Etats généraux du Cloud : le rapport Lescure en ligne de mire

A l’occasion de l’ouverture des Etats généraux du Cloud Computing qui se déroule ce jour, EuroCloud a fait part des inquiétudes de l’écosystème cloud en France quant au rapport Lescure, qui prévoit de notamment taxer les services de Cloud Computing.

«Le Cloud Computing ne connait pas la crise en France.» C’est sur cette maxime que s’est ouverte ce jour la 8e édition des Etats généraux du Cloud Computing. Une maxime prononcée par Pierre-José Billotte, président d’EuroCloud France, qui a tenu à inaugurer cette édition 2013 sur une note ultra-positive, soulignant le dynamisme du secteur en France.

Un secteur où les acteurs génèrent davantage de croissance que les acteurs du monde du logiciel dit on-premise. Ainsi si l’on en croit les chiffres du cabinet KPMG, cités lors de l’événement, la croissance des acteurs du cloud se situerait près de 30% en 2012 (en fléchissement toutefois par rapport à 2011, 32%), alors qu’elle atteint péniblement les 7% en 2012 pour les éditeurs «classiques». Mais ce secteur est aujourd’hui inquiet, affirme-t-il, pointant alors du doigt le très récent rapport Lescure, remis à François Hollande la semaine dernière.

Ce rapport, dont la vocation était d’émettre des recommandations sur la contribution du numérique dans l’industrie culturelle préconise d’étendre la notion de copie privée - et ainsi que la taxe associée, comme sur les supports de stockage physiques - aux services de Cloud Computing. «Cette taxe suscite des inquiétudes chez les acteurs du cloud et des interrogations sur la capacité de ses auteurs [de ce rapport, NDLR] à comprendre les mécanismes du cloud», a lancé Pierre-José Billotte, à un auditoire de prestataires et éditeurs acquis à la cause du cloud.

«Quand on sait que le cloud occupe une grande place dans l’industrie informatique en France, en taxant le cloud, on taxe ainsi l’industrie», lance-t-il. Imposer une taxe sur le cloud est «un non sens et une méconnaissance de ce qui est et sera le cloud», ajoute-t-il, précisant qu’il s’agit là  «d’un mauvais coup porté à la filière du cloud en France et à l’économie française» dans son ensemble. Pas question que l’écosystème, porté ici par EuroCloud, ne laisse casser cet élan, symbolisé par «des pépites» qui, en 2012, sont parvenues à porter haut les couleurs françaises.

Les rachats de RunMyProcess (BPM dans le Cloud) par Fujitsu ou encore d'EntropySoft (interopérabilité documentaire) par Salesforce étaient sur toutes les lèvres, lors de cette édition 2013 des Etats généraux du Cloud. Ou encore la croissance des Oodrive ou encore OVH - et sa levée de fonds de 140 millions d’euros.

Selon le cabinet KPMG, qui a évalué le financement des acteurs du Saas en 2012, le nombre d’opérations de financement a progressé en 2011, même si le  niveau d’investissement a reculé. Ainsi 152 opérations d'investissements ont été menées en 2012, contre 148 en 2011, mais leur valeur a reculé à 240 millions d’euros en 2012, contre 276 millions d’euros en 2011. En 2012, le ticket moyen est passé à 1,6 M€ contre 1,9 M€ en 2011.

En raison notamment de la diminution des aides publiques. Pas question donc de rompre également la fragile mécanique des financements... D'autant que le cloud est  promis à un avenir radieux, selon les chiffres du cabinet d’étude Markess International dans son dernier baromètre des prestataires du Cloud Computing. En 2013, le Cloud, que ce soit les couches Saas, Paas et Iaas, devrait générer 3,4 Md€ en France. Il devrait atteindre 4,2 Md€ en 2014 et 5 Md€ en 2015.    

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