Applications mobiles : élaborer les spécifications logicielles

L'expert Scott Sehlhorst identifie trois types d'applications mobiles et explique les défis inédits qu'ils posent en matière de spécifications logicielles.

Il existe trois types distincts d'applications mobiles d'entreprise. Et chacun d'eux présente ses propres défis lorsqu'il est question d'élaborer des spécifications logicielles. Je vais tâcher de mettre en évidence un défi majeur pour chaque catégorie.

Premier type d'applications mobiles d'entreprise : les applications destinées aux clients. Du point de vue de l'entreprise, ce sont les applications d'entreprise à consommateur, ou B2C (Business-to-Consumer). On peut citer par exemple les applications d'achat mobile des détaillants ou celles des compagnies aériennes, qui permettent aux voyageurs de consulter l'état d'un vol ou de leur compte. Ces applications sont parfois élaborées en interne par le service informatique de l'entreprise. Toutefois, leur création est le plus souvent externalisée auprès de prestataires spécialisés dans le développement d'applications mobiles.

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Dans cet contexte, le plus grand défi consiste à développer une application qui remportera une adhésion suffisamment large pour être profitable à l'entreprise, tout en étant évidemment utile aux clients. Pour connaître le succès, ces applications exigent la prise de décisions soigneusement pesées au niveau de la gestion des produits, et doivent également proposer une interaction utilisateur efficace. Autrement dit, l'application doit être utilisable ; pas seulement utile, mais agréable à utiliser. Si l'interaction utilisateur de l'application est médiocre, son public cible s'en détournera. Il faut donc comprendre ce qui est important et pour le client et pour l'entreprise. Dans l'univers mobile, la fidélisation permet de mesurer efficacement l'utilité combinée à l'interaction utilisateur. Les éléments de mesure de cette fidélisation identifient généralement le temps que les utilisateurs passent sur une application par rapport au temps écoulé depuis son installation. Pour les applications mobiles B2C, l'enjeu consiste à mettre en place des fonctionnalités favorisant l'interaction utilisateur, tout en dégageant de la valeur pour l'entreprise qui fournit l'application.

Deuxième type, d'un genre légèrement différent, les applications mobiles destinées aux employés, ou B2E (Business-to-Employee). A l'instar des clients, les employés sont aussi des utilisateurs, à une différence près, et non des moindres : une entreprise peut obliger ses employés à utiliser un produit particulier. Dans les écosystèmes BYOD (Bring Your Own Device) actuels – environnements dans lesquels l'employé utilise son appareil personnel – la prise en charge de plusieurs plateformes équipées d'applications « imposées » peut constituer un défi. En effet, si vous ne prenez pas en charge toutes les plateformes, vous ne pouvez pas imposer un usage. Aussi, ces applications finissent généralement par être développées au moyen de technologies mobiles inter-plateformes. Et ces technologies restreignent souvent la liberté d'action dont les concepteurs et programmeurs ont besoin pour développer des produits et des modes d'interaction. La pratique BYOD introduit également un défi subtil au niveau de la sécurité : l'application B2E et ses données sont généralement considérées comme « propriété » de l'entreprise, tandis que l'appareil ainsi que les autres applications et données qui y sont installées, restent la propriété de l'employé. Aussi peut-il s'avérer particulièrement difficile de mettre en place une politique de sécurité adaptée qui protège à la fois les données de l'entreprise et les informations personnelles des employés. Aujourd'hui, le défi porte essentiellement sur l'élaboration de spécifications logicielles détaillées visant à concilier ces deux objectifs.

Dernière catégorie, les applications mobiles destinées à l'entreprise. Elles comprennent des éléments tels que des tableaux de bord décisionnels, qui présentent les performances opérationnelles d'une division de l'entreprise. En termes de sécurité, ces applications sont confrontées aux mêmes défis que les B2E, à ceci près que l'entreprise pourra, dans ce cas, plus facilement imposer un appareil mobile particulier, limitant ainsi le problème. Dans ce contexte, le défi le plus important sera probablement le même que pour toutes les applications destinées à l'entreprise, à savoir déterminer le retour sur investissement (RSI) ; un défi qui implique d'identifier la fonction de l'application, l'intérêt qu'elle présente pour l'utilisateur et l'avantage que l'entreprise retire d'autoriser l'utilisateur à s'en servir dans un environnement mobile. De nombreuses applications présentent un intérêt implicite sous une forme mobile : le contrôle des stocks, la signature de bordereaux de livraison, l'assistance de terrain en sont quelques exemples. D'autres applications de cet espace seront considérées comme des « applications d'apparat ». C'est le cas notamment des tableaux de bord qui permettent aux cadres de surveiller l'activité depuis une tablette plutôt que depuis leur PC de bureau. Ici, le principal défi consiste à déterminer les cas où il est fondé de développer une fonctionnalité spécialement destinée à un appareil mobile, plutôt que de rejeter la demande et de consacrer les fonds à d'autres dépenses.

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