoup. En témoigne l'évolution du salaire mensuel de base des cadres (statistiques de la Dares), marquée par un « ralentissement dans un contexte de faible inflation ». En 2013, dans la branche professionnelle bureaux d'études, de conseil et prestations dont relève le secteur IT, les salaires ont pris +1,5%, soit moins d'un point au dessus de l'inflation (+0,6 %). Le suivi trimestriel effectué par la Dares montre d'ailleurs que la rentrée dans le rang des informaticiens ne date pas d'aujourd'hui.

Moins d'un point au dessus de l'inflation

Depuis fin 2008, tous secteurs confondus, le salaire de base des cadres a progressé de 10,5 points. Pour la filière informatique, la progression est de 9 points en six ans. Soit deux fois moins que pour le secteur télécom (18 points depuis fin 2008). Selon le dernier pointage (publié en juin), en 2014, la tendance reste la même : +1,6% entre mars 2013 et mars 2014 pour l'ensemble des cadres ; +1,4% pour les informaticiens, soit encore moins d'un point au dessus de l'inflation ; +2,2% pour le secteur télécom.

Le tassement s'observait au début de l'année (enquête Hays) aussi bien sur les salaires des métiers du développement, que pour ceux de l'infrastructure (système, réseaux). Sauf exceptions, liées notamment à la percée du cloud computing, de la mobilité, du e-commerce, et du même coup, aux tensions de l'embauche sur certaines spécialités recherchées pour ces chantiers récents. Et c'est bel et bien sur ces tensions spécifiques que, d'une année sur l'autre, les divers baromètres salariaux des cabinets et sites de recrutement se rejoignent.

L'architecte technique – et Devops – en vedette

En 2014, le profil vedette de la filière IT serait ainsi, selon Expectra, l'architecte technique. Avec une progression de salaire médian de +3,3% (à 44610 euros) qui le situe – comme l'an dernier – dans le top 5 des hausses de salaires des cadres. En 2013, le bonus pour ce métier était plus marqué (+5,5%). De plus, cette fois, il est le seul à figurer au palmarès pour les métiers de l'infrastructure. L'ingénieur sécurité et l'ingénieur réseau, qui étaient gratifiés l'an dernier d'une progression de +6,1% et de +5,6% (certes, en situation de rattrapage) sont en retrait en 2014.

Le baromètre « temps réel » du site ChooseYourBoss (dédié aux compétences IT) indique sensiblement la même tendance à la hausse pour l'ingénieur infrastructure. Avec une échelle de salaire allant de 35 k€ à 70 k€ selon le niveau d'expérience. En mettant de plus en exergue, chez l'ingénieur infrastructure, la compétence Devops. « Le fait que l'on raisonne de plus en plus en termes d'API glanés ici et là, amène à repenser les architectures, et surtout à exercer une veille constante dans ce domaine », commente Laurent Chollat-Namy, fondateur de ChooseYourBoss et directeur général adjoint Internet de Figaro Classified. Ce qui valorise d'autant les profils concernés, « polyvalents » est-il souligné, afin de pouvoir assurer la mécanique de l'intégration continue et du développement continu. Le constat vaut aussi pour l'ingénieur (ou expert) sécurité (salaire de 45 k€ à 65 k€ selon le cas) dont les compétences sont en permanence challengées, notamment dans la course-poursuite avec le piratage.

La course aux compétences « up-to-date » en développement amène également le métier de développeur à figurer dans le top 10 des hausses de salaires de l'étude Expectra. Toutes proportions gardées cependant, dans le contexte actuel de modération généralisée. Pour l'ensemble des développeurs, la majoration est de +2,3% en 2014, pour un salaire brut médian de 38 280 euros (à ne pas confondre avec le salaire moyen, rappelle l'étude Expectra, salaire médian signifiant que la moitié des développeurs gagne moins, l'autre moitié gagne plus).

Plus-value du côté des applications mobiles

Le baromètre de ChooseYourBoss ou celui de Urban Linker, dédiés aux « acteurs du web », démontrent que cette inflation – toute relative – recèle une disparité sensible. Disparité liée à la fois à la maturité des technologies (maturité de l'offre et de la demande) et à la relative rareté de certaines compétences. Selon les grilles de salaires d'Urban Liker, le bonus va cette année aux débouchés émergents (Big Data, développeurs Hadoop, spécialistes de la visualisation) et autres expertises peu courantes (architectes UX/UI, plus de six ans d'expérience par exemple). L'équipe de ce cabinet précise cependant que ses grilles sont établies à partir d'embauches réalisées en Ile-de-France, « sans distinction du type d'entreprise »  (start-up, grand compte, éditeur, agence, etc).

Les deux baromètres convergent pour reconnaître une certaine plus-value aux développeurs d'applications mobiles, iOS ou Android (entre 45 et 50 k€ avec quelques années d'expérience). Et ce, sans que l'écart (de salaires) entre les deux environnements soit significatif. Ni même par rapport aux compétences JavaScript (dans les versions front-end ou back-end) ou Java dans ses versions plus évoluées (Scala). « La ressource reste pénurique », considère Laurent Chollat-Namy. En revanche, selon ces deux baromètres, la demande tend à se tasser pour les compétences PHP banalisées, donnant d'autant plus de relief aux profils ajoutant la maîtrise d'un framework (Zend, Symfony, MVC ou PHP full stack), pour le développement d'appli web de bout en bout.

Pour le dirigeant de ChooseYourBoss, cette transparence (barométrique) voulue autour des salaires d'embauche se justifie d'autant plus que, aussi bien du côté des employeurs que des développeurs, «la disparité des compétences recherchées fait qu'on a du mal à se positionner ». Mais aussi, parce que le segment d'avant-garde de l'IT s'y prête. « Parler salaire chez les développeurs n'est pas un tabou ; il y a déjà une grande transparence à ce sujet entre eux. Au-delà d'une juste rémunération, on le sait, ce qu'ils recherchent avant tout, c'est évoluer dans un environnement technique qui n'est pas dépassé. »

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