Axelle Lemaire milite pour une « Magna Data »

La secrétaire d’Etat au Numérique prône une refonte de la loi Informatique et liberté pour renforcer les droits des utilisateurs et créer un cadre propice au développement du Big Data en France.

« Il nous faut bâtir une ‘Magna Data’ européenne responsable et au service des individus. » En ouverture de l’édition 2015 de la conférence Big Data Paris qui se tient actuellement au Cnit, à la Défense, Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique, a confirmé qu’une réforme de la loi de 1978 portant sur la protection des données était bien à l’étude par le gouvernement. Une réforme qui devait par ailleurs avoir une portée européenne, histoire que le Vieux Continent « ne rate pas le coche du Big Data », comme elle l’a déjà pu le faire sur d’autres terrains du numérique. Une charte des droits individuels en matière de données qui serait alors la référence (à l’image de la Magna Carta britannique).

« Le projet avance bien, avec des étapes décisives dans les prochains mois, si la volonté politique est présente. Et elle l’est », a-t-elle précisé. Il faut désormais « rallier les homologues européens. Il est important que ce soit les UE qui fixe les règles. » Et ne pas laisser les grands acteurs nord-américains, à l’image de Facebook et Google, donner le la en matière de protection des données.  « La loi doit être actualisée et révisée à  l’heure européenne pour s’assurer que l’innovation soit accompagnée. D’autres pays comme les US ont avancé mais à quel prix et ont détérioré le potentiel économique. »

Rendre l’Europe attractive avec une protection encadrée

Ainsi pour Axelle Lemaire, cette réforme doit préparer un terrain fertile en France et surtout faire « éclore le potentiel » d’une économie du Big Data. Et pour cela, la France a des cartes en mains, rappelle en substance Axelle Lemaire, évoquant une forte tradition mathématique.

Mais pas sans un cadre régulateur vertueux pour les entreprises et les utilisateurs. Selon elle, les données protégées des entreprises peuvent rendre l’Europe attractive et permettre « de consolider nos principes pour renforcer notre confiance ».

Parmi les débats en cours autour de cette réforme de la loi protection et liberté, la secrétaire d’état au Numérique a également précisé que la refonte devait « renforcer les droits de utilisateurs, avec leur possibilité d’exercer un droit d’accès ». Cette reforme doit aussi viser à « mieux responsabiliser les entreprises en recourant au privacy by design », par le biais de sanctions. Des discussions sont ailleurs en discussion à Bruxelles. Il ne s’agit toutefois pas de « s’inscrire dans une approche ‘sanctionnatrice’ , mais dans l’accompagnement et dans l’information ». Axelle Lemaire parle plutôt de relever le niveau de sanction pour trouver un équilibre avec d’autres secteurs. Et pour cela, il faut « moderniser les autorisés de contrôle ». Le gouvernement souhaite davantage un régulateur européen pour agir de façon collective.

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