Les entreprises françaises en avance sur le cloud... privé

Selon IDC les entreprises françaises sont, en Europe, celles qui ont le plus recours au cloud avec notamment un fort succès des solutions SaaS. L'absence d'offre de cloud public d'infrastructure à grande échelle en France, complique en revanche la montée en puissance de ces offres. Et ce ne sont pas les bisbilles entre les partenaires d'andromède qui vont arranger les choses...

La dernière étude cloud réalisée par IDC auprès de 440 entreprises européennes montre un niveau d'adoption du cloud très élevé en France, avec 93 % des entreprises françaises qui disent connaître, évalue ou avoir déjà mis en oeuvre des solutions de cloud. Ce taux fait en fait de la France le pays d'Europe où l'adoption des technologies de Cloud Computing est la plus élevée d'Europe.

Selon IDC, les dépenses des entreprises et des administrations en solutions de Cloud Public ont atteint 527 M€ en 2010, soit une très forte progression (+67%) par rapport à 2009. Et elle devrait encore progresser fortement en 2011. IDC prévoit ainsi que l'année en cours devrait se terminer avec des dépenses de l'ordre de 846 M€, en progression de 61% par rapport à 2009.

Sans que cela ne soit une réelle surprise, ce sont les dépenses en services Saas (Software as a Service) qui tirent la croissance du marché. Dans l'hexagone, ces dépenses ont représenté près de 63 % des dépenses des entreprises en matière de cloud public en 2010. Le cloud d'infrastructure est à la traîne mais progresse toutefois à un rythme de 38% soit sensiblement plus que le rythme de progression des ventes de serveurs ou de systèmes de stockage et surtout bien plus que le marché des services d'infrastructure traditionnel.

Reste que si l'on peut se réjouir de l'adoption supposée plus rapide du cloud en France que dans les autres pays européens, la dépense reste marginale par rapport au marché global de l'IT. Car les entreprises françaises, si elles sont désormais au fait des bénéfices du cloud, restent largement opposées à l'usage de services de cloud d'infrastructure public, leur privilégiant des solutions de cloud privé (ou des solutions d'infogérance traditionnelles plus ou moins pompeusement rebaptisées offres de cloud privé). IDC souligne ainsi pudiquement que le cloud est vu comme un modèle de livraison de services parmi tant d'autres et que 78% des entreprises qui disposent d'un contrat d'outsourcing, entendent inclure au moins un service Cloud dans leur prochain contrat. En fait, on semble s'orienter en France vers un transfert massif des contrats d'infogérance traditionnels vers des contrats de fourniture de services de cloud privés managés.

Le cloud public d'infrastructure à la traine, faute d'offres

La question du cloud public d'infrastructure reste encore très sensible en France en l'absence d'offre à grande échelle à des tarifs compétitifs en France. Certes les clients Français peuvent utiliser les infrastructures de géants américains comme RackSpace, GoGrid ou Amazon, mais sous la menace persistante du Patiot Act et sans garanties sur la sécurité ou la localisation de leurs données. 2012 pourrait voir se débloquer la situation avec l'émergence de nouvelles offres comme celles portées par le consortium andromède. A condition toutefois que les acteurs qui participent au consortium s'accordent. Ce qui semble encore loi d'être évident.

 

Andromède en panne

Selon l'édition de ce jour du quotidien La Tribune, Dassault Systèmes aurait aujourd'hui annoncé son retrait du projet de co-entreprise entre l'Etat, Orange, Thales et Dassault en accusant Orange de pratiquer des tarifs d'hébergement trop élevés. Des tarifs qui pourraient se traduire par des offres trop chères et donc non compétitives avec celles des grands services de cloud public mondiaux.

Dans une interview avec StratégiesCloud, le patron d'Orange Business Services évoquait andromède en indiquant vouloir pratiquer des tarifs agressifs ("forward pricing"). Peut-être fallait-il comprendre des marges agressives...

En attendant, si Dassault claque la porte, il faudra sans doute lui trouver un remplaçant. La tribune évoque les SSII françaises Cap Gemini et Atos comme possible candidats. Cela n'aurait rien d'étonnant. Rappelons que dans un entretien avec Stratégies Cloud, Olivier Herrmann, indiquait ne pas voir d'obstacle à ce que Cap utilise les futures infrastructures d'Andromède pour certains clients. Atos a quant à lui un PDG, qui connaît bien les rouages de l'Etat et de France Télécom et qui pourrait sans nul doute s'intégrer sans trop de difficulté au mécano industriel complexe qu'est la structure Andromède. Reste que faute d'un accord rapide, le projet prend du retard et repousse encore à plus tard en 2012 l'arrivée d'une offre de masse de cloud IaaS public dans l'hexagone.

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