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Industrie 4.0 : Aveva acquiert OSIsoft pour cinq milliards de dollars

Aveva, filiale IT de Schneider Electric, s’apprête à racheter le spécialiste de la donnée industrielle OSIsoft pour cinq milliards de dollars. Aveva souhaite faire de PI System la base de données de référence pour ses solutions IIoT et industrie 4.0. L’opération financière sera bouclée d’ici à la fin de l’année.

Le groupe britannique Aveva, dont l’équipementier électrique français Schneider Electric détient 60,2 % du capital, a annoncé sa volonté d’acquérir l’éditeur californien OSIsoft.

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Expert depuis 40 ans de la gestion de données industrielles en temps réel, OSIsoft a su se faire place de choix auprès des groupes pétroliers (38 des entreprises membres du Global Fortune Top 40 du secteur Oil & Gas), pétrochimiques (37 entreprises du top 50 mondial), pharmaceutiques (neuf des dix plus gros acteurs) ou encore des spécialistes de la métallurgie et des mines.

Il est présent dans 127 pays et ses solutions sont déployées sur plus de 20 000 sites industriels. Surtout, OSIsoft revendique plus de 1000 clients dans le secteur de l’énergie et les infrastructures de service public.

Des secteurs dans lesquels Aveva s’est lui aussi fait un nom avec des solutions de CAO pour la construction d’usines (ou de plateformes pétrolières), de gestion d’assets, de supervision Edge, de maintenance prédictive, de systèmes SCADA et autres MES. Avec ce rachat, le groupe britannique espère compléter son offre bout en bout pour les industriels.

OSIsoft est notamment connu pour son logiciel d’historique de données industriels PI System. Celui-ci est couplé avec divers modules de visualisation, de partage, et de traitement prédictif des informations. C’est cette plateforme de base de données qui est voué à devenir l’infrastructure des solutions industrie 4.0 et IIoT d’Aveva.

Il s’agit de réunir en un même espace les outils CAO, les systèmes de contrôle et d’automatisation, les capteurs et les équipements connectés ainsi que les actifs distants. PI System est perçu comme la couche intermédiaire entre les applications de gestion de performance et d’ingénierie d’Aveva et ses solutions de supervision des équipements Edge (ou sur site).

De concurrents à collaborateurs

« Nous avons trouvé dans OSIsoft le parfait collaborateur pour la prochaine étape de notre histoire », vante Craig Hayman, PDG d’Aveva lors d’une conférence de presse menée le 25 août 2020. « OSISoft est un joyau dans l’industrie. Cette combinaison rassemble deux leaders [...], des produits complémentaires, une base de clients complémentaires et cela permet d’établir la fondation de notre transformation ».

Le PDG explique chiffre à l’appui qu’Aveva est bien plus présent dans le secteur pétrolier et gazier alors qu’OSIsoft a une empreinte plus forte auprès des énergéticiens.

Sur le papier, OSIsoft et Aveva sont des concurrents et le resteront jusqu’à la clôture de la transaction. En effet, Schneider Electric possède Wonderware qui développait le système de gestion de données industrielles Wonderware Historian (ou Historian), rebaptisé Aveva Historian depuis la fusion. Lui aussi est accompagné d’outils pour faciliter l’analyse, la visualisation et la prédiction des activités à partir des données.

Toutefois, Craig Hayman indique que les logiciels d’OSIsoft sont déjà interopérables (l’éditeur revendique plus de 225 connecteurs) avec ceux d’Aveva et qu’ils ont des utilisateurs communs dont BP, Shell, Johnson & Johnson, Air Liquide, BASF ou encore Microsoft.

Schneider Electric, lui, a adoubé cette acquisition qui pourrait favoriser la croissance de ses activités autour de ses solutions d’infrastructure, des bâtiments et des centres de données. En effet, les offres des trois groupes seront possiblement proposées aux prospects industriels.

Un modèle commercial à construire pour Aveva

Cependant, les dirigeants n’ont pas expliqué précisément la manière dont leurs produits seront combinés. « Nous en dirons davantage sur ce point au moment de la clôture de l’acquisition », promet Craig Hayman. Par ailleurs, certains acteurs industriels s’éloignent des solutions bout en bout pour privilégier des systèmes composites ou « l’historien » de données est remplacé par une base de données Time Series comme celle d’Influxdata.

Pour autant, Les dirigeants présents lors de la conférence de presse croient eux-mêmes au découplage des logiciels et des équipements. En parallèle, Aveva pousse une stratégie « cloud first » pour ses propres produits à travers sa plateforme Aveva Connect d’ores et déjà utilisé par 1900 de ses 16 000 clients et un total de 25 000 utilisateurs.

Pour accomplir ce rachat, Aveva engage 5 milliards de dollars : 600 millions de dollars en actions et 4,4 milliards en numéraire. Cette deuxième partie sera financée par une augmentation de capital à hauteur de 3,5 milliards de dollars et par 900 millions à travers de l’endettement et la trésorerie. Patrick Kennedy, PDG et fondateur d’OSIsoft deviendra l’un des membres du conseil d'administration d’Aveva et un des cinq plus gros actionnaires de l'entrerprise. Le japonais Softbank, en difficulté financière, profitera de cette opération. Celui-ci détient 44,7 % du capital d’OSIsoft depuis 2017. La clôture de cette acquisition devrait avoir lieu en novembre 2020.

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