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StorSafe : FalconStor propose d’archiver les données en containers

Le principe est d’avoir des archives aussi sécurisées que si elles étaient enregistrées sur bandes, mais avec la possibilité de les stocker n’importe où, dont en cloud.

FalconStor vient de prendre une approche inédite pour son dernier logiciel d’archivage, StorSafe : il propose de stocker les sauvegardes dans un format de type container. Son argument est de dissocier ainsi les données des systèmes de stockage qui les hébergent, de sorte que les données soient récupérables même lorsque telle appliance d’archivage ou tel lecteur de bande seront devenus obsolètes.

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Que l’on ne s’y trompe pas : les archives générées par StorSafe obéissent au même principe d’universalité que les containers applicatifs, à savoir ces instances virtuelles qui permettent d’exécuter des applications sur n’importe quelle infrastructure. En revanche, les archives containérisées de StorSafe ne sont en aucun cas réutilisables directement par un orchestrateur comme Kubernetes.

« Avec la solution de FalconStor, il devient possible, par exemple, de déplacer les données d’une appliance de sauvegarde ou d’une bibliothèque de bandes vers du stockage en cloud plus économique. »
Marc StaimerDragon Slayer Consulting

« L’intérêt est surtout de déplacer les archives vers du stockage moins cher. En général, lorsque vous archivez des données vers une destination, elles y restent pour toujours. Avec la solution de FalconStor, il devient possible, par exemple, de déplacer les données d’une appliance de sauvegarde ou d’une bibliothèque de bandes vers du stockage en cloud plus économique », commente Marc Staimer, directeur du cabinet Dragon Slayer Consulting.

« Et puisque les volumes de stockage virtuels au format container sont extrêmement portables, ils offrent de nombreuses possibilités pour fiabiliser les processus de reprise d’activité. Il suffit de les répliquer en ligne pour les avoir toujours à portée de main, alors que dans la plupart des cas aujourd’hui, il faut commencer par acheminer physiquement des bandes jusqu’au site que l’on souhaite restaurer », ajoute Mike Matchett, analyste au cabinet de conseil Small World Big Data.

Rappelons que FalconStor est, comme DataCore, principalement un éditeur de SDS (Software-Defined Storage), à savoir un logiciel qui transforme un cluster de serveurs bardés de disques durs en une baie de stockage virtuelle. Son SDS FreeStor se déclinait jusque-là en trois produits. NSS (Network Storage Server) sert à déployer un NAS virtuel. CDP (Continuous Data Protection) fait de même, mais se spécialise dans le stockage des sauvegardes, avec réplication automatique vers un site distant. Enfin, VTL (Virtual Tape Library) est une bibliothèque de bandes virtuelles, qui déduplique et indexe chaque sauvegarde en mode objet, là aussi avec une réplication sur un site distant ou en cloud.

Dans StorSafe, il n’y a plus de système de stockage physique. FreeStor sert en fait juste de format interne aux containers qui contiennent les données de l’archive.

Déduplication, compression, chiffrement et erasure coding

En pratique, Storsafe récupère toutes les sauvegardes dont on lui indique l’adresse puis les regroupe sur son serveur tampon, le SIR (Single Instance Repository). À partir de celui-ci, il interprète les en-têtes spécifiques aux logiciels de backup (FalconStor en reconnaît une vingtaine, les mêmes que pour VTL) ainsi que les empreintes des données. Il se sert de ces informations pour dédupliquer et compresser les contenus. Il réduit ainsi la taille des archives pour minimiser le coût de leur stockage. À la fin de ce traitement, Storsafe chiffre l’ensemble avec une clé qui est communiquée à l’utilisateur.

Ensuite, StorSafe emploie un algorithme d’Erasure Coding pour découper l’archive en six « mini » containers, de sorte que quatre de ces containers soient suffisants pour reconstruire l’ensemble des données. L’idée étant d’entreposer ces mini-containers en divers endroits et de toujours pouvoir récupérer l’information, même si deux containers deviennent inaccessibles.

Selon David Morris, en charge de la stratégie produits chez FalconStor, l’utilisation de l’Erasure Coding évite le coût d’entreposer deux copies complètes des archives. Le format container de StorSafe, appelé ici Virtual Storage Container, a fait la preuve de pouvoir contenir plus de 1 Po de données dans environ 100 To d’archive, morcelés en six containers d’un peu plus de 15 To chacun. L’éditeur revendique pouvoir atteindre en théorie un ratio de 26 pour 1.

Accessoirement, le fait de morceler les données avec un algorithme d’Erasure Coding les protégerait contre les attaques par rançongiciel. En revanche, David Morris convient que ce morcellement entraîne de fait une plus grande activité sur le réseau, et peut ainsi poser des problèmes de ralentissement que ce soit au moment de la création de l’archive comme au moment de sa restauration.

L’espoir d’un relais de croissance pour FalconStor

StorSafe ne sera disponible qu’au second semestre de cette année. FalconStor n’a pas encore communiqué sur le prix, mais a indiqué qu’il faudra s’amender d’une licence pour le logiciel en lui-même plus une extension par archive containérisée, quel que soit le nombre de containers dans cette archive. Les utilisateurs devront par ailleurs fournir eux-mêmes les différents supports de stockage pour héberger les archives, qu’il s’agisse de baies de disques sur site, ou d’espaces en cloud.

Même si pour l’heure StorSafe ne fonctionne qu’à partir des sauvegardes générées par les logiciels de backup compatibles, FalconStor prévoit à terme d’archiver directement des données de production. D’ici à la fin de l’année, le logiciel pourrait archiver les fichiers stockés sur les baies virtuelles NSS et CDP, puis, dans un troisième temps, des fichiers directement stockés sur les serveurs de production.

Fondé en 2000, FalconStor revendique aujourd’hui 800 entreprises clientes dans plus de 50 pays. Cependant, ses revenus déclinent depuis plusieurs années : son CA 2019 est de 16,5 millions de dollars, contre 17,8 M$ en 2018. Il y a dix ans, en 2009, il était de… 89,5 M$. Accessoirement, on se souviendra que FalconStor a connu cinq PDG différents en dix ans. Le dernier en date, Todd Brooks, est en poste depuis 2017.

Selon l’éditeur, StorSafe est censé séduire les marchés verticaux. FalconStor espère qu’il lui ouvrira les portes des industriels de l’énergie et des médias, qui seront séduits par sa capacité à préserver les données critiques sans la contrainte de les figer sur un équipement en particulier. Accessoirement, StorSafe apporte des fonctions réglementaires qui n’existent pas dans VTL, comme la génération de rapports sur les archives pour les audits. En attendant, l’éditeur table tout de même sur des partenariats avec des SSII qui revendent des services d’archivage.

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