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IA : Dust règne en France
Selon une étude de Spendesk, la France représenterait 39 % des dépenses d’IA en Europe. Elle se distingue par la domination d’un acteur, Dust, qui capterait 61 % des montants engagés. OpenAI domine le reste de l’Europe.
C’est une exception culturelle. La plateforme de gestion des achats et des dépenses, Spendesk a étudié les dépenses de 2 500 entreprises européennes dans l’IA avec une double conclusion : la France serait à la fois une championne et une exception.
Les dépenses en IA doublent
La deuxième édition de cette étude est à prendre avec précaution. Elle ne compulse que les achats de 2025 traités via sa plateforme. Mais ses conclusions semblent confirmer d’autres constatations.
La première est que l’IA s’installe dans les budgets. Les dépenses auraient doublé en un an (33,8 millions d’euros sur Spendesk). 73 % des entreprises utiliseraient désormais des outils d’IA au quotidien, contre 59 % un an auparavant.
Autre conclusion, les achats par abonnement se généralisent.
En 2025, 70 % des achats d’IA en Europe se font désormais sous la forme de dépenses récurrentes, contre 42,7 % en 2023. Pour Axel Demazy, CEO de Spendesk, cette évolution prouverait que « les entreprises ne sont plus en phase d’expérimentation ».
La France en tête des volumes
La France représenterait à elle seule 39 % des dépenses totales (en hausse de 44 % sur un an). Le pays serait le premier marché européen en volume.
Attention toutefois à un biais possible dans l’échantillon puisque la France en fournit la plus grosse partie avec 1 700 entreprises.
L’Allemagne afficherait en revanche le plus fort taux d’adoption à 81 %, soit 11 points au-dessus de la moyenne européenne. Le Royaume-Uni atteint 72 % d’adoption avec la plus forte croissance des dépenses (+151 % sur un an).
Dust, roi en France
La France est aussi une exception. OpenAI ne domine en effet pas ce marché, alors qu’il règne sans partage en Europe où ChatGPT serait déployé dans 82 % des organisations qui utilisent l’IA.
En France, le roi s’appelle Dust. L’outil permet de créer et de déployer des agents IA, de les connecter aux données internes (ou à un site web), et même de les chaîner entre eux. Il représenterait 61 % du total des dépenses IA en France, devant OpenAI (26 %) et Anthropic (11 %).
En 2025, Dust revendiquait 6 millions d’euros d’ARR.
ETI à la pointe de l’IA
Sur toute l’Europe, les ETI (de 50 à 249 salariés) afficheraient par ailleurs les meilleurs taux d’adoption (77 %), devant les grandes entreprises (76 %) et les PME (66 %).
« Les ETI ont à la fois la maturité pour déployer l’IA générative à l’échelle, et l’agilité pour tester et itérer rapidement », analyse Spendesk. À l’inverse, bien qu’étant les plus gros consommateurs d’IA, les grands groupes ont des processus d’achat plus lourds qui tempéreraient leur adoption.
