Ocata : OpenStack met enfin les containers au niveau des VM

En orchestrant les technologies de conteneurs, la dernière version d'OpenStack (Ocata) pourrait sortir de sa clientèle habituelle de grands comptes pour répondre aux besoins des PME intéressées par l'IoT ou aux entreprises qui utilisent SAP.

Avec deux mois d’avance sur le planning habituel, la fondation OpenStack lance ces jours-ci Ocata, la 15ème version semestrielle de sa plateforme d’orchestration des ressources en Cloud. Dans un contexte où le développement d’OpenStack tend à se canaliser, après être souvent parti dans toutes les directions, et suite à la défection récente de l’un de ses plus importants contributeurs (HPE), Ocata se veut la version qui stabilise le projet.


Les rouages essentiels de la plateforme ont de fait subi un heureux lifting : le moteur Nova tient mieux compte des besoins des applications pour leur allouer des ressources, le tableau de bord Horizon remonte mieux les services pour détecter les problèmes de performances, la gouvernance de la sécurité et du réseau est plus parlante, etc. Mais le grand intérêt d’Ocata est de gérer de la même manière les machines virtuelles, les machines physiques et, surtout, les conteneurs.

« C’est un élément important pour les entreprises car, ces jours-ci, elles utilisent de plus en plus d’environnements mixtes, à savoir des bases de données qui n’achèvent leurs traitements intensifs que sur des serveurs physiques, des micro-services pour les applications en ligne qui fonctionnent mieux en conteneurs et des applications classiques en machines virtuelles. Or, la demande pour une plateforme OpenStack qui unifie tous ces composants est majoritaire chez nos clients », commente Christophe Sauthier, le fondateur d’Objectif Libre, l’un des contributeurs d’OpenStack auquel on doit notamment le module facturation CloudKitty.

Mieux abstraire l’infrastructure pour la piloter plus simplement

L’intégration des conteneurs au même niveau que les VM et que les ressources physiques représentait un enjeu de taille pour OpenStack. Car ceux-ci bénéficiaient déjà d’outils d’orchestration propres (Kubernetes de Google, Swarm de Docker, Mesos d’Apache, Rancher...) qui pourraient se substituer à OpenStack. En pratique, OpenStack orchestre à présent ces orchestrateurs de conteneurs (module Magnum) en les reliant aux mêmes règles réseau que le reste des ressources (module Kuryr) et en attribuant des règles d’utilisation à des pools de conteneurs (module Zun). Notons également la nouvelle prise en charge des clusters de conteneurs par-dessus Mesosphere DC/OS.

« Toutes ces avancées sont importantes car elles permettent une abstraction de l’infrastructure sous-jacente pour gérer simplement les cycles de vie et les contraintes réseau (qui doit se déployer avec quoi, qui doit automatiquement aller où...) de toutes les ressources, sans se préoccuper de leur nature. On capitalise ainsi sur une même infrastructure pour tout faire », explique Yacine Kheddache, architecte en Solutions d’entreprises chez Red Hat, qui édite une distribution OpenStack. Il souligne également que les mises à jour en deviennent plus simples et que cela facilite in fine le suivi de la production.

« Cependant, la gestion des conteneurs est toujours en phase de maturation. Je pense qu’il va falloir attendre encore pour voir des déploiements en production et il n’est pas facile aujourd’hui de faire des pronostics sur les évolutions à venir », tempère Yacine Kheddache. Selon lui, l’adoption d’OpenStack pour orchestrer des infrastructures où se mêlent VM et conteneurs ne viendra d’abord que des telcos. « Pour l’heure, le tout-venant des entreprises est plutôt concerné par l’orchestration en Cloud privé de clusters de virtualisation classiques (VMware, Microsoft Hyper-V, mais aussi RHEV) et elle peut le faire avec des outils de CMP (Cloud Management Platform) déjà très mâtures, comme CloudForms chez RedHat », défend-il.

Un intérêt nouveau pour les PME et les clients de SAP

Mathieu Poujol, Principal Consultant en Infrastructure auprès du cabinet d’analystes PAC, est plus optimiste concernant le succès d’OpenStack. Selon lui, il y a désormais trois arguments en faveur de la plateforme Open Source. « D’abord, le fait que la plateforme orchestre des conteneurs va justement lui permettre d’adresser des entreprises plus modestes que les telcos, car les conteneurs sont des technologies très simples qui servent à tout le monde, y compris aux PME, pour déployer des applications en ligne et des objets connectés », dit-il, en soulignant que ces entreprises-là ne sont pas forcément clientes des solutions de virtualisation, qui étaient jusqu’ici la raison d’être d’OpenStack.

« Ensuite, nous observons une forte tendance venue d’Allemagne où les entreprises clientes de SAP migrent majoritairement leurs projets vers du Cloud Foundry (environnement PaaS), lequel est très souvent déployé par-dessus OpenStack, car ce dernier dispose de tous les connecteurs nécessaires clés en main », indique-t-il. Il révèle avoir mené une étude auprès de divers groupes allemands pour lesquels de tels déploiements à partir d’OpenStack et de Cloud Foundry reviendraient 20% moins cher que des solutions alternatives, y compris de l’hébergement en Cloud public.

« Enfin, effectivement, OpenStack représente pour les opérateurs télécoms l’opportunité de reprendre la main sur les technologies qui leur servent à construire leurs offres de service », conclut-il, en pointant l’annonce récente d’un accord entre Orange Business Services et Huawei pour développer des offres de cloud public dans le monde entier sur OpenStack.

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