Datacenter : de nouveaux systèmes de refroidissement émergent

Si les systèmes CRACs restent encore les plus utilisés, d’autres options moins chères et plus respectueuses de l’environnement, font leur apparition.

Les opérateurs de datacenters vont chercher à réduire leurs dépenses opérationnelles (OPEX) dans les années à venir, pressés par des nouvelles technologies émergentes de refroidissement, moins chères et plus conviviales. Même si toutefois les systèmes dits CRAC (Computer Room Air Conditionning) restent encore les plus utilisés.

Le système CRAC sera le plus populaire encore pour de nombreuses années, et ce malgré malgré ses coûts très élevés, soutient Clive Longbottom, analyste chez Quocirca, un cabinet de conseil britannique. « Je pense qu’il s’agit réellement d’un mécanisme au long cours », poursuit-il.

Une rupture radicale vers 2023 ?

Toutefois, une rupture radicale pourrait apparaître vers 2023, lorsque les responsables de datacenters commenceront à remplacer les CRACs par des technologies de refroidissement combinant l’air extérieur, l’eau réfrigérée ou par un liquide, commente à son tour Faizan Akhtar, vice-président de la division recherche de Technavio, une société de R&D et de conseils.

Le refroidissement par liquide détiendra au moins 75% du marché et les systèmes CRAC seront surtout utilisés dans des régions où le climat est le plus chaud, comme au Moyen-Orient ou en Afrique, ajoute-t-il.

Parmi les derniers systèmes de ce type arrivé sur le marché, on retrouve la suite d’Emerson Network Power Liebert Custom Air Handling Units qui associe les technologies de refroidissement par l’air extérieur, par évaporation indirecte, par un système de traitement de l’air par eau réfrigéré et par un outil de conditionnement de l’air, qui ensemble, permettent de personnaliser et d’ajuster le système de refroidissement du datacenter et gagner en flexibilité.

Les systèmes par évaporation devraient être une des tendances qui montennt , les entreprises cherchant des moyens plus durables pour mieux exploiter ce mécanisme et compléter, voire remplacer, les systèmes de refroidissement mécaniques ou les compresseurs, affirme de son côté Tifft Gannon, directeur de produit chez Liebert.

De plus, devenir éco-responsable est un des enjeux clés qui fonctionnent de pair avec celui de réduire les coûts, explique Faizan Akhtar. Les opérateurs de datacenters, souhaitant réduire leur facture et augmenter leur efficacité, vont en même temps réduire l’empreinte environnementale du datacenter et vice-versa, ajoute-t-il.

Les fournisseurs de systèmes de refroidissement se sont mis à développer des technologies vertes pour réduire la consommation d’énergie et minimiser l’effet sur l’environnement, rapporte une étude publiée plus tôt dans le mois par Technavio Research, en grand observateur du marché de refroidissement des datacenters.

Des alternatives aux CRACS

Le refroidissement par eau réfrigérée représente une partie importante des nouvelles technologies du marché de cette année, lance Rakesh Kumar Panda, l’auteur du rapport.

Ce procédé utilise l’eau comme source première de refroidissement, au niveau de la salle ou du rack, mais convient au datacenter de 15 kW ou moins. Ce qui implique certaines limites, conçoit-il.

Le marché du refroidissement liquide par immersion est naissant et représente 30 millions de dollars aux Etats-Unis. Mais il devrait connaître une croissance significative, ajoute Faizan Akhtar. « La tendance monte aux US. Ce segment doit progresser à un rythme de 45% au moins. »

Certains opérateurs de datacenters considèrent désormais cette technologie, mais ne pourraient la déployer que dans 3 ou 4 ans.

Le refroidissement par immersion est principalement associé aux supercalculateurs, ajoute Clive Longbottom, à cause du niveau de sophistication de ce type de système. « Cela s’adresse à ceux qui repoussent les limites de l’IT. Sa complexité travaille contre lui. »

Les opérateurs de datacenters ont également pu réaliser des économies et abaisser leur empreinte carbone dans le cadre de datacenters moins consommateurs, dégageant moins de chaleur.

Le refroidissement par air extérieur et par évaporation indirecte – s’appuyer sur l’air extérieur et réinjecter dans le circuit l’eau déjà utilisée - est utilisé dans de nombreux secteurs.

Ces systèmes indirects sont plus réduits qu’un système CRAC au complet. Il annonce également « la prochaine génération de contrôle » dans les datacenters, comme un moyen pour abaisser l’OPEX d’entre 20% et 30% en connectant les unités de refroidissements et en les synchronisant.

Le refroidissement par air extérieur devrait toujours garder la faveur des opérateurs de datacenters grâce à ses coûts réduits. Même au Moyen-Orient par exemple, il peut être utilisé entre 200 et 250 jours par an, affirme Clive Longbottom.

Celui-ci tire par ailleurs la sonnette d’alarme sur la capacité des systèmes CRAC à générer des particules minuscules, qui s’élèvent dans l’air et peuvent alors court-circuiter un système.

KyotoCooling

Parmi les techniques de refroidissement plus rares, on retrouve le KyotoCooling, un mécanisme qui ne serait utilisé que par à peine plus d’une douzaine de datacenters dans le monde, selon Clive Longbottom.

Son principe : une grande roue fait circuler l’air, séparant les flux d’air intérieur et extérieur. La chaleur est transférée au flux d’air extérieur lorsque la roue tourne. 

Les coûts de fonctionnement restent bas. Le frein à son adoption ? « Vous ne pouvez pas l’intégrer dans un processus de modernisation d’un datacenter existant ».

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