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Data Science : le Français Dataiku désigné leader aux côtés d'Alteryx par Gartner

Dans son Magic Quadrant 2020 consacré aux plateformes de Data Science, Gartner estime que le marché a évolué rapidement en un an. Google, IBM et Microsoft seraient largement devancés par Alteryx, Databricks ou encore Dataiku.

Présent depuis quatre ans dans le Magic Quadrant dédié aux plateformes de Data Science et de Machine Learning, Dataiku faisait partie des challengers l’année dernière. Gartner considère qu’il a fait évoluer dans le bon sens son produit Data Science Studio (DSS).

Comme l’année passée, le cabinet d’étude souligne les deux points forts de la plateforme de l’éditeur français, c’est-à-dire la « facilité d’utilisation et sa capacité à favoriser la collaboration entre plusieurs types d’utilisateurs ». Selon le Gartner, les data engineers, les data scientists et les citizen data scientists peuvent partager leur savoir et leur travaux depuis DSS.
« En 2019, Dataiku a continué à renforcer ses capacités en matière d’élasticité, de gouvernance des données et de ML augmenté. Elle [DSS] est devenue une plateforme mature, prenant en charge une variété de cas d'usage », précise les analystes de Gartner.

L’année dernière, le cabinet estimait que le spécialiste français pourrait devenir leader s’il ajoutait des fonctionnalités d’analyse en temps réel et s’il se tournait vers les cas d’usage impliquant l’IoT. Le Gartner considère qu’il s’agit toujours d’un axe d’amélioration. Cependant, il remarque que « DSS semble avoir la faveur des organisations centrées sur les services et, dans une moindre mesure, de celles des industries demandeuses en capitaux ». Cela pourrait expliquer le fait que les dites fonctionnalités ne soient pas parmi les priorités de l’éditeur.

Plus de 300 clients utiliseraient déjà la plateforme de Dataiku pour industrialiser leurs projets IA. L’éditeur français aurait séduit près de 100 nouveaux clients depuis un an et a même annoncé le 14 février avoir signé un contrat avec l’OTAN.

Pour ce faire, Dataiku a multiplié les partenariats, les alliances et les accords avec des distributeurs. Toujours selon Gartner, cela représente 80 organisations dans le monde. Rappelons que le fonds d’investissement CapitalG, filiale d’Alphabet (Google) a investi 1,4 milliard de dollars dans l’éditeur après la sortie de la version 6 de DSS.

Un marché qui se resserre

D’après le diagramme partagé par Gartner, le marché des plateformes de Data Science se resserre. Les leaders SAS et TIBCO Software, déjà présents dans le Magic Quadrant équivalent de 2019, se font rattraper par des concurrents vivaces.

Dataiku n’est pas le seul à prendre du galon dans ce Magic Quadrant. Databricks et MathWorks faisaient partie des « visionnaires » en janvier 2019. Un an plus tard, Gartner les compte parmi les leaders de ce marché. Databricks s’adresserait aux techniciens du machine learning avec des solutions robustes. Il s’appuie sur Apache Spark, ce qui est à la fois une qualité et un défaut parce que cela limiterait sa capacité à séduire les entreprises qui n’utilise pas le framework open source de calcul distribué.

MathWorks, connu pour sa plateforme MATLAB, a réussi à convaincre le Gartner par la force de sa communauté et la cohérence de son écosystème technologique. Toutefois, il souligne le besoin d’améliorer les outils MLOps, la collaboration et l’explicabilité des modèles conçus à l’aide de MATLAB.

Alteryx se détache du lot

De même, Alteryx, leader en 2018, challenger 2019, refait son apparition dans la cour des grands. Le cabinet d’analyse estime qu’il a mené deux opérations stratégiques en 2019 avec le rachat de ClearStory Data (automatisation d’analytiques complexes) et de Features Labs (automatisation du traitement des données et de la création d’applications d’IA). Surtout, l’éditeur américain« continue de surpasser presque tous les autres éditeurs de ce Magic Quadrant en ce qui concerne la croissance de son chiffre d’affaires et a considérablement étendu ses activités à l'international ». Toutefois, le cabinet note une certaine complexité de sa grille tarifaire, un reproche qu’il effectuait à l’encontre de Dataiku il y a un an.

A contrario, RapidMiner et KNIME perdent leur place et deviennent « visionnaires » aux côtés de Google et Microsoft. SAP est dans le même cas. L’éditeur allemand n’a le droit qu’à une « mention honorable » comme AWS et Oracle. Seul le fournisseur de cloud IBM remonte dans ce classement et devient challenger. Watson Studio serait bien conçu tant en termes technologiques que collaboratifs, mais IBM doit encore terminer le développement de certaines fonctionnalités. Big Blue doit également simplifier l’interaction entre les services clouds nécessaires au fonctionnement de Watson Studio tout en réduisant les coûts.

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