Blackberry se recentre sur le marché professionnel

Blackberry a annoncé tourner le dos au marché du grand public et préfère réduire la voilure, tant en terme d’effectifs que de terminaux disponibles, pour se recentrer sur le marché des entreprises.

Comme poussé dans ses derniers retranchements, le Canadien Blackberry a finalement du tourner une page de son histoire ce vendredi. Confirmant les informations du Wall Street Journal, publiées le 19 septembre, la société a officialisé la suppression de 4 500 postes (40% de son effectif mondial). Une vague de licenciements qui vise à réduire les dépenses opérationnelles du groupe de 50%, explique Blackberry dans un communiqué. A terme, Blackberry ne comptera plus qu’environ 7 000 employés dans le monde. C’est donc à un nouveau Blackberry qu'il faudra désormais s’attendre, qui doit recomposer en profondeur son organisation et tenter de trouver une place sur un marché de la mobilité trusté par l’iPhone ou encore des terminaux Android - et dans une moindre mesure les appareils Microsoft-Nokia.

Recentrage sur le marché professionnel

Dans ce contexte, Blackberry a également annoncé s’extraire du marché du grand public. Un marché sur lequel la Canadien ne sera finalement pas parvenu à s’imposer, ratant le virage des terminaux tactiles, au profit encore une fois de l’iPhone et d’Android. Blackberry confirme ainsi se recentrer sur les terminaux professionnels - ce qui avait largement contribué à sa gloire - et semi-professionnels, raccourcissant ainsi son catalogue de deux terminaux - de 6 à 4 (deux haut de gamme, deux d’entrée de gamme).

«Nous mettons en place les difficiles mais nécessaires changements opérationnels annoncés ce jour pour nous positionner sur un marché mature et davantage compétitif, et pour mener l’entreprise à la rentabilité», soutient Thorsten Heins, le CEO et président du groupe dans un communiqué, ajoutant que l’objectif est désormais de proposer des solutions de bout-en-bout, du matériel aux logiciels en passant par les services pour le monde des entreprises.

L’un des points d’ancrage de cette stratégie sera ainsi le serveur d’entreprise BES (Blackberry Entreprise Server) qui, depuis sa version 10, supporte également les terminaux tiers sous Android et iOS. Cette plate-forme, désormais plus proche du MDM (Multi-Device Management), aurait par ailleurs été installée sur quelque 25 000 serveurs, indique Blackberry (contre 19 000 en juillet 2013), citant ses propres chiffres.

C’est avec ce dispositif que Blackberry compte se chercher un nouveau souffle, en attendant que le comité spécial chargé d’évaluer «toutes les options possibles» - la cession ainsi que la filiation des activités liées à BBM auraient notamment été envisagées - rende son verdict. Selon le New York Times qui cite des informations du Wall Street Journal, Mike Lazaridis, le co-fondateur qui a quitté le groupe en mars dernier, collaborerait également avec plusieurs fonds d’investissement pour racheter la société... et probablement la sortir des cotations boursières.

D’ici là, Blackberry fait face à une impasse, et peine à séduire le marché avec ses terminaux. Selon les résultats préliminaires pour le second trimestre, le groupe affirme avoir écoulé 3,7 millions de terminaux, essentiellement des Blackberry 7, explique Blackberry dans un communiqué, évoquant ainsi l’échec du lancement de la dernière gamme de terminaux sous Blackberry 10, comme le Z 10. Sur la période, le groupe s’attend à un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars, en recul de 50%. Blackberry s’attend également à une perte nette comprise entre 950 et 995 millions de dollars.

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