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Jeux Olympiques Rio 2016 : l’IT est un moteur, dixit le DSI des JO

Elly Resende, DSI des JO de Rio 2016, revient sur le pharaonique projet d’implémentation de l’IT qui supportera l’événement.

Les jeux Olympiques et Paralympiques de Rio s’ouvrent officiellement ce vendredi 5 août 2016. Cette édition, comme les précédentes d’ailleurs, sera fortement marquée par les nouvelles technologies. D’abord pour la couverture médiatique et le suivi des performances des athlètes, mais aussi pour épauler la ville de Rio dans la mise en place de cet événement mondial.

Logiquement, le moteur IT de ces jeux est par définition très étendu car il doit répondre à nombre d’enjeux. De la planification stratégique à la logistique, Rio 2016 est encadré par une kyrielle de systèmes et d’infrastructures sous-jacentes, assemblées ces 4 dernières années pour garantir un bon déroulement de l’événement.

En tant que DSI des jeux, Elly Resende (en photo) a la charge de coordonner cet aspect technologique ; ce qui doit être capable de supporter les délégations de 206 pays et les 10 500 athlètes qui concourront pendant plusieurs semaines. A cela s’ajoute également  la présence de 25 000 journalistes, des officiels de tous pays et des milliers de touristes, qui suivront l’événement sur place et visiteront la ville de Rio pour la première fois.

En juillet dernier, le DSI assurait que les préparatifs en matière de technologies étaient calés et qu’un groupe de travail travaillait à que tous les services techniques soient en place, développés, validés et déployés pour l’ouverture des jeux. « Ils nous restent certains contrats à conclure, mais nous avons pratiquement tout signés avec nos partenaires.  Nous sommes donc dans les temps », avait confié le DSI à nos confrères britanniques de ComputerWeekly (groupe TechTarget, propriétaire du MagIT).

Des fournisseurs clés

Avec un budget de 1,5 milliards de réal (plus de 422 millions d’euros), les JO de Rio ont fait appel aux grands fournisseurs de l’IT, comme Atos, Cisco ainsi que l’opérateur télécoms Embratel. Atos coordonne le centre des opérations technologiques (Technology Operations Center – TOC) – celui-ci contrôle tous les systèmes qui orchestrent les compétitions.

L’autre partenaire clé, Cisco, fournit quant à lui, l’équipement réseau, les points d’accès WiFi, quelques 500 serveurs, les pare-feu, les  équipements pour mettre en place des solutions de préventions d’intrusions ainsi que des outils de sécurité. De son côté, Embratel dispose d’un réseau optique de 55 000 km et de deux datacenters. Il fournit alors les services de communications voix et données, la diffusion vidéo haute résolution ainsi que les communications unifiées.

Microsoft, Samsung, Panasonic, EMC, Omega et Symantec font également partie du cortège de partenaires IT de cet événement mondial.

Tous les contrats technologiques ont été signés en mai. L’équipe IT des JO n’a plus cette approche de grossistes en termes technologiques, mais a commencé à appliquer une approche plus granulaire sur chaque site. « Nous travaillons sur la fourniture de ces solutions en simultané sur chaque site », explique Elly Resende.

« La technologie vient en premier, avec le backbone, la fibre et le câblage nécessaire. Puis, les équipes infrastructure cèdent leur place pour la mise en place de l’alimentation électrique, des équipements de refroidissement, et ainsi de suite. »

Restait aussi à gérer les demandes de dernière minute. Selon le DSI, il y a moins à faire avec les utilisateurs tels que les journalistes – qui disposent d’une équipe de support dédiée – qu’avec d’autres participants. « Généralement, les fédérations internationales demandent des services et des outils qui n’ont pas été prévus et nous devons vérifier si cela est possible à mettre en place. Ces demandes sont presque normales et inévitables dans le cadre de tels projets, et ce, quel que soit ce qui a été prévu en amont », soutient le DSI.

Innovation

Selon Elly Resende, les jeux de Rio vont également s’adosser à des technologies qui n’ont pas été mises en place lors des JO de Londres. « Par exemple, nous avons déployé le WiFi dans les bus utilisés par les média. Cela apporte une difficulté supplémentaire, mais il s’agit d’une des évolutions que nous apportons cette année », assure le DSI.

Et pour la première dans l’histoire des jeux, les portails Web de l’événement, comme ceux qui gèrent les accréditations ou encore l’ensemble des volontaires qui encadrent pendant les jeux, seront hébergés sur un Cloud privé. Selon Elly Resende,  cela a été coordonné avec la décision de virtualiser les serveurs de l’événement ; ce qui a réduit de moitié le nombre de serveurs physiques nécessaires pour faire fonctionner certains systèmes.

De nouvelles disciplines

L’autre nouveauté : l’arrivée de nouvelles disciplines, comme le Golf et le Rugby à 7. Cela ne complique pas nécessairement la tâche, mais apporte toutefois de nouveaux éléments à intégrer dans les processus d’intégration technologique. « Je dirai que l’arrivée de nouvelles disciplines a conduit à plus anticiper pour mieux caler les besoins – les capteurs utilisés pour le Golf par exemple, requiert une préparation avancée », résume le DSI.

La technologie a aussi joué un rôle clé dans l’optimisation du budget des JO. Selon lui, le plan initial était d’utiliser 2 milliards de réals issus de fonds publics pour l’ensemble des jeux, mais désormais les compétitions se feront sans cet argent à cause de la récession que connait le pays.

L’optimisation et le partage des infrastructures y ont ainsi contribué en minimisant l’usage de certains équipements, comme les PC et les imprimantes. « Nous avons réduit de façon substantielle la quantité d’impressions, comparé aux JO de Londres où tous les résultats étaient imprimés », explique Elly Resende. Selon lui, à Rio, les impressions seront moins importantes de 30%.

Parmi les autres innovations de ces JO de Rio, la génération des résultats en temps réel pour toutes les compétitions des jeux paralympiques. A Londres, seuls ceux diffusés à la TV utilisaient le temps réel. La convergence entre les tableaux d’affichage électronique et les écrans vidéo sur les sites – déjà utilisée pour les jeux de Sotchi – sera aussi mieux exploitée.

« Au lieu d’avoir un tableau d’affichage généralement monochrome, avec un écran faible résolution, nous utilisons désormais un écran plus grand pour à la fois les résultats et la vidéo, cela doit améliorer l’expérience sur chaque site », affirme le DSI.

Héritage technologique

Il y a 4 ans, l’une des plus grosses préoccupations du CIO des jeux de Londres, Gerry Pennell, était la connectivité. Cela a également été une priorité pour les équipes de Rio, étant donné les difficultés du Brésil en matière d’infrastructure locale – qui reste encore en développement.

« La connectivité a en effet toute notre attention. Le comité organisateur a travaillé dur avec les opérations télécoms et le régulateur brésilien pour proposer une infrastructure qui réponde à la demande. Et Je pense que nous avons réussi à rendre tout cela disponible », résume-t-il.

Ces travaux liés à la connectivité, comme l’installation de la fibre optique sur 370 km par Embratel pour construire le backbone des jeux, serviront au final à la ville de Rio. Les 2 000 PC achetés pour l’occasion par le comité organisateur seront également donnés à la ville à la fin des jeux.

 Elly Resende estime aussi que les quelque 8 000 employés qui ont servi à bâtir l’IT des jeux ces 4 dernières années font également parti de l’héritage laissé non seulement à la ville de Rio mais aussi au Brésil tout entier.

« Nous parlons de milliers de personnes dédiées à la technologie, qui sont désormais formés et capables de travailler sur des environnements critiques. Ils sont désormais compétents sur de nombreux marchés. C’est certes moins tangibles, mais cela est toutefois très importants », souligne-t-il.

Traduit et adapté par la rédaction

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