CephFS et OpenAttic : Suse veut accélérer dans le stockage programmable

La dernière version de SES porte CephFS en production et apporter un front-end graphique à la solution. Surtout, Suse souhaite accélérer sur le segment du SDS en réalisant la première acquisition de son histoire sur ce domaine.

A l’occasion de la conférence SuseCon qui se tient actuellement à Washington, Suse a confirmé son ambition de devenir un acteur clé du segment du stockage programmable (Software-Defined Storage) avec la version 4 de Suse Entreprise Storage (SES 4). Pour cela, la société compte bien agiter son argument de l’ouverture et du coût allégé, mais aussi de faciliter l’accès à sa technologie bâtie sur Ceph.

Pour illustrer cette stratégie, mise en place il y a désormais 3 ans, Suse a officialisé l’intégration du système de fichier CephFS, qui devient donc prêt pour la production –  le système était en preview dans  la version 3. Pour l’éditeur, cet ajout vient logiquement assoir sa solution plus près des cas d’usage des entreprises en matière d’infrastructure de stockage.

La particularité de CephFS est d’unifier plusieurs typologies de stockage : en mode bloc, objet et fichier. Mais surtout, en environnement distribué. « Ce nouveau système de fichiers est distribué et c’est pour cela que tout le monde l’attendait. Il est aussi conforme à POSIX (il dispose de toute la sémantique propre aux systèmes de fichiers). Bref, tout ce que l’on connait d’un système de fichiers, mais avec en plus le côté distribué, la tolérance aux pannes et l’approche unifiée », explique Ralf Flaxa, en charge de l’ingénierie chez Suse. « Le système de fichier peut être distribué sur plusieurs nœuds mais, pour vous, il apparait comme un système local. »

 « Une entreprise a donc à sa disposition une plateforme qui répond à ses cas d’usage en matière d’infrastructure de stockage », ajoute-t-il. Par exemple le stockage bloc pour les bases de données, le stockage objet pour stocker les VM dans un environnement Cloud, déchiffre le responsable. Enfin « un système de fichiers distribué est important si vous souhaitez accéder à des données réparties sur plusieurs nœuds en même temps. Les deux premières approches (bloc et objet) supportent difficilement les connexions concurrentes. »

« La différence entre CephFS et un système de fichier traditionnel comme Samba, par exemple, est que ce dernier repose sur un serveur. Si le serveur tombe, le service n’est plus assuré. CephFS à l’inverse est distribué sur plusieurs serveurs et assure la tolérance aux pannes », vient compléter Olaf Kirch, vice-président Suse Linux Enterprise R&D.

OpenAttic, un front-end graphique pour Ceph…issu d’un 1er rachat

A cela, Suse a souhaité ajoute rune autre dimension : l’ergonomie d’un console d’administration graphique. Si avec Ceph, l’approche infrastructure était mise en place, les outils d’administration et de contrôle étaient jusqu’alors pauvres, et, principalement, en lignes de commande. Les fonctions d’administration graphiques – dont les entreprises sont friandes – sont surtout intégrées aux offres très couteuses des grands acteurs du stockage. Mais pas à Ceph.

Pour cela, Suse a donc annoncé le rachat du projet Open Source OpenAttic et de ses équipes, à la société allemande It-novum. « OpenAttic est en fait une console qui fait office de front-end graphique dédié à la configuration, au management et au monitoring de l’infrastructure de SES. Nous l’utilisons pour le moment essentiellement pour Ceph dans SES 4, résume Ralf Flaxa, mais il est aussi capable de supporter d’autres typologies de stockage. »

Suse travaillait depuis deux ans avec les équipes d’OpenAttic. Des développements ont par exemple été réalisés pour que la solution fonctionne bien avec SLES. Les équipes OpenAttic ont d’ailleurs intégré celles de Ralf Flaxa depuis le 1er novembre.

Se positionner comme un partenaire clé du SDS…aux côtés d'EMC ou NetApp

Le rachat d'OpenAttic permet à Suse de donner un coup d'accélérateur à la feuille de route technologique de Suse en matière de Software Defined Storage. Il faut dire que, dans ce secteur du SDS, Suse a encore toutes ses cartes à jouer, confirme Rafla Flaxa, patron de l'ingénierie de Suse.  

Suse, comme Red Hat finalement (qui s'est également positionné sur ce segment), espère occuper un espace peu (ou mal) exploité par les grands du stockage comme EMC, Teradata ou NetApp. En ce sens, le patron de l'ingénierie pense apporter "une complémentarité" à ces grands acteurs. Pas question pour l’heure de les considérer comme des concurrents, mais bien comme des partenaires - du moins pour le moment, commente en substance Ralf Flaxa. « Nous ne voulons pas détruire cela, mais souhaitons devenir le bon partenaire du Software-Defined Storage. »

« Si par exemple une entreprise a besoin d’archiver des données en volume dont l’accès à la micro-seconde n’est pas nécessaire, elle recherche une solution beaucoup moins chère ; et c’est là que nous nous positionnons. Nous ne nous positionnons pas sur le stockage pour des bases de données haute performance. Cela n’est pas optimisé pour cela. »

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