Le Backup évolue vers la protection continue

Si la mission du backup reste de générer une copie des données de production utilisable en cas de défaillance des systèmes primaires, elle évolue de plus en plus vers la protection continue des données afin de répondre aux besoins de RPO et de RTO de plus en plus contraints des entreprises.

Même s’il ne fait pas rêver, le backup reste une fonction incontournable pour les entreprises. Les logiciels de sauvegarde permettent traditionnellement aux entreprises de disposer d’une copie de secours récente de leurs données primaires sur laquelle s’appuyer en cas de défaillance des serveurs, du stockage ou d’erreur humaine.

Historiquement, la sauvegarde s’effectuait sur bandes, mais au cours des dix dernières années, les appliances de sauvegarde dédupliquées et la sauvegarde sur disque ont commencé à remplacer les librairies de bande avec un argument simple : la rapidité de sauvegarde au profit d’un RPO (Recovery Point Objective) amélioré et une restauration accélérée au service d’un RTO (Recovery Time Objective) réduit. C’est ainsi que la sauvegarde sur bande a peu à peu cédé la place aux appliances de sauvegarde sur disques dédupliquées de Dell EMC (Data Domain), HPE (StoreOnce), IBM (ProtecTier), Quantum (DXi), ou plus récemment de Cohesity ou Rubrik.

La bande est désormais reléguée pour l’essentiel aux opérations d’archivage. Elle reste également utilisée par certaines entreprises comme support d’externalisation ultime.

Et son usage pourrait encore reculer un peu plus. Tous les logiciels de backup modernes permettent ainsi d‘externaliser les données de sauvegarde sur des services de stockage objet dans le cloud. AWS S3, Azure Blob ou Google Storage peuvent ainsi remplacer la bande comme cible de stockage ultime.

Répondre à une demande de disponibilité qui ne cesse de croître

Mais l’évolution technologique des cibles de sauvegarde n’est pas le seul changement important qui a marqué le domaine du backup au cours des dix dernières années.

Les contraintes de production et de disponibilité des entreprises ont profondément évolué avec la généralisation de la virtualisation et la nécessité de faire fonctionner la plupart des SI en continu. Et cela a eu un impact considérable sur la façon dont les sociétés approchent la protection de leurs données.

Aujourd’hui les attentes des entreprises sont de pouvoir redémarrer quasi instantanément leurs applications après un incident. Là où il y a quelques années, une entreprise aurait toléré un temps de redémarrage de quelques heures ou de quelques jours, les contraintes de restauration sont désormais de quelques minutes, voire moins. Et les fenêtres de sauvegarde sont à l’unisson.

Pour satisfaire ces nouveaux objectifs, les logiciels de protection de sauvegarde ont dû évoluer en profondeur afin de s’aligner sur l’évolution des applications, mais également sur l’évolution des infrastructures informatiques sous-jacentes avec la généralisation de la virtualisation et du cloud.

Une intégration renforcée avec le stockage

Là où auparavant il fallait, pour l’essentiel, déployer des agents sur des serveurs physiques, les logiciels de sauvegarde s’intègrent désormais avec les API spécifiques des hyperviseurs (comme VADP de VMware) pour protéger des machines virtuelles. Ils s’appuient sur les API de changements de blocs de données de ces hyperviseurs pour offrir une palette de nouveaux services allant bien au-delà de la pure sauvegarde comme des fonctions de quasi-CDP (continuous data protection) ou de réplication sophistiquées. De plus en plus de solutions de backup intègrent également des fonctions de redémarrage instantané ou de reprise après sinistre automatisée.

Tous ces outils continuent à réaliser des sauvegardes traditionnelles qui peuvent servir de dernier recours en cas de désastre de grande ampleur. Mais pour la plupart des autres besoins, ils reposent sur des mécanismes de capture de données plus fréquents et moins intrusifs. L’intégration avec les API de suivi de changements de blocs des hyperviseurs ou avec les API de snapshot des systèmes de stockage, permet aux logiciels de sauvegarde d’accroitre la fréquence de capture des données de production et donc de réduire de façon drastique le RPO en cas d’incident ou d’erreur humaine.

Commvault, via sa technologie IntelliSnap, a ouvert la voie à cette intégration renforcée entre backup et snapshots avec un framework unifié pour la gestion des snapshots de multiples constructeurs et fournisseurs d’hyperviseurs. Mais il n’est plus le seul à proposer une telle intégration.

Cohesity sait tirer parti des fonctions de snapshots des baies NAS Dell EMC ISilon, NetApp et Pure Storage (FlashBlade). EMC Networker supporte les snapshots en mode bloc (baies VNX, VNXe VMAX3 ou XTremIO), mais aussi les snapshots en mode fichiers des baies VNX, Isilon et NetApp. IBM gère les snapshots VMware via FlashCopy Manager et supporte aussi les snapshots NetApp pour la réalisation de sauvegardes incrémentales.

Rubrik supporte les snapshots Pure Storage. Veritas NetBackup s’interface avec de multiples technologies de snapshot. Enfin Veeam supporte les API de snapshot des baies de Dell EMC, HPE, Huawei, IBM, Infinidat, NetApp et Pure Storage.

L’intérêt de l’intégration entre snapshots et sauvegarde est qu’il est désormais possible de disposer de points de restauration rapprochés afin de faire face à des erreurs de manipulation ou à des pannes momentanées.

Typiquement, le logiciel de backup pourra s’appuyer sur son catalogue de snapshots pour revenir à un état antérieur des données datant de quelques minutes ou dizaines de minutes et les données seront restaurées très rapidement. Alors qu’auparavant en s’appuyant sur la dernière sauvegarde incrémentale ou la dernière sauvegarde complète, on ne pouvait revenir qu’à un état antérieur datant d’une demi-heure, de quelques heures ou plus.

La montée en puissance des appliances de backup intégrées

L’évolution la plus récente des plates-formes de sauvegarde est leur intégration dans des appliances sophistiquées. La tendance aux appliances de sauvegarde n’est pas nouvelle. Des acteurs historiques comme ArcServe ou Veritas packagent depuis longtemps leurs logiciels dans des appliances de stockage maison. Même Dell EMC s’est récemment lancé dans cette activité avec ses Integrated Data Protection Appliances.

Mais depuis bientôt deux ans, les acteurs historiques sont concurrencés par une nouvelle génération de solutions en mode scale-out, combinant des fonctions de sauvegarde, de stockage secondaire, de Copy Data Management (CDM). Rubrik a été le premier à se lancer sur ce marché, suivi de peu par Cohesity et plus récemment par StorageCraft.

Les appliances de ces sociétés s’appuient sur un système de stockage distribué et embarquent des fonctions natives de protection des environnements virtualisés ainsi que des fonctions de sauvegarde d’autres applications. Elles incorporent des capacités de reprise rapide et des fonctions plus ou moins avancées de CDM.

En offrant une solution intégrée en mode scale-out, ces fournisseurs entendent offrir une alternative évolutive aux acteurs établis des appliances de sauvegarde comme Dell EMC DataDomain, Veritas ou Quantum. De quoi potentiellement rebattre les cartes sur le marché de la sauvegarde et refondre les approches actuellement utilisées dans les entreprises.

Dernière mise à jour de cet article : octobre 2018

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1 commentaire

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Très bon article de synthèse.
La sauvegarde nécessaire en reprise d'activité, c'est pouvoir revenir en arrière dans un état propre. 
Comment se synchroniser sur un état propre ?

François TÊTE



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