IBM

Changement de cap : IBM veut devenir plus technologique

À la lumière des derniers résultats qui font la part belle aux logiciels de Red Hat et aux mainframes, le nouveau PDG réoriente les troupes vers « une approche plus technique au profit de la qualité ».

Pour continuer à vendre des produits de qualité, IBM recentre sa stratégie sur le cloud hybride, l’intelligence artificielle et des rachats. Telle est la déclaration que le nouveau PDG d’IBM vient de faire aux analystes et à ses employés lors de l’annonce de ses derniers résultats trimestriels. Il faut dire que, justement, les ventes de logiciels pour le cloud, de machines et de logiciels cognitifs sont en hausse, malgré un CA trimestriel global encore en baisse.

Suite de l'article ci-dessous

Dans le détail, les ventes des logiciels de gestion des applications en cloud, principalement OpenShift et Ansible de Red Hat, ont bondi de 32% par rapport au même trimestre de l’année dernière. Ces logiciels sont cependant regroupés dans une rubrique comptable « logiciels dédiés au cloud et logiciels d’intelligence artificielle », qui totalise 5,2 Md$ ce trimestre, soit un CA aggloméré qui, lui, n’augmente que de 5%.

Les ventes d’infrastructure, qui comprennent aussi bien les serveurs que leurs systèmes d’exploitation, ont quant à elles atteint 1,4 Md$ de CA trimestriel, soit 3% de mieux qu’il y a un an. Elles sont tirées par les mainframes, qui ont généré 59% de CA en plus, et par les serveurs de stockage, en progression de 18%.

Le consulting en lui-même aurait augmenté de 4% s’il n’était regroupé avec le pilotage de projets. Leur rubrique comptable commune réalise un CA trimestriel de 4,1 Md$, soit une croissance nulle d’une année sur l’autre.

Les services d’infogérance, regroupant hébergement en cloud et maintenance des systèmes, atteignent un CA trimestriel de 6,5 Md$, soit 6% de moins qu’il y a un an.

Enfin, les services financiers réalisent 299 millions de dollars de CA trimestriel, soit une chute de 25% Ils correspondent aux intérêts des prêts consentis par IBM aux entreprises pour qu’elles achètent matériels, logiciels et services.

Au total, le CA trimestriel est de 17,6 Md$, soit 3,4% de moins que l’année dernière.

Se recentrer sur la technique et la qualité, façon Steve Jobs

« En clair, je souhaite que les équipes d’IBM adoptent désormais avec une approche plus technique, qu’ils se concentrent sans relâche sur la qualité. Je vais m’efforcer de redonner de la valeur à notre entreprise, ce qui signifie que nous devons mieux aligner notre catalogue de produits sur les attentes modernes du marché, en terme de cloud hybride et d’intelligence artificielle », a lancé, avec des élans de Steve Jobs, Arvind Krishna, qui a remplacé Ginni Rometty au poste de PDG en janvier dernier.

Selon lui, des coupes franches auraient déjà été initiées parmi les logiciels et les services qui ne servent pas son ambition. Il se défend d’accuser Ginni Rometty d’avoir mal fait son travail ; le changement de cap serait juste inspiré par la pandémie actuelle.

« Les dernières semaines nous ont catapulté dans la vente en mode virtuel et la livraison en différé, ce qui implique de nouvelles méthodes de travail. C’est très bien. Nous devrions toujours nous demander comment mieux faire les choses. Parce que si vous ne vous remettez jamais en question, vous ne vous améliorerez jamais », a-t-il ajouté, à l’attention des équipes.

Il précise que, depuis le début des mesures de confinement, 95% des 350.000 salariés d’IBM sont désormais en télétravail. « Seuls 8000 se rendent encore sur des sites, pour y mener des missions essentielles. »

« IBM, comme beaucoup d’autre fournisseurs, a raté des ventes en mars parce que les entreprises ont repoussé leurs achats jusqu’à la fin du confinement. En prenant en compte ce paramètre, ce trimestre fiscal n’est pas si mal », estime Ian Campbell, le directeur du cabinet de conseil Nucleus Research.

Selon lui, le nouveau PDG a de bonnes chances de relancer IBM, ne serait-ce que parce que la crise pandémique a accéléré la volonté des entreprises de concrétiser leur transformation vers le cloud, un sujet récurrent dans les prospections d’IBM. « Surtout, je pense qu’il fait le bon choix en mettant l’accent sur la technique, c’est-à-dire sur Kubernetes, sur Red Hat, sur du cloud hybride et sur des services en ligne d’intelligance artificielle », ajoute-t-il.

Pour approfondir sur Constructeurs

Close