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Avec une croissance de +4,2% en 2018, le secteur IT restera dynamique

Croissance revue à la hausse, augmentation du nombre d'emplois créés, carnets de commandes en amélioration, les indicateurs sont au vert pour le secteur IT. Cette bonne santé est toutefois freinée par les difficultés à recruter. C'est pourquoi Syntec Numérique veut accentuer ses efforts pour l'attractivité du secteur et la formation au numérique.

Syntec Numérique n'a pas caché son optimisme lors de sa conférence semestrielle. Selon l'enquête de conjoncture réalisée avec IDC, tous les indicateurs sont au vert. A commencer par la conjoncture économique. L'organisation professionnelle avait estimé la croissance du secteur IT dans son ensemble (ESN, éditeurs de logiciels et conseil en technologies) à 3,4 % en 2017. Celle-ci a finalement atteint 3,9 %. Et cette progression devrait se poursuivre en 2018. Syntec Numérique table sur une croissance de 4,2 %. Le chiffre d'affaires du secteur IT passerait ainsi de 54,1 milliards d'euros en 2017 à 56,4 milliards d'euros en 2018.

Une demande soutenue

Projets et appels d'offres se multiplient, accélérant la demande dans quasiment tous les secteurs. L'industrie, le commerce, les services aux professionnels et la banque/assurance/finance affichent les plus fortes perspectives de progression, entre 4 et 5 %.

Les projets de transformation numérique et de conformité réglementaire portent cette croissance. En 2018, 89 % des entreprises interrogées investissent en priorité sur leur transformation numérique, elles étaient 76 % en 2017. Elles investissent pour l'essentiel dans des projets cloud, big data, mobilité, IoT, réseaux sociaux et cybersécurité, regroupés sous l'appellation « SMACS » (social, mobile, analytique, cloud et sécurité).

En 2018, ces projets ont progressé de 16 % par rapport à 2017. Ils représentent plus du quart du marché logiciels et services, soit 11,8 milliards d'euros, et ils pèsent pour 91 % de sa croissance.

Le RGPD a lui aussi contribué à la croissance du secteur. En 2017, les dépenses des entreprises pour leur mise en conformité avec le règlement européen ont atteint 680 millions d'euros et elles avoisineront le milliard d'euros en 2018 (980 millions d'euros). La croissance liée au RGPD devrait commencer à ralentir en 2020. Syntec Numérique souligne que pour près du quart des entreprises (23 %), cette mise en conformité a représenté plus de 10 % de leur budget IT.

Des recrutements difficiles

Ces bonnes perspectives s'accompagnent toutefois d'un bémol. Le secteur est fortement créateur d'emplois - 13 410 créations nettes en 2017.  Quelques 50 470 personnes ont été recrutées. Mais 4 entreprises sur 5 (81 %) ont des difficultés à recruter les profils dont elles ont besoin. Alors que le secteur devrait recruter entre 54 500 et 59 000 personnes en 2018, - pour la plupart des cadres en CDI - , « l'enjeu majeur est de recruter et de fidéliser les compétences » insiste Syntec Numérique.

« La Grande école du numérique, les programmes de reconversion ou la réforme de la formation professionnelle sont des avancées positives, mais il faut aller plus loin », affirme Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique. « Nous devons anticiper la reconversion de ceux qui vont aller vers le secteur du numérique, avant qu'ils arrivent à Pôle Emploi ».

Godefroy de Bentzmann juge la convention collective du secteur « complètement dépassée ». « Il faut retoucher cette convention pour améliorer l'attractivité de notre secteur. Il faut l'adapter, par exemple, en proposant des horaires plus libres, ce qu'attendent les “millenials”. Nous pourrions ainsi être une illustration des nouveaux modes de travail et d'organisation ».

Un focus sur l'IA

Avec IDC, Syntec Numérique s'est intéressé à la maturité des entreprises en matière d'intelligence artificielle (IA). Si 27 % d'entre elles affichent une forte maturité (projets et initiatives IA lancés), 46 % en sont encore à comprendre le sujet et à y réfléchir. Quant aux 27 % restantes, elles n'ont pas encore abordé le sujet. Syntec Numérique relativise cette maturité en soulignant que le budget global consacré à l'IA en 2017 n'était que de 125 millions d'euros. Certes, il devrait croître de 49 % en 2018 mais il n'atteindrait alors que 186 millions d'euros.

Et dans ce domaine aussi, les compétences manquent. Les entreprises matures ont du mal à recruter des data scientists (27 % des réponses), des spécialistes de l'expérience et de l'interface utilisateur et des analystes métiers compétents en IA (18 % chacun). Avis aux amateurs qui souhaiteraient réorienter leur carrière ou aux jeunes diplômés qui cherchent à identifier les métiers les plus porteurs.

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