Les réseaux Wi-Fi Mesh : un pari payant pour le Français Luceor

En s’appuyant ur les technologies Mesh, Luceor permet de déployer rapidement et simplement des réseaux Wi-Fi résilients et sécurisés. Des caractéristiques qui séduisent dans l’événementiel, le monde industriel et dans celui de la sécurité.

Depuis bientôt 10 ans, l’équipementier français Luceor a développé une offre originale de Wi-Fi Mesh qui lui permet aujourd’hui de séduire de grandes entreprises, de grands opérateurs portuaires et aéroportuaires ainsi que des administrations. Fondée en 2005 en France [et ayant déjà levé 7,2 M$ de fonds, dont 3,7 M$ en mars 2012], la société a capitalisé sur un savoir faire français établi en matière de réseaux maillés, développé notamment dans le cadre du laboratoire Hypercom de l’Inria dans les années 2000 (et notamment le protocole de routage OLSR ou Optimized Link State Routing Protocol, développé à l’Inria pour les réseaux maillés sans-fil).

Comme l’explique Christian d'Orival, le co-CEO de Luceor, le domaine des réseaux maillés a suscité un fort engouement au début des années 2000 avec « la création de nombreuses start-ups » mais la plupart n’ont pas survécu. « Elles voulaient pour la plupart concurrencer les FAI établis et ça n’a tout d’abord pas plu aux acteurs en place et en plus il y avait des problèmes de scalabilité à résoudre », explique Christian d’Orival. « Et puis, les problèmes de répéteurs avec des routeurs multiradio n’étaient pas encore résolus. Les offres n’étant pas scalables, la première génération d’équipements Mesh a été tuée dans l’œuf. »

D’emblée, Luceor a tenté d’éviter les écueils rencontrés par les acteurs initiaux. « Nous nous sommes tout d’abord concentrés sur les applications et les clients pour lesquels les caractéristiques des réseaux Mesh sont importantes, c’est-à-dire les applications qui ont un fort besoin de disponibilité et de souplesse. Le Mesh est simple à déployer et s’adapte à toute contrainte topologique. Avec l’architecture du réseau maillé, on obient ainsi une grande résilience, nécessaire pour les applications d’urgence et de surveillance. Le Mesh répond aussi bien aux besoins des déploiements rapides en situation événementielle ou d’urgence. Nous avons par exemple fourni des équipements pour des sommets intergouvernementaux [Le G8 de Deauville], pour les 24h du Mans, la braderie de Lille… Comme l’explique Christian d’Orival, « le Mesh a l’avantage d’être déployable facilement et simplement. Les nœuds se ‘trouvent’ rapidement les uns les autres, on peut littéralement les ‘jeter’ dans l’environnement. »

Les solutions de Luceor sont architecturées autour de deux routeurs sans fil, les OWR 100/200 et OWR 100N/200N, des équipements mono ou bi-radio – tous en mode MIMO -, dont les capacités peuvent être dopées par des antennes directionnelles ou omnidirectionnelles et qui existent aussi en versions « autonomes » (dans des boitiers étanches avec batteries intégrées pour une autonomie de de 18h). Selon Luceor, ces équipements permettent d’obtenir une bande passante TCP de 150Mbit/s. Tous sont motorisés par l’OS développé par la firme, LuceorOS, qui gère le Mesh et fournit des services de transport de niveau 2 mais aussi de routage de niveau 3. Comme le souligne Christian d’Orival, tous les modes de diffusion et protocoles standards sont supportés (TCP, UDP, RTP, Unicast, Multicast, VLAN,…). LuceorOS offre une grande tolérance aux pannes et aux interférences. Le réseau Mesh est ainsi capable de se reconfigurer automatiquement en cas de disparition d’un point d’accès et les flux sont automatiquement reroutés en cas de défaillance d’un lien de connexion vers le réseau Mesh. De la même façon, l’ajout d’un nouveau nœud dans le réseau s’effectue de façon transparente par reconfiguration automatique du Mesh. Comme l’explique Christian d’Orival, tous les liens sont sécurisés par les standards de sécurité les plus élevés tels que WPA2 ou AES 128 bits.

Comme l’explique Christian d’Orival, la résistance de la technologie a été éprouvée dans les pires conditions. Par exemple, lors du G8 de Deauville, c’est un réseau Mesh Luceor qui était utilisé, et il lui fallait résister à une intense activité radio parasitaire, notamment aux brouilleurs US qui génèrent des bulles afin d’empêcher toute déclenchement à distance d’un engin explosif improvisé (IED) à proximité des convois américains.

L’un des plus gros réseaux maillés actuellement déployés par Luceor est opérationnel au port du Havre avec 200 équipements en Mesh sur une zone de près de 10 km [un déploiement similaire est en cours à EuroFos marseille]. Comme le note Christian d’Orival, les caractéristiques unique des réseaux Mesh en matière de latence et de performances se sont révélées idéales dans un tel environnement. Les engins du ports sont ainsi équipés en Mesh, ce qui permet aux exploitants de piloter des opérations en mobilité et ce,  en temps réel et en haut débit. Le fait que le réseau Mesh fonctionne en mode ad hoc, et non pas en mode infrastructure, permet de s’abstraire des problèmes de roaming entre points d’accès - ce qui fait que les engins peuvent rouler sans problème à 50km/h sur le port tout en maintenant leur connexion.

Les exploitants du port peuvent ainsi contrôler à distance certains engins : un cavalier [les équipements roulants chargés du transport des conteneurs] peut être verrouillé en fonction de son positionnement. Le port peut aussi contrôler (ou limiter) la vitesse d’un engin dans certaines zones ou optimiser la maintenance (typiquement la gestion optimisée des pleins de carburant en fonction des trajets, afin de maximiser le temps de fonctionnement des engins).

 

 

 

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