Le patron du cloud de VMware part à la tête du concurrent Nutanix

Alors que les rivaux Nutanix et VMware sont tous deux contraints de se repositionner sur le cloud hybride, le premier met à sa tête Rajiv Ramaswami, l’actuel directeur général du cloud chez son concurrent.

Nutanix change de PDG. Rajiv Ramaswami, l’ancien directeur général des services cloud de VMware succédera ce 14 décembre à Dheeraj Pandey. Celui-ci avait annoncé quitter son poste en septembre dernier après l’arrivée du fonds Bain Capital parmi les actionnaires.

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« Cela faisait un moment que j’admirais Nutanix en tant que concurrent, en tant que pionnier des solutions d’infrastructure hyperconvergées et tant que leader dans les logiciels pour le cloud », déclare le nouveau PDG dans un communiqué. Pour mémoire, les deux fournisseurs restent, aux dernières nouvelles, des ennemis jurés.

Si l’on doit à VMware d’avoir démocratisé dans les datacenters le principe des serveurs virtuels, on doit à Nutanix d’avoir repoussé le concept en y ajoutant un système de stockage virtualisé. Cela a donné naissance aux infrastructures hyperconvergées, soit des clusters de nœuds génériques, qui englobent puissance de calcul, stockage et réseau et qui, surtout, figurent des solutions très simples à mettre en œuvre pour déployer des machines virtuelles.

Dans le giron de ses maisons-mères EMC, puis Dell-EMC, VMware n’a jamais trop goûté cette concurrence. Les deux acteurs se sont à plusieurs reprises écharpés par interviews interposées et Dell n’a aujourd’hui de cesse de marteler que sa gamme VxRail, entièrement basée sur les logiciels de VMware, serait la solution matérielle d’infrastructure hyperconvergée la plus vendue.

Une escalade dans la rivalité sur fond de cloud hybride

Dernièrement, VMware comme Nutanix ont dû relever le défi du cloud. Ou, dit autrement, trouver une solution pour continuer à vendre autant de solutions d’infrastructure, alors que les entreprises semblent de plus en plus enclines à vider leurs datacenters au profit des infrastructures virtuelles qu’AWS, Azure, GCP et consorts, leur proposent. Chacun d’eux a répondu en transformant son offre en solution de cloud hybride.

VMware a noué des partenariats avec tous les acteurs du cloud public puis a mis Kubernetes, l’ingrédient qui exécute les applications en cloud, au cœur de sa solution VSphere. Nutanix a d’abord ajouté Kubernetes à son AOS, puis vient dernièrement de nouer les mêmes partenariats.

En argumentant, à raison, que l’existant ne peut techniquement pas être migré simplement du datacenter au cloud public, ils proposent tous deux aux entreprises des outils toujours plus performants pour travailler en cloud tout en modernisant l’existant sur site, afin que ces deux pans communiquent comme s’ils n’étaient qu’un seul SI.

Dans un tel contexte de rivalité qui se déporte à présent sur les capacités liées au cloud, embaucher comme PDG celui qui avait la responsabilité du cloud chez son concurrent passe pour le moins pour une stratégie offensive.

« Rajiv Ramaswami est la bonne personne au bon moment. »
Dheeraj PandeyAncien PDG de Nutanix

« Rajiv Ramaswami est la bonne personne au bon moment », lance le sortant Dheeraj Pandey. Et il n’hésite pas à sous-entendre une vraie prise de guerre : « avec un modèle commercial à l’épreuve des enjeux à venir, une clientèle fidèle et un solide bagage technologique, je suis impatient de voir Rajiv prendre la barre de notre incroyable équipe », dit-il sans que l’on sache vraiment s’il parle du modèle et des clients de Nutanix ou de ceux que Rajiv Ramaswami amène dans ses bagages.

Parmi ses récents faits d’armes, Rajiv Ramaswami a notamment été l’architecte chez VMware d’un nouveau modèle commercial basé sur les souscriptions plutôt que la vente de licences.

Selon les derniers chiffres publiés, Nutanix a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel de 312,8 millions de dollars, soit le même que celui réalisé il y a un an. Il aurait à ce jour plus de 18 000 clients. VMware, de son côté, a réalisé un CA trimestriel de 2,86 milliards de dollars, soit une progression de 8 % par rapport à l’année dernière.

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