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OVH finance sa croissance avec des fonds américains

La société de Roubaix prévoit l’ouverture de 10 datacenters dans le monde avec une présence en Asie, aux US et un renforcement en Europe.

Pour assurer sa croissance rapide, le spécialiste du Cloud et de l’hébergement français, OVH, a confirmé avoir réalisé une levée de fonds de 250 millions d’euros auprès des fonds américains KKR et TowerBrook Capital Partners.

Cette ouverture du capital du Français à des investisseurs étrangers trainait les medias depuis mai dernier. A l’époque, il se murmurait que la firme d’Octave Klaba cherchait bien à lever 300 millions d’euros pour financer sa croissance et son expansion internationale. Plusieurs dossiers s’étaient alors positionnés, dont la puissante famille Mulliez (groupe Auchan) – le seul investisseur français en lice -  ainsi que des fonds d’investissements américains, dont les deux aujourd’hui retenus par OVH.

Pour OVH, il s’agit a proprement dit d’une ouverture clé de son capital, plus de deux ans après avoir emprunté quelque 267 millions d’euros auprès d’un pool bancaire. Avec ce nouvel apport d’argent frais, OVH affirme augmenter ses capacités d’investissements. La société compte investir 1,5 milliard d’euros en 4 ans (contre 1 milliard auparavant) dans son expansion internationale, après avoir attaqué très récemment le marché nord-américain en implantant un datacenter au Canada. 

Un accélérateur pour l’international 

Désormais, il s’agit de mettre un turbo dans ces implantations et de financer un parc mondial de datacenters qui s’étendra jusqu’en Asie. Très concrètement, aux 17 sites bâtis depuis sa création en 1999, OVH compte en ajouter 10 supplémentaires d’ici à la fin 2017 pour tisser un maillage qui renforcera sa proximité avec le tissu industriel local – et donc les données et des applications des entreprises. 

Sur ces 10 sites, 2 sont implantés en Asie, à Singapour et  à Sydney en Australie. Les activités doivent démarrer courant septembre. OVH assure également son expansion en Europe, avec l’ouverture, « sous 2 mois »  d’un autre centre à Varsovie en Pologne. Cinq autres sites sont en préparation en Italie, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas. Sur le continent américain, outre un site en préparation sur le côte ouest, la firme de Roubaix confirme également le début de la construction du centre sur la côte est des US « d’ici quelques semaines ». Même timing pour le site en Angleterre, assure encore Octave Klaba, dans un communiqué. 

Avec ce périmètre opérationnel étendu, OVH compte dépasser la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires, « d’ici 4 à 5 ans », note-t-il. Selon lui, la valorisation d’OVH dépasserait désormais même le milliard d’euros.

Toutefois, si cette participation marque l’ouverture du capital à des fonds américains, OVH assure que le groupe reste « très majoritairement détenu par la famille Klaba qui gardera le contrôle de l'entreprise ». Les activités aux Etats-Unis ont subi une « isolation très stricte »  dans le cadre de cette structuration du groupe, assure-t-il.

Le Cloud français : besoin de financement d’une croissance rapide

Cette 3e levée de fonds d’OVH suit de quelques jours celle officialisée par LinkByNet, un autre cadre du secteur du Cloud en France. Via une prise de participation du fonds européen Kensight Capital, la société, localisée à Saint-Denis, parvient à lever 50 millions d’euros pour assurer son développement à l ‘international et sa stratégie de croissance externe.

Après avoir reçu un soutien mitigé, les acteurs du Cloud français ont aujourd’hui besoin de financement éclair, faute de cash pour y parvenir. Dans un entretien avec la rédaction, Laurent Allard, le CEO d’OVH avait expliqué que la société avait besoin d’une forte capacité de financement pour soutenir un rythme de croissance de 30% par an.

 Pour soutenir une croissance désormais rapide et élargir leur portée à l’internationale- et s’imposer sur une scène mondiale où les acteurs américains ont déjà posé leurs jalons - , il est donc l’heure d’aller chercher de l’argent frais que des fonds d’investissement extérieurs, américains ou européens, ont la capacité d’apporter.

 

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