© ORACLE TEAM USA / Photo Guila

Oracle met l’accent sur le cloud IaaS tout en maintenant son support au couple Sparc/Solaris

De passage à Paris la semaine passée, John Fowler, le vice-président des systèmes d’Oracle s’est entretenu avec le MagIT. L’occasion de faire le point sur la roadmap systèmes et sur l’avenir de la plate-forme Sparc Solaris, mais aussi d’évoquer la stratégie IaaS du constructeur.

Il y a quelques mois, Oracle publiait une feuille de route révisée pour sa plate-forme Sparc/Solaris, remisant notamment la sortie de Solaris 12 au profit d’une approche de livraison continue privilégiant la mise à jour progressive de Solaris 11.

Pour John Fowler, le vice-président des systèmes d’Oracle (et ex-patron des serveurs chez Sun), cette feuille de route n’est en aucun cas le signal d’un désengagement d’Oracle de Sparc/Solaris. L’objectif de la firme serait plutôt de minimiser l’impact de l’arrivée d’une nouvelle version majeure de l’OS chez ses clients. 

Solaris.next : Un OS livré en tranches

« Habituellement, la sortie d’une version majeure de Solaris requiert chez les clients une revalidation de leurs logiciels et de leurs systèmes ce qui s’avère perturbateur et retarde son adoption », explique Fowler.

Selon lui, l’objectif est désormais de livrer progressivement les principales innovations prévues pour Solaris 12 sous la forme de mises à jour itératives de Solaris 11, dans le cadre d’une stratégie baptisée « Solaris.next ».

D’après la roadmap du constructeur, ces mises à jour seront délivrées entre 2017 et 2021. Le support des conteneurs et l’arrivée de capacités de « live patching » est confirmé, de même que celui du support d’OpenStack. Les nouvelles fonctions seront disponibles aussi bien sur plates-formes Sparc que sur serveurs x86.

L’objectif d’Oracle n’est plus d’innover à tout va pour faire de Solaris un OS à la pointe du progrès, comme l’avait fait Sun dans les années 2000. À l’époque, la firme avait introduit des fonctions novatrices comme les conteneurs, le système de fichiers ZFS, Dtrace…

De façon réaliste, la roadmap actuelle vise surtout à rassurer les clients et à garantir la continuité du support de Solaris pour les plates-formes matérielles à venir et à améliorer l’exploitation de l’OS dans les environnements Cloud.

Linux arrive aussi sur plates-formes Sparc

En parallèle du support de Solaris, Oracle a récemment intensifié ses efforts pour porter Linux sur Sparc. Le retour chez Oracle de Wim Cockaerts – le gourou Linux et virtualisation maison — comme patron du logiciel (après un bref passage de 8 mois chez Microsoft) s’est récemment traduit par la sortie d’Oracle Linux 6 sur Sparc.

S’appuyant sur l’Unbreakable Kernel, Oracle Linux supporte la technologie LDOM de virtualisation des puces Sparc et peut donc accueillir des partitions logicielles Linux ou Solaris.

Cette nouveauté ouvre de nouvelles options pour les clients Sparc, mais elle est aussi sans doute importante pour Oracle.

L’arrivée de Linux sur ses machines Sparc pourrait en effet lui permettre d’adopter un seul et même OS pour l’ensemble de ses serveurs Cloud — x86 et Sparc, tout en s’appuyant sur le support LDOM de Linux sur Sparc pour faire tourner des workloads Solaris.

Solaris supporté à minima jusqu’en 2034

Oracle s’est engagé à supporter Solaris 11 jusqu’en 2031 dans le cadre de son support Premier et jusqu’en 2034 dans le cadre de son support étendu. Comme les prochaines moutures de Solaris seront numérotées Solaris 11.x, nous avons demandé à John Fowler s’il fallait comprendre qu’au-delà de ces dates, Solaris serait considéré comme en fin de vie. Sa réponse s’est voulue rassurante :

« En l’état, il s’agit des dates maximum sur lesquelles le service juridique d’Oracle nous permettait de nous engager contractuellement. Mais ces dates pourront être révisées d’une année sur l’autre ».

Sparc.next : la promesse de performances en forte hausse

L’enjeu est d’importance, car la roadmap Sparc actuelle prévoit l’arrivée de nouveaux processeurs jusqu’en 2021, à commencer par un Sparc.next — le successeur du Sparc M7  — à la fin 2017/début 2018.

Cette puce devrait, selon Fowler, apporter des gains de performance significatifs. La nouvelle puce devrait marquer la fin de la course au nombre de cœurs. Mais ses cœurs seront bien plus musclés et ils auront à leur disposition une bande passante mémoire supérieure.

Oracle entend de plus poursuivre l’inclusion d’accélérateurs additionnels dans ses puces Sparc. Le Sparc M7 inclut ainsi des fonctions spécifiques de sécurité ainsi que des extensions comme DAX (Data Analytics Accelerator) permettant d’optimiser les opérations analytiques sur la base Oracle. La prochaine génération d’accélérateurs matériels devrait notamment cibler l’accélération des requêtes SQL.

Selon Fowler, l’innovation processeur joue aussi un rôle important dans la compétitivité d’Oracle dans le cloud. « À partir du moment où un de nos clients choisit de nous confier ses bases de données en mode SaaS, la plate-forme sur laquelle les bases résident lui importe peu. Notre stratégie ‘Software in Silicon’ nous permet de maximiser l’efficience de nos plates-formes et donc de proposer des services très compétitifs ». 

Oracle à la recherche de plus d’efficience sur son cloud

La recherche de l’efficience semble d’ailleurs être l’un des mots clés d’Oracle dans le cadre de sa transition vers le cloud. Aujourd’hui, le constructeur décline ses plates-formes de façon identique dans son cloud public et dans les datacenters de ses clients, ce qui permet à ces clients de disposer d’une solution hybride homogène.

Mais Fowler reconnaît qu’il y a désormais un enjeu fort d’optimisation de son infrastructure cloud : « Il y a un vrai enjeu pour un acteur de la taille d’Oracle à opérer son cloud à grande échelle. Et aucun de nos clients n’a les mêmes enjeux en matière de taille ».

L’une des clés de cette course à l’efficience repose sur le réseau, estime Fowler. Pour mémoire, Oracle a fait un choix différent de celui de la plupart de ses concurrents en déployant une architecture réseau originale qui permet aux workloads des clients de son IaaS d’opérer au sein d’un réseau encapsulé de niveau 2.

Comme l’explique John Fowler, Oracle s’appuie sur un back-end virtualisé Infiniband (qui assure l’interconnexion entre serveurs et systèmes de stockage) et sur une fabric 10G Ethernet pour la connectivité vers l’extérieur. Selon Fowler, « Infiniband va rester la fabric de back-end privilégiée du cloud Oracle ». Le coût des commutateurs Infiniband reste inférieur à celui des équipements Ethernet et, surtout, « la pile RDMA d’Infiniband est bien plus mûre que celle d’Ethernet ». Infiniband devrait donc continuer à être utilisé au cœur du cloud Oracle pour raccorder serveurs et baies de stockage Flash NVMe de nouvelle génération.

En revanche, Oracle entend migrer rapidement vers une fabric Ethernet à 25 Gbit pour ses autres besoins réseau. Selon John Fowler, l’émergence de composants Serdes à 25 Gbit/s facilite la transition vers le 25/50/100G dans les serveurs et les équipements réseau. De plus, la hiérarchie 25/50/100G est bien plus efficiente que le 10/40/100 G jusqu’alors utilisé dans les datacenters.

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