MWC 2026 : Dell met la puissance d’un datacenter sur une antenne
Le PowerEdge XR9700 est si puissant qu’il peut gérer 15 antennes 5G ou autant de caméras 8K directement depuis un pylône ou la façade d’un immeuble, sans tout déporter sur le cœur de réseau. Dell y parvient grâce à un refroidissement liquide inédit.
Dell a profité de l’événement MWC 2026, qui se tenait la semaine dernière à Barcelone, pour présenter un serveur qui est à la fois tout-terrain – il est durci pour résister à la tempête quand on l’accroche au pylône d’une antenne – et tellement puissant qu’il doit être refroidi à l’eau : le PowerEdge XR9700.
« C’est le serveur Edge par excellence. Vous pouvez l’installer absolument n’importe où : en haut d’un immeuble, en haut d’un éclairage public. Il a toute la puissance afin d’embarquer l’intégralité d’une armoire informatique pour des antennes télécoms, mais vous pouvez aussi l’utiliser pour n’importe quelle autre application sur le terrain », s’extasie Sandro Tavares, le directeur produit des systèmes télécoms chez Dell (en photo en haut de cet article).
Il cite l’exemple de la reconnaissance d’image sur un réseau de caméras de vidéosurveillance sur un lieu à ciel ouvert. « Ce serveur est équipé de 16 ports SFP28, soit des connecteurs capables d’envoyer et recevoir des données en 10 ou 25 Gbit/s sur de longues distances, c’est-à-dire vers 15 antennes 5G publiques ou autant de caméras qui filment en 4k ou 8K, en plus de la connexion vers le cœur de réseau », ajoute-t-il en suggérant que le PowerEdge XR9700 pourrait tout autant servir sur un plateau de cinéma.
Le processeur utilisé est une version SoC d’un Xeon 6 doté de 40 cœurs et d’accélérateurs pour le décodage et l’encodage des paquets réseau comme des flux vidéo.
Déporter le vRAN du cœur de réseau à l’antenne
Dans les télécoms, cette machine sera utilisée comme un vRAN. Un RAN est le dispositif au pied des antennes qui transcrit les signaux radio des antennes en flux de données empaquetées dans un protocole ou l’autre (voix, 5G, TCP/IP, etc.). Un vRAN est la même chose, mais avec la possibilité d’embarquer des protocoles maison, chacun dans une machine virtuelle dédiée. Sauf qu’un vRAN, pour des questions de performances, s’exécutait jusqu’ici en cœur de réseau, c’est-à-dire dans un mini datacenter de routage situé plus loin et relié à l’antenne par une fibre.
Le nombre de protocoles ou d’applications simultanées est d’ordinaire limité sur l’équipement au pied de l’antenne, car il faudrait trop de puissance de calcul. Donc trop de refroidissement par ventilateurs, pour une carte mère qu’il faut à tout prix protéger des aléas d’une utilisation à l’air libre : pluie, poussières, canicule. Sauf qu’ici Dell a résolu le problème de combiner étanchéité et puissance élevée avec du refroidissement à eau. Un dispositif que l’on ne trouve d’ordinaire que dans les datacenters, du fait de la tuyauterie nécessaire.
« La prouesse est que nous avons réussi à concevoir un circuit fermé qui fonctionne à si petite échelle. L’eau se réchauffe en passant sur les composants et se refroidit en serpentant le long de l’intérieur du boîtier qui est conçu comme un échangeur thermique », explique Sandro Tavares en pointant du doigt les ailettes qui recouvrent toute la surface du boîtier. Selon lui, le système resterait efficace en plein soleil, sous une canicule de 46 °C.
LeMagIT croit comprendre que, à vitesse constante dans la machine, l’eau termine sa course au-dessus des puces avec une température d’environ 65 °C et la recommence, après avoir dissipé ses calories dans les ailettes, à une température d’environ 55 °C. Dans le pire des cas.
Le fait que la température intérieure puisse être maintenue à 65 °C s’explique aussi par l’absence de GPU.
« Les accélérateurs embarqués dans le SoC peuvent faire de l’analyse d’image. Il s’agit d’une inférence légère. Pour véritablement pousser les traitements d’IA au-delà, vous utiliserez plutôt des serveurs dans le cœur de réseau. La promesse essentielle du PowerEdge XR9700 est d’amener un minimum de latence aux applications qui traitent les données générées sur site, car ces traitements peuvent désormais être effectués sur le site lui-même », conclut-il.
