Cet article fait partie de notre guide: Bases de données cloud : ce qui les caractérise

Open Core : Redis Labs en finit avec Apache et crée sa propre licence…non open source

La licence RSLA, qui n’est pas une licence open source, encadrera désormais les modules premium de Redis Labs afin de clarifier les limites trop confuses des Commons Clauses. Le cœur open source Redis reste sous une licence BSD 3.

Comme MongoDB ou encore Confluent, Redis Labs a finalement décidé de brandir l’argument d’une licence limitative pour encadrer ses modules premium. La société commerciale derrière la base open source in-memory Redis, encadrera désormais l’ensemble de ces composants développés par Redis Labs d’une licence Redis Source Available License Agreement (RSLA). Techniquement, cette nouvelle licence vient remplacer la licence Apache 2 que Redis Labs avait bridé une première fois en lui accolant des clauses limitatives, comme stipulé par les Commons Clauses. A l’époque, en août dernier, Redis souhaitait limiter les capacités de récupération de ses modules par les fournisseurs de cloud, qui les commercialisent sous la forme de services SaaS, sans contrepartie – ni contributions.

Surtout, Redis Labs ne veut pas que les ténors du cloud ne gagnent plus d’argent avec ces services que le concepteur de la technologie de base – à savoir, dans ce cas, lui.

Mais comme l’indique Yiftach Shoolman, co-fondateur et CTO de Redis Labs dans un billet de blog, ces clauses limitatives ont créé de la confusion au sein de l’écosystème et de la communauté de Redis. Si le manque de clarté de certains termes imposés par ces Commons Clauses est l’une des raisons de ce changement, une autre porte sur la difficulté des partenaires de la société à revendre des offres de conseils et de support autour de la technologie. Privant donc l’écosystème de son modèle historique.

Désormais, les modules RediSearch, RedisGraph, RedisJson, RedisBloom et RedisML seront encadrés par cette nouvelle licence. Le cœur open source Redis reste quant à lui régi par une licence BSD 3 et peut être utilisé sans limite. D’ailleurs, confie encore le responsable, Redis Labs, qui contribue l’essentiel du code à Redis, a créé deux équipes distinctes pour développer d’un côté le cœur open source, et de l’autre les modules Redis Labs. Salvatore Sanfilippo, le créateur de Redis, a la charge des équipes qui développent le cœur open source.

RSAL, une licence qui n’est pas open source

Cette nouvelle licence RSAL spécifie clairement que l’on peut redistribuer, modifier et utiliser librement un composant encadré par la RSAL, à condition que ….ce ne soit pas en concurrence directe avec ce que Redis Labs qualifie de « produit de base de données ». Et cela couvre un spectre fonctionnel plutôt large. RSLA assimile cela à des bases de données, des moteurs de caches, des moteurs de traitement de flux de données, des moteurs de recherches, d’indexation et des moteurs dont l’objectif est de motoriser des opérations d’intelligence artificielle, de deep learning ou encore de machine learning. La licence indique donc que l’on ne peut pas utiliser les modules sous RSAL s’ils apportent une fonction définie par ces « produits de bases de données ».

Un dispositif que Redis Labs confirme ne pas être conforme à la définition de l’open source comme établie par l’OSI (Open Source Initiative) : « certaines restrictions imposées par RSAL signifient que tout logiciel sous cette licence n'est pas open source par définition », est-il écrit dans cette même FAQ. Puis plus nuancé : « Cependant, dans la pratique, RSAL est très similaire aux licences open source permissives, et n’empêche pas les fournisseurs de cloud computing à tirer des gains commerciaux de logiciels qu’ils n'ont pas eux-mêmes développés. »

Par exemple, AWS a récemment présenté une base de données orientée documents, DocumentDB, qui s’appuie sur les API 3.6 de MongoDB – celles qui ne sont pas encadrées par la nouvelle licence de MongoDB.

Une licence nécessaire pour satisfaire les investisseurs ?

Pour Redis Labs, cette structuration du modèle de licence dont l’ambition est, comme Yiftach Shoolman le dit lui-même, de protéger le modèle économique de la société, coïncide justement avec une levée de fonds de quelques 60 millions de dollars et l’arrivée d’un nouvel investisseur au capital de Redis Labs, Francisco Partners. Il rejoint les investisseurs en place, Goldman Sachs Private Capital Investing, Bain Capital Ventures, Viola Ventures et Dell Technologies Capital.

Sécuriser un modèle dit open core représente aujourd’hui une condition pour attirer les investisseurs. Pas question donc que Redis Labs ne laisse entrevoir toute forme d’ambiguïté.

Dans ce contexte, Databricks et Confluent – dont le modèle est open core - sont eux-aussi parvenus à attirer de l’argent frais, glané chez Microsoft pour le premier et auprès du fonds Sequoia pour le second.

 

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