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Eau, GES, énergie : les géants du cloud de plus en plus sous pression

Selon Reuters, Amazon, Microsoft et Google font face à la pression de leurs actionnaires qui veulent que l’impact environnemental des data centers soit mieux documenté, notamment en matière de consommation d’eau. Le tout dans un contexte d’opposition locale à certains projets aux États-Unis.

Au printemps, la nature renait. Hasard des saisons, d’après Reuters, les investisseurs réclameraient plus de transparence sur la consommation d’eau et sur la gestion des ressources naturelles par les géants de l’IT, alors que ceux-ci investissent massivement pour étendre leurs capacités de calcul.

Cette nouvelle pression arrive alors que les tensions locales se multiplient. Plusieurs méga-projets de centres de données ont été abandonnés par AWS, Microsoft ou Google, en grande partie à cause de ces oppositions

Certains actionnaires s’inquiètent également de la trajectoire de ces groupes. Reuters cite une résolution déposée par Trillium Asset Management auprès d’Alphabet, la maison mère de Google. Le fonds souligne que les émissions auraient augmenté de 51 % depuis les engagements pris en 2020.

Toute l’eau de New York

Au-delà des émissions, l’eau cristallise les préoccupations. Les centres de données nord-américains auraient consommé à eux seuls près de 1 000 milliards de litres d’eau en 2025. Un volume comparable à la consommation annuelle de New York.

Or, les informations que les entreprises publient restent hétérogènes et partielles. Et elles varient d’un acteur à l’autre, ce qui rend les comparaisons d’autant plus difficiles.

Les investisseurs demandent au contraire aujourd’hui des données plus détaillées, jusqu’à l’échelle de chaque site, justement pour mieux évaluer les risques et l’impact local des infrastructures.

« Les entreprises ne communiquent pas suffisamment sur leur consommation d’eau et leurs impacts locaux », dixit Jason Qi, analyste principal des technologies chez Calvert Research and Management, cité par Reuters.

Face à ces critiques, les géants de l’IT mettent en avant leurs efforts.

Amazon rétorque qu’il a revu la publication de ses données, avec des métrics site par site, et qu’il investit dans l’efficacité énergétique et hydrique. Microsoft assure de son côté que sa priorité stratégique est la durabilité.

Il n’en reste pas moins que le sujet de l’acceptabilité – locale, mais aussi globale – devient central. De l’aveu même du Data Center Coalition, l’association qui représente ces grands acteurs, cette transparence sur l’eau et l’énergie sera essentielle pour éviter que de nouveaux projets ne soient bloqués.

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