OVH met un pied chez les Anglais et débarque en Allemagne

OVH a confirmé l’ouverture prochaine de deux nouveaux datacenters européens : l’un à Londres, l’autre à Francfort. Les bâtiments viennent d’être achetés. L’Italie, l’Espagne et la Hollande devraient suivre en 2017.

Avec cette annonce, l’hébergeur poursuit son objectif affiché de dix nouveaux sites d’ici fin 2017, ce qui le porterait à vingt-sept datacenters en tout sur la planète. A date, il en possède vingt (chiffre officiel qui ne compte pas les sites britanniques et allemands, pas encore opérationnels. Voir l'encadré ci-dessous).

Cette année, OVH s’est implanté de manière effective à Varsovie, Singapour et Sydney. Le groupe, présent au Canada (à Beauharnois), a également lancé les travaux de son premier datacenter aux Etats-Unis, dans l’état de Virginie (côte Est). Et ce dans une entité légale totalement séparée du reste du groupe. Patriot Act oblige.

Une ouverture rapide pour le Datacenter londonien

Au Royaume-Uni, le premier « Ping » est prévu pour le mois d’avril, avec une mise en production fin juin. Le bâtiment d’une capacité de 40.000 serveurs se situe dans l’est de la capitale anglaise. Il esy quasiment opérationnel puisqu’il appartenait à un opérateur de télécommunications. « Une aubaine, car le bâtiment est déjà partiellement sécurisé et alimenté via une sous-station électrique toute proche ».

Localisé à l’intérieur de la grande couronne du périphérique londonien (la M25), le site disposait de plusieurs atouts : une superficie de 4.000 m² déjà sécurisés ; une interconnexion fibrée au PoP de Londres via deux chemins redondants et la proximité de deux sous-stations électriques.

Côté couts, le bâtiment a été construit il y a moins de 20 ans. Il « nécessitera moins de travaux de réhabilitation que les entrepôts industriels dans lesquels OVH a pris l’habitude d’implanter ses datacenters »  Le site se prête par ailleurs à la technologie de refroidissement liquide des serveurs (watercooling) ce qui permettra un fonctionnement sans climatisation. « Laquelle peut représenter jusqu’à 50 % de la consommation électrique d’un datacenter traditionnel », rappelle OVH.

Deux autres centres de données sont prévus sur le territoire britannique. Le premier fournira une option de backup, toujours localisée dans la périphérie de Londres. Le troisième sera pour sa part suffisamment éloigné géographiquement des deux premiers pour constituer un site de reprise (PRA).

OVH : même pas peur du Brexit

L’ouverture de ce site intervient en plein Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Europe fait pourtant peser un doute sur l’économie locale, avec à la clef une baisse potentielle des dépenses IT. Les multinationales, qui avaient massivement choisi Londres comme base avancée pour accéder au marché commun, commencent à se poser la question d’un déménagement sur le continent.

OVH - tout comme IBM, qui a également investi en 2016 dans de nouveaux datacenters britanniques - ne semble pas inquiet. « Si le Brexit a conduit à l’exode de quelques sièges sociaux, Londres reste une place financière importante. Et les industries financières, avec un taux d’adoption de près de 25 %, sont en pointe dans la transition vers le Cloud », analyse le fournisseur français de Cloud, alléché par ces clients.

Autre attrait, « Londres se dispute avec Paris et Berlin le titre d’écosystème le plus dynamique pour l’accueil des startups, avec un nombre record d’incubateurs et d’accélérateurs ». Or les start-ups ont rarement les moyens d’avoir une infrastructure en propre et appuient quasiment toutes leurs activités sur le Cloud.

OVH a Francfort pour se conformer à Berlin

En Allemagne, OVH a acquis un bâtiment dans la grande banlieue de Francfort (à Limburg). Il hébergera le premier centre de données du groupe dans le pays. Comme en Angleterre, deux autres datacenters sont prévus, sans autres précisions.

La proximité avec le point de présence (PoP) de Francfort a visiblement été centrale dans le choix du lieu, comme celle d’une sous-station de distribution électrique.

A terme, ce premier centre de données pourra abriter jusqu’à 45.000 serveurs sur une superficie de 4.000 m².

Déjà présent commercialement dans le pays, OVH compte parmi ses clients locaux une multinationale comme Villeroy & Boch. De plus en plus demandé au fournisseur de Cloud, l’hébergement physique de ses services et des données en Allemagne devrait lui permettre de mieux répondre aux exigences très strictes de la réglementation décidée par Berlin.

Les 20 Datacenters actuels d'OVH

OVH possède aujourd'hui 20 centres de données opérationnels. Six sont à Roubaix, trois à Strasbourg, trois à Paris et un à Gravelines. Soit en tout 13 sites en France.

S'y ajoutent  à l'international quatre datacenters au Canada. Et depuis cette année, un site à Singapour, un autre à Sydney et un en Pologne.

A suivre…

Cette politique d’investissement à marche forcée va continuer. L’entreprise prévoit « un gigantesque plan d’investissement de plus d’un milliard et demi d’euros pour les cinq prochaines années », promettait récemment Nicolas Boyer, directeur financier d’OVH.

D’ici fin 2017 des implantations supplémentaires devraient être concrétisées aux États-Unis (côte Ouest cette fois), en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas. Elles sont d’ores et déjà programmées.

Pour assurer sa croissance rapide, le spécialiste du Cloud et de l’hébergement français a réalisé cette année une levée de fonds de 250 millions d’euros auprès des fonds américains (KKR et TowerBrook Capital Partners). La start-up devenue multinationale revendique aujourd’hui plus d’un million de clients.

Pour aller plus loin

Laurent Allard (OVH) : « Le marché français du cloud ne démarre vraiment que maintenant »

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