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Syntec Numérique revoit la croissance du secteur à la hausse

Selon Syntec Numérique, l'année 2016 sera meilleure que prévu pour le secteur. Et les chiffres s'annoncent encore meilleurs en 2017. Si les compétences les plus pointues sont toujours en quantité insuffisante, l'année se soldera sur la création nette de 14 000 emplois. De quoi donner au syndicat l'envie de faire entendre sa voix dans la campagne présidentielle.

Pour sa première conférence semestrielle en tant que président de Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann avait de quoi se réjouir. En avril, le syndicat professionnel estimait que le taux de croissance annuel pour 2016 serait de 2,6 %. Il sera en fait de 2,8 %, équivalent à la croissance moyenne du secteur en Europe de l'Ouest, mais inférieur au taux de 5,3 % dont bénéficient tant les Etats-Unis que la zone Asie – Pacifique. Cette légère progression est due au conseil en technologie, qui bénéficie d'une croissance de 2,8 % contre 2 % annoncé au printemps. Pour l'année, le chiffre d'affaires du secteur devrait atteindre 52 milliards d'euros.

Plusieurs indicateurs sont au vert. Plus d'un DSI sur deux (57 %) anticipe une augmentation des dépenses informatiques au cours de l'année et 27 % misent sur une stabilisation. La transformation numérique porte résolument les projets, ce qui entraîne une rationalisation et une modernisation des infrastructures IT. L'année 2017 s'annonce bien. Syntec Numérique estime que la croissance du secteur sera de 3 %, croissance qui se répartit entre le conseil en technologies (+3,2 %), le conseil et les services (+2,6 %), et l'édition de logiciels (+4 %).

Avec 14 000 créations nettes d'emplois en 2016, le secteur emploie un effectif global de 427 000 personnes. Mais les entreprises rencontrent toujours des difficultés à recruter, notamment dans les métiers émergents tels les DevOps, la data science ou la cybersécurité.

Cap sur l'industrie du futur

Fort de ces bonnes perspectives, Syntec Numérique veut se faire entendre des candidats à l'élection présidentielle. « Nous devons les sensibiliser au numérique, leur faire prendre la mesure des risques pour l'emploi et pour l'économie si ce sujet n'est pas pris à bras-le-corps », affirme Godefroy de Bentzmann. Le syndicat, qui s'est doté d'un comité travaillant sur la transformation numérique du secteur industriel, lance un « cahier de campagne », consacré à l'industrie du futur. Dans la lignée du livre blanc publié en mai dernier sur ce thème, le « cahier » appelle à la modernisation de l'outil industriel français et propose dix mesures.

Trois propositions concernent l'écosystème, notamment sa dynamisation sur l'ensemble du territoire et le développement d'expérimentations concrètes. Quatre mesures concernent la fiscalité et les normes, sujets chers à Syntec Numérique qui  plaide pour la simplification mais surtout à l'amélioration de la lisibilité du Crédit Impôt Recherche (CIR). « Les entreprises sont contrôlés deux ou trois ans après et 90 % des dossiers sont retoqués. Il faut absolument éclaircir la situation voire sanctuariser le CIR », insiste Godefroy de Bentzmann. Les autres mesures appellent à la stabilité fiscale et à l’harmonisation des normes et des standards. Deux propositions concernent l'emploi et la formation. La dernière mesure concerne la gouvernance de l'Alliance pour l'industrie du futur, dont Syntec Numérique est membre fondateur. « Il s'agit de donner les moyens et des ressources suffisants à l'Alliance pour qu'elle mène à bien ses missions », a conclu le président du syndicat. Reste à voir quelle attention les candidats à l'élection présidentielle accorderont à ce plaidoyer pour la défense de l'outil industriel hexagonal.

 

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