Désormais structurées les offres cloud doivent maintenant être adoptées

En 2010, tous les acteurs du secteur IT avaient la tête dans les nuages. Si les DSI restent encore méfiants, il apparaît que 2010 fait entrer un peu plus le nuage dans l’ère du concret au fur et à mesure que les entreprises discernent mieux les contours d’un nuage jusqu’à alors entouré de brouillard. Le Saas demeure encore la partie du Cloud la plus visible.

Levier économique, réducteur de coûts, facilitateur, outil de rationalisation… quel qualificatif n’avons nous pas entendu en 2010 autour du Cloud Computing. Une avalanche d’annonces de la part des éditeurs, de chiffres chez les observateurs du marché, le IT en 2010 a principalement été dominé par le concept de l’informatique en nuage. A l’image de 2009, toutefois, mais avec un vraie nuance : si l’année dernière, le nuage symbolisait le « buzz word » sur lequel il fallait se positionner du côté des fournisseurs de technologies, 2010 a permis le passage à l’étape suivante et rapproché le Cloud de la réalité des entreprises. Moins de fumée, plus de concret, en somme.

Ce constat, le cabinet d’étude Chadwick Martin Bailey (CMB) l’a réalisé en novembre dernier. Selon un panel hétéroclite de responsables en entreprise (tant IT que métiers), les entreprises commencent de plus en plus à discerner véritablement les mécanismes du Cloud Computing, grâce à une meilleure compréhension provoquée notamment par “une dissipation progressive du bruit marketing”, indiquait alors le cabinet. Certes. Reste qu’en 2010, le Cloud est ancore essentiellement perçu par le seul prisme du Saas (Software-as-a-service) qui truste aujourd’hui 73% des revenus mondiaux générés par la famille Cloud Computing (plus de 37 milliards, selon MarketsandMarkets).

Le fleuron du genre, Salesforce, s’en frotte encore les mains, et a affiché une ambition sans faille à l’occasion de l’édition 2010 de Dreamforce, sa conférence utilisateur, après avoir multiplié plus tôt dans l’année les annonces structurantes, à l’image de son partenariat avec VMware autour la plate-forme VMForce.

Du côté des couches Iaas (Infrastructure-as-a-service) et du Paas (Platform-as-a-service), tout n’est pas aussi rose. L’écosystème continue de se bâtir et le chantier devrait se poursuivre courant 2011. Amazon muscle en continu son offre et Microsoft renforce Azure du côté des fournisseurs. Cisco, IBM, HP, Oracle affûtent quant à eux les couteaux et polissent leurs systèmes respectifs, les préparant au cloud des entreprises. Et comment ne pas citer l’Exalogic Elastic Cloud d’Oracle. Sans oublier la somme de rachats destinés à faire gonfler les portefeuilles technologiques Cloud de fournisseurs plus orientés sur les architectures traditionnelles.

A noter également une nouveauté en 2010 qui devrait prendre de l’ampleur en 2011 : l’arrivée sur le segment du Cloud des puissants opérateurs télécoms qui, de part leur coeur de métier, s’estiment crédibles pour porter la promesse du Cloud. On se rappellera notamment dans l’Hexagone de l’annonce d’Orange Business Services et celle de SFR, pour ne citer qu’eux. Au delà du potentiel financier et R&D les opérateurs jouissent d’une grande maîtrise des logiques de réseau – clés dans l’architecture en nuage – mais également d’une connaissance avancé des modèles économiques de services multiples sur abonnement. Un vrai plus concernant un paradigme technologique mais également révolutionnaire au niveau économique pour les fournisseurs d’informatique classique.

Sécurité et Cloud privé

Enfin 2010 devrait rester comme l’année de la duplication. Largement orientés infrastructures dites « publique » les développements portent désormais sur la notion de cloud privé qui semble davantage séduire et rassurer les DSI. Les entreprises, si toutefois elles osent s’y aventurer, préfèrent encore installer un cloud privé que d’héberger leurs applications sur une infrastructure totalement mutualisée. En cause, l'un des points noirs du Cloud : la sécurité des données, les problèmes de confidentialité et bien sûr de mise en conformité avec les lois en vigueur. La mutualisation sous forme de cloud oui, mais d’abord entre soi. Après l’émergence du concept, les premières briques et l’affinage des offres 2011 devrait donc être l’année du nerf de la guerre : celui de la tarification du Cloud. Aujourd’hui les entreprises trouvent le ticket d’entrée un peu onéreux d’autant que la promesse d’un paiement à l’usage est soumise à la bascule à reculons des ténors du secteur. Les pure players sont séduisants mais cantonnés au Saas ou au cloud public. Les gros se prépare mais ne souhaite pas aller trop loin dans le changement de modèle. Du coup les utilisateurs doivent encore se montrer patient.

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