Entretien avec Brian Gentile, CEO Jaspersoft

LeMagIT s’est entretenu avec Brian Gentile, le CEO de Jaspersoft, lors de son passage en France cette semaine. L’occasion de revenir sur la communauté Jaspersoft en France, sur la tarification à l’heure de sa solution dans le cloud d’Amazon et sur la simplification des outils de BI, une forte tendance actuelle.

LeMagIT s’est entretenu avec Brian Gentile, le CEO de Jaspersoft, lors de son passage en France cette semaine. L’occasion de revenir sur la communauté Jaspersoft en France, sur la tarification à l’heure de sa solution dans le cloud d’Amazon et sur la simplification des outils de BI, une forte tendance actuelle.

 

LeMagIT.fr : Comment se positionne la communauté Jaspersoft en France ?
Brian Gentile : En France, la communauté Open Source de Jaspersoft est restée stable, même si on a assisté à un engouement généralisé ces trois dernières années. La France est restée la 7e communauté dans le monde en terme de taille et d'activité. On note un engagement continu de la France en matière d'Open Source et de BI. La tendance est la même en Europe. L'Allemagne est également restée stable, tout comme l'Espagne.
En France, le segment à plus forte croissance est celui des grandes entreprises (au delà de 1 Md$ de CA) ainsi que celui des grosses PME, dont la tendance en matière d'adoption est plutôt à la stabilité. L'Open source y est populaire à cause notamment de la pression sur les prix et aussi car ce pourquoi nous utilisons l'analytique est en train de changer. Les acteurs traditionnels de la BI ne sont pas adaptés à ce nouveau modèle et à ces nouveaux usages de l'analytique. Leurs outils ont été développés il y a plusieurs années pour une implémentation à l'intérieur du firewall et pour attaquer des informations localisées dans un entrepôt de données. L'usage de l'Open source sert aussi les  applications externes.

Brian Gentille, CEO de Jaspersoft

LeMagIT.fr : Quels secteurs d'activités sont les plus consommateurs des solutions Jaspersoft ?
B.G : En France, les solutions Jaspersoft sont en croissance dans beaucoup de secteurs d'activité, mais progressent rapidement dans l'industrie, les télécommunications, les  media, et les transports et la logistique ainsi que dans le secteur public. Etonnamment, toutefois, celui-ci reste en retrait. Une surprise en terme commercial. La société a notamment fait gonfler son réseau de partenaires en France, ce qui a contribué à renforcer notre marketing et notre force de vente dans l'Hexagone. Nous sommes partenaires d'Altran, d'Adaxis et de Smile, par exemple.

LeMagIT.fr : La tendance est à la simplification des outils Big Data, en connectant le monde SQL à celui d'Hadoop par exemple. Jaspersoft travaille également sur cette question ?
B.G : Il y a un compromis en matière de techniques d'accès [aux données]. Et ce compromis est la latence, qui peut varier en fonction des besoins métiers. Il existe une variété de nouvelles techniques pour accéder aux données avec des niveaux de latences différents. Pour avoir plus de choix. La tendance dans le Big Data est clairement l'accès aux données en temps réel. Nous allons voir émerger davantage de technologies de streaming en temps réel, d 'accès SQL haute performane, et des accès via Mapreduce. Et toutes ont leur place, quel que soit le type d'applications. Cela demande donc une certaine réflexion du côté du data scientist, quant à la technique à utiliser, pour répondre aux besoins métiers, ni plus ni moins. Le Big Data est ainsi l'un des plus importants projets qui réunit utilisateurs métiers et techniciens.

LeMagIT.fr : Vous avez été la première entreprise à proposer une tarification à l'heure sur le cloud d'Amazon. Pourquoi cette décision et considériez-vous que la facturation était un point faible du cloud ?
B.G : Tout d'abord, nous avons 500 clients sur AWS et  prévoyons d'atteindre 600 clients ce mois-ci. C'est un vrai succès. C'est très peu cher et facile à mettre en place. Cela demande 8 minutes pour avoir son premier dashboard. Les connexions sont automatiques à RDS, la base de données relationnelle d'Amazon et Redshift, l'entrepôt de données analytique. Nous nous y connectons automatiquement et présentons toutes les lignes et colonnes de façon à pourvoir construire son dashboard par le biais de simples glisser-déposer.

Cela résout plusieurs problèmes. Beaucoup de clients ont déjà décidé d'utiliser les services de bases de données d'Amazon. Ils ont placé leurs données dans trois ou quatre bases de données différentes qu'Amazon héberge depuis des années. II existe environ 150 000 clients de ce type dans le cloud d'Amazon. Il était très cohérent de leur proposer un outil de BI facturé à l'heure. Personne d'autre ne le fait. Notre outil s'adapte parfaitement à cet environnement. Lorsqu'un client AWS choisit RDS ou Redshift et Jaspersoft, tout arrive sous la forme d'une facture à l'heure, payable tous les mois. Aussi simple que cela. La simplicité est inhérente au cloud.

LeMagIT.fr : Quels sont les utilisateurs cloud de Jaspersoft ?
B.G : Ces 500 clients font plusieurs choses. Soit ils construisent un système de reporting interne pour mesurer ce qui se passe dans leur entreprise. Une sorte d'analyse opérationnelle. Soit, ils font des prototypes d'applications analytiques qu'ils essaient de développer avec Jaspersoft. Ils ne le mettront pas en production avec ce modèle, mais peuvent faire des tests et des prototypes. Le premier scénario est plutôt du côté  IT, l'autre des développeurs. Ce qui est commun au deux : Il est facile de démarrer, la barrière à l'entrée est faible de même que les coûts. Nos outils sont donc une extension naturelle.

LeMagIT.fr : Jaspersoft s'est positionné très tôt sur la BI Mobile. Mais cela ne semble pas décoller. Comment expliquez-vous cela ?
B.G : L'adoption de la BI mobile prend moins rapidement que nous l'avions anticipé, il y a trois ans. Peu de projets sont mis en production, ce sont des prototypes. La maturité des technologies sur ces terminaux, comme HTML 5, est relativement nouvelle. [Un standard qui n'est pas finalisé, rappelons-le, NDLR]. Nous avons toujours besoin d'applications natives, car les navigateurs ne fonctionnent pas vraiment sur ce terrain. Et créer une expérience mobile nécessite encore une bonne dose d'effort. Nous avons créé une application native pour Iphone et Android, pour que nos utilisateurs puissent exploiter le potentiel de leur terminal, dans un environnement réduit. Et nous utilisons HTML 5 sur l'iPad. Nous observons une augmentation des usages mobiles de nos produits, car d'une part nos produits sont gratuits et d'autre part ils sont particulièrement simples à utiliser. Mais la BI mobile n'a pas encore livré à coup sûr toutes ses promesses. Peut-être l'année prochaine. Une récente étude anticipait une avancée dans 12 à 18 prochains mois.

Nous approchons de la maturité en matière de visualisation des données. Les meilleurs outils de visualisation sont basés sur HTML 5, sont indépendants du terminal, interactifs par essence sur le Web et faciles à déployer. Nous avons développé notre architecture en HTML 5 et en CSS, car cela est plus léger et propose de bons moyens d'interaction pour visualiser les données, sous la forme de graphiques. Ces développements ont un an, et il faudra encore un an pour qu'ils soient adoptés.

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