Le Cebit 2014, marqué par les écoutes de la NSA

Si le thème central du Cebit 2014 restait la donnée, impossible de le dissocier de la sécurité et de la protection des infrastructures des communications. L’Allemagne reste encore marquée par les révélation de Snowden et par le piratage du smartphone d’Angela Merckel.

Les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes de la NSA et l’espionnage du smartphone de la chancelière allemande Angela Merkel auront marqué d’une pierre blanche l’édition 2014 du Cebit, qui fermera ses portes ce vendredi 14 mars. Une édition dont le thème principal était certes axé sur la donnée - et surtout sur l’exploitation durable (ce qui a été baptisé « Datability ») des très tendance Big Data (voir également en encadré). Mais avec, comme étroitement imbriqué, la thématique de la sécurité des infrastructures, des communications et bien sûr de celles des Etats en fil conducteur.

Deux start-ups françaises présentes à Code_n

Logé dans un pavillon plus design que les autres, le concours Code_n, 3e édition, avait pour objectif de donner un coup de projecteur sur 50 start-up spécialisées dans l’usage de la donnée et plus globalement, évoluant autour du monde du Big Data. La France y était d’ailleurs représentée avec les sociétés OpenDataSoft et Precogs. La première spécialisée dans la publication et le partage de données ouvertes et la seconde dans l’exploitation des données pour cartographier et analyser les évolutions des composants électroniques. Mercredi, le jury a récompensé la société britannique Viewsy, spécialisée dans l’analyse comportementale des clients.

Il faut dire que cette édition du Cebit a pour vocation de repositionner l’un des plus importants salons IT d’Europe sur le secteur professionnel. Et d’atténuer quelque peu la dimension grand public que l’événement avait pris ces dernières années. Alors, comme pour coller à ce qui préoccupe les entreprises dans le monde, mais également celles installées sur le marché allemand - un pays pour qui la sécurité IT ainsi que la protection des données personnelles est toujours une priorité -, le Cebit s’est paré d’un programme adéquat.

Un programme tourné vers la cybersécurité

Si l’on pouvait évidemment retenir les interventions très remarquées de figures emblématiques de la sécurité IT, à l’image de celle d’Eugène Kaspersky (qui est venu décrypter sa vision du cyber-crime) et de celle de Mikko Hyppönen, directeur de la R&D chez F-Secure, le Cebit a également tenu à mettre l’accent plus intensément sur la sécurité des Etats. La présence - une première, nous ont rappelé les organisateurs de l’événement - du secrétaire général adjoint de l’OTAN, Jamie Shea, en est notamment le point d’orgue. Sans parler de l’intervention de la Commissaire européenne en charge du numérique Neelie Kroes, qui a placé la cyber-sécurité au coeur de son discours, et de l’agenda numérique souhaité par la Commission européenne.
« Nous vivons dans un monde très dangereux mais nous n’y pouvons rien », a d’ailleurs lancé Eugène Kaspesky, histoire de planter un décor un brin « paranoïaque », selon ses propres dires.

Un pavillon sécurité en forte augmentation

 

Logiquement, face à ce contexte cyber-sécuritaire sous pression, la présence des fournisseurs de solutions de sécurité s’est faite remarquer. Le salon comptait plus de 500 entreprises liées à la sécurité numérique, indiquent les organisateurs. « Un nombre inégalé. » Tout comme les offres de chiffrement de communications, de protection des infrastructures, tant des entreprises que des états. Les deux opérateurs Deutsche Telekom et Vodafone ont d’ailleurs saisi l’occasion : une solution de chiffrements de communications voix et messages IP, pour le premier, et pour le second, une application Android (baptisée Vodafone SecureCall) pour le grand public qui chiffre toute forme de communication. Celle-ci a notamment été développée par SecuSmart, qui lors de la précédente édition du Cebit avait lancé sa solution de sécurité pour Blackberry 10 (chiffrement de la voix, SMS et email) - une solution d’ailleurs utilisée par le gouvernement depuis octobre dernier, nous a affirmé Swenja Kremer, porte-parole de la société. La solution s’était par ailleurs écoulée à plus de 2000 exemplaires à la fin de l’année - soit en quelques mois - en Allemagne. Mais selon elle, plusieurs gouvernements européens seraient intéressés, notamment dans le nord de la région.

Ecoutes des communications : une prise de conscience en Allemagne

Cette année, la société a présenté une solution de sécurité du réseau pour le gouvernement et les ministères allemands, capable de chiffrer toutes les communications fixes. Son objectif : proposer un panel de solutions « pour sécuriser de bout en bout les communications du gouvernement », explique la porte-parole de la société.

Depuis l’épisode du piratage d’Angela Merckel et après les révélations d’Edward Snowden, « nous avons ressenti un important changement. Nous sommes devenus beaucoup plus visibles en Allemagne. Si sur notre marché de niche, nous savions que toutes les communications pouvaient être enregistrées, pour la première fois, le grand public et monsieur tout le monde y était confronté », ajoute-t-elle. Une prise de conscience que chacun pouvait désormais être écouté, que chaque conversation pouvait être enregistrée, souligne-t-elle en substance. Résultat : la société a enregistré 10 fois plus de sollicitations depuis ces affaires. « Il y a bien eu un avant, et il y aura un après », conclut-elle.

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