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IBM Automation 2.0 : vers une console unifiée pour l’automatisation IT
Les mises à jour présentées cette semaine lors du TechXChange ont renforcé les liens entre les produits IBM Automation, avec à l’horizon une rationalisation accrue et une interface utilisateur centralisée.
Lors de son événement TechExchange à Atlanta le 27 octobre, IBM a dévoilé un ensemble de mises à jour consacré à son portefeuille Concert AIOps. Cette suite utilise en arrière-plan des agents IA et des intégrations API pour coordonner les flux de travail liés à l’observabilité, aux opérations de cloud hybride, à l’optimisation des performances et des coûts, à la gestion des vulnérabilités et des risques, à la résilience informatique, ainsi qu’à l’orchestration et à l’automatisation des flux de travail « low-code ».
L’ensemble du portefeuille IT Automation a lui-même grossi. Il intègre des outils pour la gestion réseau, des identités et des accès, la sécurité postquantique, l’intégration et le développement d’application, le FinOps et la gestion de cycle de vie d’actifs IT.
IBM s’inspire d’AWS pour unifier ses produits dédiés aux Ops
Et ce n’est pas fini. À partir de l’année prochaine, ce portefeuille fera l’objet d’une consolidation supplémentaire, selon Tyler Lynch, directeur technique sortant responsable de l’automatisation informatique chez IBM, dans une interview diffusée le 29 octobre dans un podcast sur YouTube.
« Notre objectif est de proposer des produits de plus en plus convergents », assure Tyler Lynch. « Nous commencerons en 2027 par les héberger conjointement sur notre plateforme et mettre en place une facturation, une collecte des métriques [et] une identité partagée. Mais ce vers quoi nous tendons réellement, c’est l’accès à des capacités à travers une expérience unifiée. Vous disposez de vos fonctionnalités financières, d’automatisation informatique, de gestion de correctifs [avec] une expérience de console globale. C’est là que nous voulons aller avec IBM Automation 2.0 ».
Ce principe est similaire au fonctionnement actuel d’IBM Concert, qui propose des onglets pour les différents modules de produits au sein d’une interface utilisateur commune. Mais IBM prévoit « une toute nouvelle expérience », souligne-t-il.
« Au lieu d’afficher des noms de produits comme Cloudability, Apptio ou Terraform, nous pourrions proposer leurs fonctionnalités [accessibles] via un portail capable de répondre à tous vos besoins, et vous pourriez choisir de les utiliser ou non, exactement comme sur la console AWS », dévoile-t-il.
Graphe de connaissances et « voyage dans le temps » pour accélérer le déploiement des correctifs
En outre, IBM a dévoilé de nouvelles intégrations entre IBM Concert et les produits issus de son acquisition de HashiCorp, notamment Vault et Terraform, ainsi que des composants de son graphe de connaissances Infragraph.
Dans le détail, l’outil de gestion des vulnérabilités IBM Concert Protect s’appuie sur la topologie d’infrastructure collectée par Terraform pour alimenter le graphe de connaissances avec une « preuve d’exploitabilité » servant à prioriser les mises à jour.
Infragraph n’est pas encore en disponibilité générale, mais certains composants ont été déployés en juin, notamment ceux utilisés par Concert Protect. En décembre, le graphe de connaissances complet sera accessible à tous, avec la prise en charge de plusieurs bases de données orientées graphe et langages de requête, selon Vikram Murali, vice-président du développement logiciel chez IBM.
Après cette mise à disposition au premier trimestre 2027, Infragraph permettra à Concert d’effectuer un « voyage dans le temps » (Time Travel) à l’aide des données de topologie Terraform afin de visualiser l’état d’un environnement d’infrastructure à un moment donné et de revenir à cet état, si nécessaire, explique Vikram Murali, auprès de TechTarget.
À terme, Infragraph reliera Concert Protect à la plateforme de données IBM Confluent Streamhouse afin de mettre en évidence les endroits où des données sensibles pourraient être exposées à des vulnérabilités, sans que les équipes informatiques aient besoin d’accéder aux référentiels de données. Concert intègre également des mécanismes de gouvernance, de sécurité et de gestion des identités issus de Watsonx Orchestrate.
« Ainsi, si un client dispose à la fois de la plateforme Concert et, à l’avenir, d’Orchestrate, l’intégration se fera de manière plug-and-play », vante Vikram Murali, en lien avec la stratégie d’unification évoquée plus haut.
Les ingénieurs plateforme peinent encore à poser les bases de l’AgentOps
Cette rationalisation ne résout pas réellement les problèmes des ingénieurs du « platform engineering ». Eux doivent déterminer comment combiner les outils AgentOps de différents fournisseurs. Préparer l’environnement existant de leur entreprise, y compris les données d’infrastructure as code (IaC), en vue de l’automatisation par des agents IA. Tout en collaborant avec les développeurs afin d’offrir une expérience utilisateur optimale.
Par exemple, PayPal mène actuellement plusieurs transformations internes de front dans le cadre de son adoption de l’IA agentique. L’entreprise passe également à une architecture cellulaire pour sa plateforme, qui divise les systèmes en unités autonomes et indépendantes. Elle déploie Terraform comme norme dans l’ensemble de son organisation informatique et elle ajoute une interface agentique à la plateforme destinée aux développeurs, en remplacement d’un portail interne pour développeurs (IDP).
« Lorsque nous nous sommes lancés dans cette aventure, les développeurs devaient apporter des modifications de configuration à une infrastructure qu’ils ne connaissaient pas, et c’est là que la plateforme agentique est en quelque sorte venue à la rescousse », a témoigné Shyam Patel, responsable de l’ingénierie cloud et des plateformes chez PayPal, lors d’un point presse menée par IBM.
« Elle fournit aux développeurs une interface leur permettant de définir leur intention, puis laisse la plateforme se charger de la partie la plus complexe : fournir tout ce que le développeur recherche ».
Selon M. Patel, Terraform contribue à mettre en place une automatisation déterministe et l’application des politiques pour le provisionnement de l’infrastructure en arrière-plan. Toutefois, la couche d’orchestration globale de la plateforme est développée en interne. Parallèlement, l’équipe chargée de la plateforme chez PayPal, comme la plupart des entreprises pionnières en matière d’IA, est toujours confrontée à des questions concernant la sécurité et la gouvernance des agents.
« Comment garantir l’authentification, l’autorisation et l’identité des agents ? Comment le comportement des agents est-il réellement contrôlé ? », s’interroge le responsable de l’ingénierie cloud. « À quels moments l’intervention humaine doit-elle être requise, et comment la simplifier sans entraver le travail de nos développeurs ni perturber les flux critiques ? ».
Un ingénieur d’American Honda Motor, la filiale américaine du constructeur automobile japonais, indique qu’en matière d’AgentOps, son équipe se situe entre les phases « ramper » et « marcher » du framework « ramper, marcher, courir » (« crawl, walk, run », en VO).
Parmi les points qui restent à régler figurent la mise en place d’un ensemble réutilisable de modules IaC et leur centralisation au sein de la plateforme, illustre Charlie Studdard, ingénieur cloud principal senior chez Honda, lors d’une session en petits groupes organisée dans le cadre de la conférence.
« Le plus difficile, c’est d’aller sur le terrain [et] de discuter avec les gens, d’aller mettre à jour votre CMDB en indiquant clairement les responsabilités, d’aller étiqueter les ressources afin de pouvoir les utiliser pour agir de manière dynamique sur celles-ci », souligne-t-il. « Sans mettre en place ces étapes fondamentales, cela fonctionnera dans 95 % des cas, mais si vous effectuez 1 000 opérations par mois […] ces 5 % deviennent beaucoup plus critiques ».
Cet article est initialement paru en anglais sur Techtarget.com, une publication sœur du MagIT.
