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Cloud Week 2016 : vers une candidature numérique à la présidentielle de 2017

A l’initiative d’Eurocloud, une table ronde a posé la question de savoir si il y a lieu (et sur quel programme) de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2017. Réponse des organisateurs de la Cloud Week : il y a lieu.

Ouverture attendue pour la CloudWeek Paris 2016. Comme l’an passé une série de personnalités – peut-être plus ancrées dans la réalité économique du pays que par le passé avec notamment la vision de Nicolas Sekkaki qui s’exprimait récemment sur LeMagIT – est venue partagée sa vision d’un monde fortement numérisé dans lequel le Cloud computing ouvre grandement l’univers des possibles.

Mais c’est surtout la seconde partie de cette conférence d’ouverture – finalement autant orientée transformation numérique que cloud - qui se tenait à la Maison de la Chimie qui promettait de mettre les pieds dans le plat. Le cloud en démultipliant la puissance potentielle de l’informatique à travers la mutualisation des infrastructures et la capacité à héberger, nourrir, développer des innovations, se retrouve au cœur de la société. Le numérique doit donc être reconsidéré, notamment en terme de politiques publiques.

A l’initiative d’Eurocloud – organisateur de cette seconde édition de la CloudWeek – et de son président Pierre-José Billotte, une table ronde était organisée pour savoir si il y avait lieu ou non (et sur quel programme) de présenter un candidat à l’élection présidentielle qui se profile en France en 2017.

Et Pierre-José Billotte de planter le décor : « l’idée d’Eurocloud est de présenter un candidat qui porte la question du numérique que l’on souhaite sélectionner au travers d’une initiative collective. Issue de préférence des rangs de la société civile, il sera désigné à l’issue d’un processus qui rassemblera de nombreuses associations en charge du numérique qui établiront un programme et aideront à la recherche des signatures indispensables. Cette candidature pourrait également être l’occasion de créer un véritable parti, que l’on pourrait par exemple baptiser « Hashtag ». »

« Nous préconisions un mouvement de société civile. Les gens dans les collectivités locales sont plus ouverts et plus au fait des problématiques numériques. Les 500 signatures c’est facile, les élus territoriaux sont intéressés et nous ne sommes pas politisés », enchaîne-t-il.

Si l’on en croit les promoteurs de l’idée, le candidat devra doit tout à la fois représenter la société civile mais surtout soutenir l’avènement d’un monde numérique présenté tout à la fois comme le levier ultime de la démocratie et principal vecteur des développements économique à venir.

Pour Fabrice Benaut, Président d’Alliance Big Data, « il ne faut surtout pas oublier que le candidat pourrait être une candidate… Mais le cœur du problème n’est pas là. Avant de désigner une personnalité il est d’abord nécessaire de faire émerger le besoin. C’est d’abord là que le numérique peut être utile au processus démocratique. Il s’agit d’abord d’entrer dans une logique collaborative et avant de penser aux « services » que l’on pourrait proposer aux citoyens. Il faudrait utiliser le numérique pour développer l’écoute de la société ».

Une ligne « utile » du numérique à la démocratie sur lequel le rejoint Alain Prallong, Président du Cinnov-IT, pour qui l’apport principal est avant tout celui de la transparence et de la neutralité des opérations sur le réseau qui doit conduire à l’intégrité des politiques.

Selon lui «le numérique peut également aider sur la connaissance du terrain. La démocratie collaborative est cependant une piste plus simple que la démocratie directe. L’approche collective citoyenne me semble la meilleure et le numérique déjà peut être un bon levier à ce niveau ».

Pour Fabrice Galloo, Président de France IT, « l’idéal serait que ce candidat soit une entrepreneuse ou un entrepreneur. Parce que le principe de l’entreprenariat est de se confronter à la réalité. Faire avancer des idées, gérer du capital humain, être en permanence innovant…. Toutes ces valeurs-là doivent être au programme des politiques et encore plus d’un candidat du numérique… »

Ce que se propose déjà d’être les deux derniers intervenants à la table ronde, Jean-Michel Billaut, animateur historique de la scène numérique française, et Alain Garnier, fondateur de l’éditeur de solution collaborative Jamespot.

Usant d’un peu de démagogie le premier cherche à faire constater que notre démocratie serait mafieuse et que la solution se trouverait dans l’organisation d’une démocratie directe reposant sur les blockchain, système distribué hautement fiable qui permet d’authentifier toutes formes de transactions, et qui donnerait crédit à la possibilité de décision collective rapides et fiables.

Adepte des services publics en ligne il estime que ceux-ci doivent pouvoir tout à la fois améliorer l’efficacité administrative et réduire le train de vie de l’Etat. Outre l’utilisation des Blockchain à des fins démocratiques il considère que Watson – l’ensemble de technologies prédictives d’IBM – doit prendre le pouvoir pour améliorer des secteurs comme l’énergie, les transports ou surtout la santé, grâce au senquençage génétique. L’Estonie est son modèle.

Pour Alain Garnier, les questions d’impôt et de souveraineté sont clés pour le numérique. Il estime que l’échelon européen s’est plutôt bien emparé du sujet mais que la mise en œuvre au niveau national pèche par absence de courage et de compréhension des politiques.

Face aux GAFA l’Europe offrirait des outils juridiques trop peu utilisés. Alain Garnier estime que le numérique joue le rôle de la révolution industrielle dans le passé, et qu’il faut le prendre tel quel et mettre en place les hommes et les structures qui sont capables de le gérer à ce niveau-là.

D’abord pour s’en servir au service de la démocratie, puis de l’efficacité de l’Etat avant – enfin - de créer l’ecosystème et les infrastructures permettant à la France et l’Europe de développer une économie dynamique et positive.

Prochaine étape pour Pierre-José Billotte : a l’issue e la Cloud Week, un courrier a un noyau d’associations numériques à l’initiative d’Eurocloud France. « Ensuite nous mettrons en place les éléments de discussions du collectif qui sera le seul a même de faire décoller ce projet ».

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