Cloud : Oracle mise sur le Paas contre l’Iaas

Cette année encore, Oracle a réuni à Roland Garros ses grands clients lors de ses « Masters Oracle Cloud Platform ». L’occasion d’évoquer l’actualité de la plateforme Cloud Oracle et de détailler les premières « success stories » d’Oracle dans le Cloud.

« Tout le monde parle aujourd’hui de la transformation digitale, tout le monde explique pourquoi il faut y aller, mais personne n’évoque le comment», a déclaré Régis Louis, vice-président produit du middleware d’Oracle lors de l’ouverture de la conférence utilisateur middleware d’Oracle. Pour appuyer ses propos, celui-ci a évoqué une récente étude Forrester, réalisée auprès de responsables exécutifs. Si 79% d’entres-eux ont déclaré avoir aujourd’hui une stratégie digitale, ils ne sont plus que 19% à estimer disposer de la technologie nécessaire pour y parvenir. « Mener cette transformation digitale demande un gros investissement technologique. Il ne s’agit pas seulement de développer des applications mobiles, d’être présent sur les réseaux sociaux. Cela nécessite une véritable plateforme. »

Oracle préfère une transformation numérique… progressive

Plutôt qu’un Big Bang qui verrait les entreprises remplacer leur SI existant par des solutions Cloud de nouvelle génération, Oracle préfère miser sur une approche plus progressive qui présente accessoirement l’avantage de préserver ses propres intérêts. Walter Lenarduzzi, directeur de Fusion Middleware chez Oracle France explique la position de l’éditeur : « le nouveau monde du Big Data, de l’Internet des Objets, du mobile et du Cloud ne vient pas se placer en opposition avec l’ancien monde. Ce que nous cherchons, c’est réfléchir avec les DSI sur la façon dont ils vont intégrer ce nouveau monde dans l’ancien, pour partie ou en totalité. Tous nos clients sont en train de recomposer leur SI. Sans cesse les DSI doivent arbitrer, optimiser l’existant, adopter les innovations qui viennent des métiers, sécuriser les frontières du SI qui sont de plus en plus poreuses et mouvantes. Oracle est l’acteur principal si ce n’est le seul acteur capable d’offrir la flexibilité de l’hybridation, c'est-à-dire la capacité d’interconnecter le système d’information au Cloud privé et au Cloud public, mixer tous ces services de manière transparente sur nos plateformes. »

Régis Louis a livré quelques exemples d’entreprises qui ont fait le choix des offres Cloud Oracle pour innover. Ainsi, le distributeur américain 7 Eleven, une enseigne qui compte plus de 8 500 points de vente et plus de 8 millions de clients, essentiellement aux Etats-Unis, a réussi une belle opération via son application mobile « Digital Guest ». Celle-ci est couplée à un système de recommandations qui s’appuie sur les profils client, mais aussi sur l’heure de la journée et la météo. Cette application a été téléchargée 5 millions de fois, si bien que le distributeur est parvenu à améliorer le panier moyen de ses clients de 15%. Pour le « backend » de son application, 7 Eleven a créé un Cloud privé Exalogic/Exadata. Une solution Cloud qui permet au distributeur de provisionner une plateforme en 9 minutes chrono.

Parmi les autres clients cités par Régis Louis, Iberia, la compagnie aérienne espagnole qui a accru de 35% le nombre de réservations réalisées en ligne grâce à une revamping de son environnement omni-canal. Autre exemple, Starbucks, déjà pionnier du m-Commerce qui accélère encore sa stratégie. Le cycle d’évolution des applications mobiles de l’enseigne est désormais une version toutes les 6 semaines.

Une accélération constatée tant dans le B2C que dans le B2B et même dans l’industrie. Ainsi, Boeing a automatisé ses procédures de traitement des appels d’offre. Une activité qui mobilise environ un millier de personnes chez l’Américain. Avec la mise en place d’une solution de BPM (Business Process Management) qui lui a permis d’abaisser ses coûts de traitement des appels d’offre de 38%.

Les 4 piliers d’une plateforme Cloud moderne, selon Oracle

Pour Régis Louis, ces succès s’expliquent par 5 raisons : « D’une part, il faut s’appuyer sur une plateforme unique et ne pas chercher à vouloir intégrer diverses technologies. En outre, il est important que le fonctionnement de cette plateforme soit automatisé afin de pouvoir fonctionner en mode agile. Les projets informatiques de plus d’un an, c’est fini, il faut pouvoir délivrer des projets de quelques semaines seulement. »

Le troisième élément clé, c’est le temps réel. Les solutions Cloud doivent permettre de réduire le temps entre l’arrivée d’une information et la réaction de l’entreprise. Le responsable Oracle évoque ainsi les technologies In-Memory et les solutions d’Event Processing. Ce sont elles qui ont permis à l’un des acteurs majeurs de la grande distribution en Espagne de mettre en place un système de réapprovisionnement particulièrement innovant : « Leur système exploite l’information générée par les balances placées dans le rayon fruits & légumes pour leur système d’inventaire. Ils n’attendent même pas que le client ait payé ses fruits et légumes au moment du passage en caisse. Dès que le client pèse ses fruits ou ses légumes, l’inventaire est notifié, et on vient rajouter des fruits et des légumes à mesure que les clients se servent dans le rayon. »

« Un point essentiel, c’est de faire que les règles de sécurité soient appliquées de manière uniforme non seulement au niveau des applications on-premise, mais aussi dans les applications Saas, les applications mobiles, les objets connectés », a ajouté Régis Louis. Exemple de cette approche, celui du constructeur automobile Lexus. « Ils utilisent notre plateforme pour sécuriser l’accès aux véhicules. On peut ouvrir/fermer une Lexus depuis leur application mobile. »

24 nouveaux services ont rallié l’offre Cloud Oracle

L’infrastructure Cloud d’Oracle s’appuie aujourd’hui sur 19 datacenter dans le monde, dont 7 en Europe. Un Paas qui s’enrichit rapidement de nouveau services. Il y a quelques jours, Larry Ellison en dévoilait pas moins de 24 nouveaux. Beaucoup d’entre eux sont dédiés au développement comme Java, JavaSE en conteneur Docker, le serveur JEE WebLogic, mais aussi JRuby, Node.js, API mobile.

Parmi ces annonces, de nouveaux services orientés architecture comme la fédération d’identités, d’intégration de données, notamment dans le but d’interfacer applications on-premise et Saas, l’orchestration de services, l’internet des objets. Régis Louis explique ce positionnement résolument Paas d’Oracle dans le Cloud : « La véritable valeur du Cloud, c’est le Paas. Les offres d’infrastructures as-a-service ne résolvent qu’une fraction du problème. Les coûts d’opération des logiciels sont largement supérieurs au provisioning du hardware. » Selon les simulations réalisées par Oracle opposant Oracle Cloud aux services d’Amazon Web Services, le coût d’une application WebLogic et de sa base de données est 4 fois inférieurs dans le Pass Oracle que sur le Iaas d’Amazon.

Régis Louis a détaillé les premiers usages du Paas Oracle chez ses clients européens. Le premier usage, c’est l’intégration entre applications on-premise et applications Saas. Il a notamment cité l’exemple de la compagnie aérienne Norwegian qui a interfacé son SI interne avec Salesforce via le Cloud Oracle. Autre usage, celui du développement d’applications complémentaires aux offres Saas standard. Generali a ainsi développé son propre module de gestion des stocks options pour la plateforme de gestion des ressources humaine Fusion HCM. Une extension qui s’exécute dans le Cloud Oracle. Enfin, le vice-président Oracle a cité le cas d’une entreprise de transport par containers nordique qui migre l’ensemble de ses environnements de développement, de test et de recette dans le Cloud Oracle. Enfin le 4ième scénario, plus conventionnel, est celui de la collaboration entre utilisateurs, comme c’est le cas de Honda qui a fait le choix d’Oracle pour permettre à ses équipes de communication d’échanger des documents avec ses agences.

Les premiers résultats commerciaux du Cloud Oracle plutôt modestes

Dernier venu au Cloud, Oracle peut-il imposer sa vision Paas du Cloud ? Régis Louis s’est félicité des premiers résultats commerciaux du Cloud public d’Oracle : Les services auraient séduits 400 clients lors du troisième trimestre fiscal 2015, premier trimestre lors duquel les offres Paas d’Oracle étaient véritablement disponibles. 1 419 clients de plus ont fait le choix du Cloud Oracle au quatrième trimestre. Un optimisme à mettre en perspective au million de clients que compte aujourd’hui Amazon Web Services.

Le responsable a souligné devant les DSI présents dans la salle que l’éditeur a investi 5,2 milliards de dollars en R&D en 2014 et que ce sont 6 000 ingénieurs qui sont dédiés au développement du middleware chez Oracle. « En termes de Cloud, nous sommes le seul éditeur qui fournisse à la fois les infrastructures, la plateforme et le logiciel avec nos datacenters et le niveau d’intégration de chacun de ces niveaux. Nous sommes les seuls à supporter l’ensemble de ces fonctionnalités Paas auxquelles on peut souscrire au travers du Cloud public, mais aussi en Cloud privé ou encore de manière hybride. Nous sommes convaincus que cette « Cloud Platform » peut être un élément clef dans le succès de la transformation digitale des entreprises. » Aider les entreprises de sa base installée à se transformer sans prendre le risque de voir celle-ci se tourner vers d’autres fournisseurs, tel est le véritable challenge d’Oracle en 2015.

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