AXA généralise Copilot sans abandonner son IA maison
Après trois ans d’expérimentation sur son Secure GPT, l’assureur s'apprête à déployer dès la rentrée Microsoft 365 Copilot auprès de tous ses employés. Les deux solutions cohabiteront, insiste son directeur IA, qui anticipe le passage à l’IA agentique et une transformation en profondeur des métiers de l’assurance.
Le 20 juillet, AXA a annoncé le déploiement à grande échelle de Microsoft 365 Copilot auprès de l’ensemble de ses 156 000 collaborateurs répartis dans 52 pays.
Vu de l’extérieur, l’annonce raisonne avec le choix de la Société Générale d’abandonner son Secure GPT au profit de Copilot. Ce n’est pas la décision prise par AXA.
AXA ne fait pas une croix sur son Secure GPT
« Secure GPT et Microsoft Copilot sont des outils d’IA complémentaires », déclare Matthieu Caillat, directeur technologie & IA et directeur général d’AXA Group Operations, dans une réponse adressée par courriel au MagIT.
Le dirigeant précise que les employés avaient déjà l’habitude d’utiliser l’assistant Copilot Chat depuis les produits de la suite Microsoft 365.
« À partir de septembre 2026, nous déploierons progressivement les fonctionnalités avancées de Copilot Premium auprès de l’ensemble des collaborateurs », ajoute-t-il. « Parallèlement, nous lançons un déploiement plus ciblé d’outils Microsoft répondant à des usages spécifiques, tels que Copilot Cowork et Agent Builder ».
Pour rappel, Copilot Cowork est l’équivalent de Claude Cowork chez Anthropic, tandis qu’Agent Builder est un outil de conception d’agents IA rattaché à Microsoft 365 Copilot.
Microsoft 365 Copilot a fait l’objet d’une « phase d’évaluation concluante » qui justifie l’accélération des déploiements.
La déclinaison supérieure de Copilot propulsera des cas d’usage comme « l’analyse de données pour la finance, l’aide à la lecture et à la comparaison de documents pour les fonctions juridique, risques et conformité, et la production de comptes rendus de réunions, ainsi que de plans d’action pour les managers et chefs de projet ».
Par ailleurs, l’ensemble des collaborateurs devraient profiter des fonctionnalités de recherche dans les courriels, les documents, les discussions associés à Outlook, Teams, Word, Excel et PowerPoint.
Quant aux possibles chevauchements entre Secure GPT et Microsoft 365 Copilot, AXA doit encore aligner le positionnement des outils et les recommandations d’usage associées.
« Les capacités du Secure GPT Model Hub au service des applications métiers ne sont pas impactées par le déploiement de Microsoft Copilot », insiste Matthieu Caillat. De manière générale, AXA décline l’usage des différents outils en fonction de la sensibilité des données traitées.
Le Secure GPT d’AXA s’appuie sur Azure OpenAI Service et d’autres produits cloud de Microsoft pour traiter des informations publiques à secrètes. L’assureur-banquier y a déployé, entre autres, des LLM de Mistral AI.
En matière de sécurité, le dirigeant chez AXA assure que « Copilot accède uniquement aux contenus que les utilisateurs sont autorisés à consulter via les droits existants dans Microsoft 365 ». Quant aux données de l’entreprise, « elles restent au sein de l’environnement sécurisé d’AXA » et ne sont pas utilisées pour entraîner des modèles publics.
Ce choix, effectué en conformité du cadre de gouvernance du groupe, n’écarte pas les risques liés au droit extraterritorial américain. En la matière, Covéa et AG2R ont davantage communiqué sur leurs initiatives.
Préparer le passage à l’IA agentique
AXA semble se concentrer sur l’adoption des assistants IA par ses collaborateurs. Après trois ans de déploiement de Secure GPT, les métiers ont pu se confronter à l’IA générative. Selon Matthieu Caillat, 76 % des collaborateurs ont une « perception positive » de la technologie. L’entreprise dit renforcer son programme de montée en compétences qui s’étend de la compréhension de l’IA et son usage responsable jusqu’à la mise en pratique « à travers des démonstrations, des cas d’usage concrets et des formats d’expérimentation ». Les équipes de direction sont également concernées.
Le recours aux assistants IA n’est qu’un début, affirme le dirigeant.
« L’IA générative et l’IA agentique vont profondément transformer la plupart des métiers de l’assurance », anticipe-t-il. Une croyance partagée par Abeille Assurances.
« Certaines tâches seront davantage automatisées dans nos opérations (services clients, centres de gestion de sinistres), ainsi que dans les fonctions administratives et de back-office », poursuit-il. « À l’inverse, la croissance de notre activité et les avancées technologiques liées à l’IA créeront de nouveaux emplois et de nouveaux besoins dans les années à venir ».
Dans un même temps, AXA devra adapter les outils et les dispositifs de gouvernance en place afin de piloter les coûts liés à ces nouveaux usages technologiques.
Cela « représente un défi pour l’ensemble du secteur », considère Matthieu Caillat.
