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Commvault entend poursuivre sa transformation en 2017

Historiquement spécialisé dans la sauvegarde, l'éditeur américain poursuit son recentrage sur le marché de la gestion de données pour les grandes entreprises. En 2017, il devrait multiplier les annonces produits afin de tenter de relancer sa croissance.

Après un dernier trimestre 2017 solide, le spécialiste américain du backup Commvault Systems a annoncé son intention de poursuivre son développement sur le marché des grands comptes et a confirmé sa volonté d’enrichir son offre produit avec de nouvelles fonctionnalités pour tirer parti du cloud.

Au cours des trois derniers mois de l’année écoulée, Commvault a réalisé un chiffre d’affaires de 167,8 M$, en hausse de 7 % sur douze mois. Les revenus de licences ont atteint 77,3 M$ (+8 %) tandis que ceux dérivés de la maintenance et des services progressaient de 5 % à 88,5 M$. Cette croissance du chiffre d’affaires n’a toutefois pas suffi à ramener les comptes de la firme dans le vert, même s’il s’en est fallu de peu. La perte nette de Commvault s’est en effet établie à 40 000 $ pour la période, contre un bénéfice de 4,88 M$ 12 mois plus tôt. Cette perte est en partie liée à une augmentation de 3 M$ des dépenses de R&D, mais surtout à un bond de près de 9 M$ des frais généraux et des frais commerciaux, non compensée par la hausse des ventes.

De la sauvegarde à la gestion sophistiquées des données

Lors de sa conférence avec les analystes après l’annonce des résultats, le PDG de l’éditeur, Bob Hammer, a affirmé son intention de poursuivre la transformation de la firme d’un acteur de la sauvegarde de données en un acteur de la gestion des données d’entreprises. Une stratégie qui devrait se concrétiser par de multiples annonces produits en 2017 et qui devrait culminer lors de la conférence Commvault GO 2017 prévue pour novembre 2017.

Hammer a expliqué que la firme devrait notamment enrichir son produit phare, CommVault Data Platform (ex-Simpana), avec des capacités analytiques et de recherche et doper les capacités d’automatisation de son outil. 

En février 2017, cette stratégie devrait se traduire par le lancement de nouvelles capacités en matière de cloud, de migration de données et de copy data management.

Parmi les améliorations attendues figurent des capacités de migration de données et d’applications pour les applications Oracle et pour Oracle cloud et SAP Hana. Ces nouveautés devraient s’ajouter aux fonctions similaires déjà existantes pour des applications big Data telles que Hadoop ou Greenplum.

Des capacités cloud enrichies

Commvault devrait aussi enrichir son aptitude à tirer parti du cloud. Il s’agit notamment d’orchestrer de façon automatisée le provisioning de services de calcul et de stockage pour la reprise après sinistre, le développement et les tests, l’optimisation de la protection des nuages, mais aussi de simplifier la sauvegarde et la récupération de données en cloud afin, par exemple, de protéger les entreprises contre le rançonnement de données.

La semaine dernière, Commvault avait déjà publié une série d’architectures de référence optimisées pour Amazon Web Services (AWS) afin de faciliter la mise en œuvre par ses clients de ses services de protection et de gestion de données dans le cloud Amazon AWS.

Selon Hammer, le volume des données stockées dans des clouds publics par les clients de l’éditeur a progressé de 250 % en 2016. « De plus en plus de nos clients remplacent ou prévoient de remplacer leur infrastructure informatique actuelle par des infrastructures peu coûteuses, souples et évolutives, semblables à celles du cloud public », a-t-il déclaré.

Au milieu de 2017, Commvault prévoit aussi d’ajouter de nouvelles capacités de recherches de données à son offre, mais aussi de doper ses fonctions existantes de collaboration, de partage et de synchronisation de fichiers. La firme devrait aussi proposer des solutions de sauvegarde des services d’e-mail en cloud et de sauvegarde des postes de travail. 

Des efforts centrés sur le marché des grandes entreprises

Commvault qui avait connu une croissance rapide jusqu’en 2014 (année où la firme a franchi la barre des 500 M$ de CA) a depuis vu sa croissance stagner avec une progression de son CA de 3,5 % en 2015 et un recul de 2 % en 2016. Selon, le CEO de la firme, la croissance de la firme dépend désormais de sa capacité à gagner plus de grands contrats.

« Notre capacité à atteindre nos objectifs de croissance dépend d’un flux constant de contrats de 500 000 $ à 1 M$ et plus », a-t-il déclaré. « Ces transactions font peser un risque sur notre CA et notre bénéfice trimestriel en raison de leur complexité et de leur calendrier ». Commvault indique donc qu’il va continuer à gérer prudemment ses coûts afin de conserver un équilibre entre atteinte des objectifs commerciaux et innovation technologique. La firme a séduit près de 600 nouveaux clients au cours du dernier trimestre 2016 (portant son total à 240 000 dans le monde). Les contrats de plus de 100 000 $ ont représenté 57 % du CA et le nombre de contrats avec les grandes entreprises a progressé de 22 % sur un an.

En France, la position de l’éditeur reste décalée par rapport à sa position dans le monde

Dans notre pays, Commvault doit faire face à un challenge original, puisque la firme s'est historiquement développé sur le marché des PME, ce qui fait que sa base installée est en décalage de phase par rapport à la stratégie de la firme au niveau mondial. Comme l’explique le patron de l’éditeur dans l’hexagone, Matthieu Brignogne, Commvault France a fait un choix historique de cibler les entreprises de taille moyenne (de quelques centaines à quelques milliers d’utilisateurs), ce qui fait qu’il y a un désalignement historique entre le positionnement du produit et la base installée française. L’éditeur a donc beaucoup travaillé au cours de l’année écoulée pour monter en gamme et cibler plus les grands comptes comme il le fait partout ailleurs dans le monde. Et ce travail devrait se poursuivre en 2017.

Selon Matthieu Brignogne, la migration vers le cloud ouvre des opportunités chez les grands clients français qui ont tous dans leurs cartons des projets de refonte d’infrastructure et des architectures de protection de données associées. « Les opportunités existent », explique Matthieu Brignogne et « le fait d’être bien placé sur le Magic Quadrant de Gartner aide ». Reste que sur le territoire français, l’éditeur a encore du travail à faire pour tenir son rang face à des acteurs plus véloces ces dernières années, comme Veeam qui partant de sa niche en matière de virtualisation a su peu à peu grignoter du terrain chez les grands comptes et s’imposer lui aussi comme une alternative crédible aux acteurs historiques de la sauvegarde.

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