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Leif-Olof Wallin (Gartner) : « La convergence de l’administration PC et mobiles est imminente »

Leif-Olof Wallin, vice-président recherche chez Gartner, évoque avec la rédaction le niveau de maturité des entreprises européennes en matière de mobilité. Mais également les obstacles qu’elles rencontrent et les perspectives du marché de l’administration de parcs.

LeMagIT : Quelle maturité observez-vous dans les entreprises européennes en matière de mobilité ?

Leif-Olof Wallin : Cela dépend de ce que l’on regarde. En Europe, en matière de mobilité d’entreprise, nous observons chez nos clients, un effort plus marqué sur les processus métiers.

Aux Etats-Unis, les efforts portent souvent surtout sur des choses simples, faciles et rapides à mettre en œuvre, pour montrer aux employés que l’entreprise fait quelque chose.

A l’inverse, en Europe, les initiatives doivent montrer une valeur métier. Et cela nous paraît très sain : nous pensons que la mobilité d’entreprise n’apporte aucune valeur si elle n’est pas liée au cœur de métier de l’entreprise, et l’aide à devenir plus efficace, plus proche de ses clients, voire à faire émerger de nouvelles modèles économiques.

L’approche européenne de la mobilité serait ainsi plus stratégique ?

Oui. Les entreprises européennes sont d’ailleurs généralement plus stratégiques dans leurs approches que leurs homologues américains.

Et si l’e-mail a rencontré un tel succès comme outil mobile, c’est parce que beaucoup de nos clients l’utilisent comme un moteur de workflow. Alors, bien sûr, si vous fournissez un accès aux workflows en mobilité, vous réduisez les latences de nombreux processus métiers. C’est l’une des raisons du succès de l’e-mail mobile.

Mais quels obstacles rencontrent les entreprises dans leurs initiatives de mobiltié ?

Presque tous nos clients se heurtent à 4 défis significatifs. Le premier est la diversité de terminaux et des systèmes d’exploitation. Le second, souvent le plus important, est le manque d’interfaces pour accéder aux systèmes de backend sur lesquels s’appuient les processus de cœur de métier, à commencer par les ERP. Les API peuvent être absentes ou inadaptées à la mobilité.

Le troisième défi est la sécurité, obtenir un niveau de sécurité considéré comme satisfaisant. Le quatrième obstacle touche enfin au manque de compétences, notamment dans le domaine de l’expérience utilisateur, le test d’applications mobiles, etc.

Les entreprises ne paient-elles pas leur manque d’intérêt passé dans l’expérience utilisateur ?

Oui. Il y a encore quelques années, il était possible de dire aux employés : « oui, nous savons que cette application est horrible à utiliser, mais vous êtes un employé et nous attendons de vous que vous utilisiez cette application avec joie, parce que vous travaillez pour nous ».

Mais avec des utilisateurs habitués à la qualité de l’expérience des applications grand public, ça ne passe plus : « ça me ralentit et ça ne me permet pas de travailler aussi efficacement que le pourrait ». Dans certaines entreprises, il y a de véritables levées de boucliers des utilsiateurs.

OS X ou encore Windows 10 s’inspirent de la mobilité pour fournir de nouvelles capacités d’administration. N’est-ce pas le signe que l’on sait finalement mieux contrôler les terminaux mobiles que les postes de travail conventionnels ?

Vous avez raison. Les OS des postes de travail conventionnels vont effectivement dans cette direction. Et il faut changer en conséquence la manière dont sont administrés les postes utilisateurs.

En termes de sécurité, cela veut dire que protéger un périmètre ou sécuriser tout un terminal est de moins en moins réaliste : la question est aujourd’hui plus de disposer d’applications douées d’une certaine capacité à se protéger elles-mêmes, à protéger leurs données.

Et avec le temps, on s’oriente vers une approche qui sera centrée sur une gestion des droits d’accès à l’information, où l’on accède qu’à ce à quoi donne droit son identifiant.

Mais la mobilité a déjà forcé nombre de nos clients à accepter que la sécurité n’est pas une chose absolue. Ils ont dû revoir leur approche, mais également associer les métiers à leur démarche en le demandant : « de quelle sécurité avez-vous besoin ? »

S’oriente-t-on donc vers une transformation de l’administration des terminaux qui recouvrirait appareils mobiles et postes de travail ?

La convergence des deux est imminente. L’administration unifiée des terminaux utilisateurs est en train de devenir une réalité ; IBM et Microsoft seront parmi les premiers à y parvenir. Son rachat par BlackBerry améliore l’espérance de vie de Good Technology. MobileIron, l’un des derniers indépendants du MDM, sera probablement celui qui aura le plus de difficultés. 

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