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OpenCore : le créateur de Redis laisse sa place à un modèle de gouvernance plus ouvert

Salvatore Sanfilippo, le créateur de Redis, quitte son poste de mainteneur du cœur open source. Redis Labs profite de ce départ pour établir une gouvernance « plus ouverte » pour régir les évolutions de la base de données.

La semaine dernière, la communauté de la base de données clé-valeur Redis a vécu un tournant dans son histoire. Salvatore Sanfilippo, le créateur du projet s’est retiré de sa position de mainteneur. Celui-ci s’est exprimé dans un article de blog sur sa décision, après 10 ans de développement.

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Ce développeur italien ne disparaît pas totalement du paysage. Il conservera un rôle de conseiller pour les développeurs de la communauté et les responsables du projet au sein de Redis Labs. Salvatore Sanfilippo a remis les clés du projet à Yossi Gottlieb, architecte en chef et Oran Agra, architecte logiciel senior chez Redis Labs.

« Mon travail a changé, passant de la construction de cette chose à l’assurance qu’elle soit aussi utile que possible, aussi fiable que possible. Ces dernières années […], la majeure partie de mon attention était consacrée à vérifier ce que les autres développeurs me disaient du code Redis, comment l’améliorer, les changements qu’il nécessitait pour être plus efficace ou plus rapide ou plus sûr. Cependant, je n’ai jamais voulu être un mainteneur de logiciels », écrit Salvatore Sanfilippo.

Un « dictateur » quitte ses fonctions

Créée en 2009, la base de données dispose du soutien financier de Pivotal (maintenant sous giron VMware) à partir de 2013, avant que Redis Labs devienne la maison d’accueil du SGBD en 2015.

Les capacités de la base de données clé valeur capable de gérer des transactions en temps réel à large échelle grâce à la mise en cache de l’intégralité des données en mémoire ont convaincu l’industrie et les grands groupes. Seulement, voilà, maintenir un tel projet demande un effort important. Salvatore Sanfilippo estime en avoir assez fait. Il abandonne son titre de « Benevolant Dictator for Live » ou BDFL.

« C’était Salvatore qui décidait ce qui allait ou non dans Redis, comment les bugs devaient être corrigés, quelles fonctionnalités étaient ajoutées et quels compromis de conception étaient acceptés. En gros, il a été le seul à s’engager ou, parfois, à appuyer sur le bouton “Merge”. Donc, comme vous pouvez l’imaginer, son départ est un événement important pour Redis », écrivent Yossi Gottlieb et Oran Ogra, dans un autre article de blog.

Place à une véritable gouvernance… méritocratique

Alors, qu’elle sera l’avenir de Redis ? La partie open source du projet connaît des évolutions importantes, à l’image du projet RedisRaft qui doit apporter un module pour opérer plusieurs serveurs Redis comme un seul cluster tolérant aux pannes. En ce sens, Redis n’a pas décidé de nommer un nouveau BDFL, mais veut mettre en place une gouvernance plus « légère », plus ouverte.

Yossi Gottlieb et Oran Agra sont les leaders du projet. Itamar Haber est responsable de la communauté depuis le 30 juin. Les trois équipes associées sont financées par Redis Labs et ont la charge du cœur open source. De fait, la communauté open source n’était pas régit par une forme de gouvernance au sens strict. Les responsables veulent adopter un modèle méritocratique en se rapprochant des membres de la communauté les plus prolifiques pour constituer ces équipes.

Les décisions mineures seront prises sous la forme d’un vote majoritaire et les changements majeurs réclameront un consensus général. En principe, cela devrait faciliter les contributions et permettre une prise en compte élargie des développeurs. Redis est la troisième base de données la plus demandée par les développeurs, selon un sondage mené par StackOverFlow auprès de 65 000 développeurs.

Pour rappel, la base de données est née comme un projet open source sous licence BSD 3. Au début de l’année dernière, Redis Labs a imposé une licence maison, RSAL, pour les modules premium au-dessus de Redis. L’éditeur veut pouvoir tirer son épingle du jeu face aux versions managées proposées par certains fournisseurs cloud. Ces modules premium, tout comme les fonctionnalités Redis Enterprise, restent des propriétés de Redis Labs.

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