Nutanix .NEXT 2018 : le CEO Dheeraj Pandey évoque Xi, Cisco et le multicloud

Le CEO de Nutanix Dheeraj Pandey a accepté de répondre aux questions de SearchStorage.com sur le retard des services cloud Xi, sur le multicloud, sur la concurrence et sur la vision du marché de l'hyperconvergence par les analystes.

LA NOUVELLE-ORLÉANS -- Après avoir dévoilé le logiciel Flow à Nutanix .Next 2018, le PDG de Nutanix, Dheeraj Pandey, a déclaré que le prochain grand défi pour l’éditeur sera de résoudre le défi de la gestion multicloud. 

« Nous allons parler de choses difficiles », a-t-il dit. « Des choses qui prennent du temps à construire et dont l’évolution est liée à celle de l’industrie. Le multicloud est un problème très difficile. »

Pandey a utilisé son discours d’ouverture de Nutanix.NEXT 2018 à La Nouvelle-Orléans pour présenter la vision de l’éditeur en matière d’extension au multicloud de sa technologie d’infrastructure hyperconvergée (HCI). Selon lui, cette transition s’étalera sur plusieurs années.

Dans une interview exclusive accordée à SearchStorage.com (notre publication sœur américaine) Dheeraj Pandey a développé sa stratégie multicloud. Il a également expliqué pourquoi le lancement des services cloud Xi prend plus de temps que prévu, donné son avis sur Microsoft Azure Stack, sur la relation de Nutanix avec Cisco et confirmé son engagement à poursuivre la vente d’appliances Nutanix à base de serveurs SuperMicro, malgré un business modèle recentré sur le logiciel.

Dheeraj Pandey est CEO
de Nutanix 

Avec Nutanix Flow, vous intégrez la mise en réseau et la microsegmentation définies par logiciel dans votre pile HCI. Que reste-t-il à faire pour atteindre votre objectif d’hyperconvergence du cloud ?

Dheeraj Pandey : Le plus grand défi est le saut quantique à réaliser en matière de modèle de consommation. La première partie se fait évidemment via le logiciel. L’autre partie est Xi. La question est de savoir comment vous changez le modèle de consommation de l’entreprise au fur et à mesure que les produits passent de l’appliance au logiciel et du logiciel à l’abonnement. Je pense que si nous réussissons à faire cela dans les 18 mois à venir, cela deviendra beaucoup plus facile. Parce nous aurons là une fondation et qu’il sera possible de bâtir sur cette fondation.

En parlant de Xi, c’était votre grande annonce de 2017 et nous l’attendons toujours ? Où en êtes-vous ?

Pandey : De toute évidence, cela a été plus difficile que nous le pensions — cette idée d’harmoniser les nuages publics et privés. Cela n’a jamais été fait avant, d’ailleurs. Si quelqu’un dit qu’il l’a fait, c’est probablement qu’il se trompe lui-même. En même temps, nous voyons la lumière au bout du tunnel. Il y aura une avant-première technique cet été et un accès plus large d’ici la fin de l’année. 2018 sera l’année de Xi.

L’autre grande nouvelle de l’année dernière était le partenariat Google Public Cloud (GCP). Qu’est-ce qui se passe de ce côté-là ?

Pandey : C’est une approche en trois étapes, comme nous l’avons dit l’an dernier. L’une d’elles porte sur Kubernetes, pour ce qui concerne les conteneurs. La seconde porte sur l’idée de connexion aux datacenters afin que nos clients puissent exploiter leurs plates-formes en tant que services. La troisième est la possibilité d’intégrer nos outils avec le moteur d’identité, les systèmes de facturation et des choses de cette nature, afin de faire ressembler GCP à un nuage d’entreprise. Et Beam [N.D.L.R : ex-BotMetric, l’outil de gouvernance et de gestion des coûts issu du rachat de Minjar par Nutanix] devrait faire beaucoup en ce sens. GCP sera supporté par Beam. Calm supportera aussi GCP.

Microsoft Azure Stack est considéré comme une menace potentielle pour les acteurs du HCI. Voyez-vous cela comme une menace pour Nutanix ? 

Pandey : Tout ce qui se trouve dans l’infrastructure a besoin de temps de « macération ». Il en va de même pour Azure Stack. Microsoft ne peut pas faire l’impasse sur cette réalité. Je pense qu’ils en sont là où nous étions en 2012, en termes de fiabilité et de support d’environnements qui ont besoin d’être hautement disponibles, performants et à même de supporter tout type de charges de travail. C’est un rite de passage. J’explique souvent que l’on ne peut pas faire pousser des diamants dans le sol. Le carbone a vraiment besoin de subir une forte pression à des températures élevées pour avec le temps se transformer en diamant.

Au cours de votre keynote, vous avez mentionné à plusieurs reprises le besoin de faire fondre les lignes entre on-premises et off-premises. Comment Nutanix entend-il s’y prendre ?

Pandey : Si vous remontez 15 ans en arrière, qu’est-ce que VMware a vraiment fait ? Il a fait disparaître les lignes entre deux serveurs. Il a dit : « Je peux déplacer une application en cours d’exécution de ce serveur vers ce serveur », et a virtualisé le serveur. C’est exactement ce que le nouveau monde demandera.

Les utilisateurs disent « comment pouvez-vous virtualiser le nuage, de telle sorte que nous puissions faire glisser et déposer des applications en cours d’exécution ? » Nous avons démontré sur scène une bascule de SQL Server de « off prem » à « on prem ». C’est cela faire disparaître les lignes. C’est comme si nous le prenions d’un serveur et le déportions sur un autre serveur pendant qu’il est en cours d’exécution, avec un temps d’arrêt nul ou quasi nul. Je pense que c’est ce à quoi nous devons parvenir pour tous les types d’applications.

Quand vous pourrez déplacer le réseau, déplacer la sécurité, déplacer les règles de pare-feu, déplacer les règles d’équilibrage de charge,... beaucoup de ces choses ont besoin de se déplacer, alors nous pourrons dire que nous avons brouillé les lignes. C’est comme VMware DRS, Storage vMotion, High Availability, et toutes les fonctionnalités qui étaient vraies entre les serveurs. Elles doivent désormais fonctionner entre nuages. C’est cela un système d’exploitation en nuage. C’est l’hyperviseur des hyperviseurs.

Vous dites qu’environ 35 % des clients de Nutanix utilisent votre hyperviseur AHV. Quand pensez-vous que la plupart de vos clients seront sous AHV ?

Pandey : Il y a beaucoup d'intérêt des clients pour l’AHV. Pas seulement parce qu’ils n’ont pas à le payer, mais aussi parce qu’ils n’ont pas à l’apprendre. Il est très simple.

Permettez-moi de faire une supposition — même si prédire est périlleux -- : je pense que d’ici deux ans, la plupart de nos clients utiliseront AHV.

Vous avez officiellement opté pour un modèle logiciel, mais aurez-vous toujours une option d’appliance de marque Nutanix ?

Pandey : Je pense qu’il y aura encore une part importante d’appliances [de marque Nutanix] sur le marché, mais nous ne les comptabiliserons pas comme un revenu dans nos livres de comptes. Par conséquent, il ne s’agit pas d’un modèle uniquement logiciel, mais d’un modèle défini par logiciel [Software-defined, N.D.L.R.].

Il y a une réaction des clients à laquelle nous ne nous attendions pas, dans le bon sens du terme. Les clients disent « continuez à supporter Super Micro parce que nous apprécions la qualité de votre support et que nous aimons pouvoir n’avoir qu’un interlocuteur en cas de problème ». Beaucoup de clients veulent garder ce business model et nous devons les écouter.

Vos partenaires OEM Dell et Lenovo se disent satisfaits de vos partenariats et voient leurs ventes progresser. Vous vendez également vos logiciels sur les serveurs de Cisco et Hewlett Packard Enterprise par l’intermédiaire de partenaires et d’intégrateurs. Comment va votre relation avec Cisco et HPE en ce moment ?

Pandey : Nous vendons encore principalement en direct et via l’intermédiaire de notre réseau de distribution aux clients Cisco et HPE. C’est parce que Cisco et HPE croient toujours que l’hyperconvergence est une question de matériel. Nous pensons qu’il s’agit surtout de logiciels. Leur technologie HCI ne fonctionne que sur leur matériel. Notre HCI fonctionne sur le matériel de n’importe qui. C’est vraiment une question de système d’exploitation.

Cisco ne figure pas parmi vos premiers partenaires matériels pour le support de Flow, votre nouveau composant réseau défini par logiciel.

Pandey : Ils y viendront. Cela se produira.

Qu’est-ce qui les y amènera ?

Pandey : Les clients. Ils sont tout-puissants. Remontez le temps et regardez SAP-Oracle, VMware-Oracle, Google-Apple. Il y a eu des années de tension. Lorsque les entreprises sont adolescentes, certaines de ces choses sont inévitables. Mais Xi nous donne tellement de contrôle qu’à un moment donné, nous aurons suffisamment de clients pour que Cisco veuille nous parler. S’ils voulaient que nous vendions leurs commutateurs, nous adorerions cela.

Est-ce que le fait qu’ils ne soient pas un partenaire de lancement pour Flow pourrait vous nuire ?

Pandey : Arista lui a compris et s’en porte bien. Arista fait prendre du recul à Cisco et les fait réfléchir à leurs pratiques en matière de partenariat et ultimement à leur philosophie autour de ce qui est le plus important : le client ou Cisco.

Pendant le keynote, vous avez montré le Magic Quadrant de Gartner qui a classé Nutanix en tête de liste. Vous n’avez pas montré les chiffres d’IDC qui disent que Dell et VMware vous ont dépassé en termes de chiffre d’affaires HCI matériel et logiciel. 

Pandey : leur méthode de calcul est bien trop douteuse [funky].

(À ce stade de l’entrevue, la vice-présidente des relations avec les investisseurs et des communications d’entreprise de Nutanix, Tonya Chin, a fait irruption pour donner le point de vue du fournisseur sur la façon dont les analystes reconnaissent les revenus des vendeurs HCI.

Tonya Chin : Gartner et IDC continuent d’attacher le matériel au logiciel. Ils n’ont pas une vision qui inclut seulement les logiciels, même si IDC commence à peine à le faire. Mais ils ne nous donnent toujours pas tout le crédit pour nos logiciels. Si vous regardez dans notre rapport 10Q, le pourcentage de la valeur en dollars que [nous] donnons aux logiciels n’est pas ce qu’IDC nous attribue. Ils n’évoluent pas assez vite. Il leur faut quelques trimestres pour changer leur processus. Au fur et à mesure que nous nous débarrasserons de nos activités matérielles, je pense que nous verrons que cela deviendra beaucoup moins compliqué.

Donc vous pensez que vous devriez être le numéro 1 des logiciels ?

Pandey : Je ne l’analyse pas en matière de numéro 1 ou de numéro 2. L’ennemi n’est pas dehors. Ce que je regarde est si nous obtenons plus de nos clients actuels, si nous nouons des liens de confiance avec eux et si nous obtenons suffisamment de nouveaux clients. Nous devons examiner comment nous utilisons nos clients existants et la technologie existante à notre avantage plutôt que de nous préoccuper de savoir qui nomme le numéro 1.

Nous ne pouvons pas nous appuyer sur une stratégie de bundles pour conquérir les clients. Nous n’avons pas une base installée de clients massive. Nous devons donc gagner chaque client. Comme le fait Amazon. Amazon ne peut pas s’appuyer sur des bundles pour attirer ses clients dans les nuages. Nous ne pouvons pas faire de bundle, nous ne pouvons pas jongler avec nos chiffres. Mais si vous comptiez tous nos téléchargements [gratuits] de Nutanix Community Edition, nous aurions beaucoup plus de clients que ce que revendique VMware pour vSAN.

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