Cloud : Microsoft multiplie les annonces Iaas pour combler son retard sur Amazon

Microsoft dévoilera le 18 octobre les nouvelles versions de Windows Server et de System Center. L'occasion de faire le point sur les efforts de l'éditeur dans l'IaaS avec l'aide des chiffres de 451 Research

Microsoft devrait débuter la commercialisation de la prochaine vague de ses applications serveurs le 18 octobre prochain, avec le lancement simultané – une première – de Windows Server 2012 R2 et de System Center 2012 R2. Jusqu’alors, System Center arrivait toujours avec un décalage de quelques mois par rapport aux nouvelles versions de Windows Server, ce qui repoussait d’autant l’adoption par les entreprises des dernières fonctionnalités d’Hyper-V, l’hyperviseur maison. Cette fois-ci Microsoft a retenu la leçon et a synchronisé les lancements des deux produits ce qui pourrait accélérer la mise en production des nouvelles versions d’Hyper-V et de SCVMM, la console de gestion de la virtualisation intégrée à System Center.

Le lancement de ces nouvelles moutures de produits d’infrastructure clés pour l’éditeur s’accompagne d’une refonte de la grille tarifaire de l’éditeur qui permettra aux clients disposant d’un accord de licence entreprise (Entreprise Agreement ou EA) de bénéficier de tarifs remisés pour l’accès aux services Cloud de Microsoft Azure, une façon pour l’éditeur de tenter d’encourager ses clients à adopter ses services en cloud. Elle s’accompagne aussi de hausse de prix pour la version de Windows Server la plus importante pour la virtualisation, Windows Server 2012 R2 Edition Datacenter, celle qui permet l’hébergement d’un nombre « illimité » de machines virtuelles sur un serveur Windows Hyper-V. Cette hausse de prix est en partie justifiée par l’arrivée de nouvelles fonctions dans l’OS, mais aussi par la consolidation croissante de VM sur les serveurs Windows, qui résulte de la puissance croissante des serveurs utilisés par les entreprises.

Développer l’offre IaaS dans Azure

Ce lancement par Microsoft de nouvelles moutures de ses produits d’infrastructure s’accompagne aussi d’une nouvelle série d’annonce autour de l’offre de cloud d’infrastructure Windows Azure IaaS. À l’instar d’Amazon, avec son offre Direct Connect, Microsoft a ainsi annoncé un partenariat avec Equinix, l’un des principaux fournisseurs de services d’hébergement. L’objectif est de permettre aux clients qui hébergent leur infrastructure informatique dans les datacenters d’Equinix de disposer d’accès réseaux privés rapide vers le cloud Microsoft. Pour l’instant, l’annonce est limitée à Equinix et n’a donc pas toute la portée de Direct Connect chez Amazon, mais il s’agit pour l’éditeur de Redmond d’un pas dans la bonne direction.

De la même façon, Microsoft va proposer aux clients du gouvernement fédéral américain l’accès à une infrastructure cloud dédiée baptisée Windows Azure US Government Cloud, ce que propose déjà Amazon avec son GovCloud. Cette infrastructure est labellisée FedRAMP, ce qui en fait le premier cloud a obtenir ce niveau de certification des autorités américaines.

Cité par The Register et par William Fellows, du cabinet 451 Research Satya Nadela le patron du cloud chez Microsoft aurait indiqué lors d’une présentation à San Francisco que le cloud d’infrastructure représente désormais 70% de l’empreinte d’Azure. Alors que Windows Azure IaaS n’est entré en « General Availability » que très récemment, cette affirmation est à double tranchant : elle indique soit une adoption rapide des services Azure IaaS, ou vient confirmer ce que beaucoup supputent à savoir la taille relativement modeste du service Azure PaaS, sur lequel Microsoft a misé pendant des années pour s’implanter dans le Cloud.

Microsoft, comme Google, très en retard sur le cloud d'infrastructure

La myopie de Microsoft en matière d’infrastructure – on peut en dire autant de Google – a d’ailleurs joué un rôle important dans le succès d’Amazon, qui a longtemps fait seul la course en tête en matière de cloud d’infrastructure et qui dispose aujourd’hui d’une confortable avance sur ses concurrents, malgré les 15 milliards de dollars qu’aurait investi l’éditeur de Redmond dans son infrastructure cloud (une partie étant dédiée à ses propres services pour le grand public et les entreprises). Selon une étude de 451 Research, qui a encore revu ses prévisions pour le marché IaaS à la hausse,  la part de marché IaaS d’Amazon en 2012 approchait les 57% et était 1,3 fois supérieure à celle des 143 fournisseurs IaaS qui le suivaient. Pour mémoire, 451 research, estime que le marché du cloud IaaS devrait peser 4,5 Md$ en 2013 et 10,2 Md$ en 2016. AU niveau mondial, Amazon était le n°1 incontestéen 2012, devant RackSpace, Verizon, IBM, CSC et Joyent. Microsoft ne figurait même pas dans le Top 5, pas plus que Google. En Europe, et toujours selon 451 Research, Amazon aurait réalisé un CA IaaS de 242 M$ en 2012, loin devant Verizon (28 M$), Colt (19,9M$), et Orange Business Services (15,5 M$).

Les services PaaS et SaaS pas oubliés

S’il met l’accent sur l’IaaS pour combler son retard, Microsoft n’entend toutefois pas ralentir sur le PaaS. La firme a ainsi annoncé que son service Hadoop dans le cloud était désormais disponible de façon commerciale. Baptisé HDInsight Service et développé en conjonction avec HortonWorks, ce service permet aux entreprises de bénéficier d’une infrastructure Hadoop as a Service intégrée avec les outils Microsoft, dont Excel et PowerBI pour Office 365.

Microsoft a également annoncé l’arrivée le 18 octobre prochain d’une nouvelle mouture de Windows Intunes, son service d’administration et de gestion des configurations dans le cloud. Intune permet aux entreprises (et notamment aux PME) de gérer leurs ordinateurs et leurs terminaux mobiles depuis un service en cloud. Le service permet notamment de piloter de façon centralisée l’application des correctifs et des mises à jour sur les périphériques de l’entreprise mais aussi d’administrer ses périphériques qu’ils fonctionnent sous Windows, Android ou IOS. Intune permet aussi de déployer à la volée des applications parmi un catalogue défini par l’entreprise.

Notons au passage que Microsoft a aussi annoncé la sortie de nouvelle version des applications d’accès à distance maison pour Windows, Windows RT, IOS, Mac OS X et Android.

Des Tarifs en hausse

La dernière vague d’annonces de l’éditeur s’accompagne de hausses de tarifs pour certains éléments clés de l’infrastructure et notamment Windows Server 2012 R2. La version Datacenter de l’OS voit ainsi son prix augmenter de 28% (voir à ce propos notre article « Windows Server 2012 R2 : Hyper-V ne sera pas si gratuit ). Pire, pour les hébergeurs et fournisseurs de services en cloud, le prix de la licence SPLA (Service Provider Licence Agreement) de Windows Server Datacenter Edition progresse de 38%.

Microsoft a aussi annoncé une hausse de 20% des licences d’accès clients pour les remote desktop services dans Windows Server 2012 R2. L'éditeur voudrait convaincre ses clients de migrer vers ses propres services de Cloud (dont les prix n'augmentent pas) qu'il ne s'y prendrait pas autrement...

 

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