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Réseau : 4 bonnes pratiques pour installer vos câbles

Lorsqu’ils déploient leurs câbles, les ingénieurs réseau doivent définir des chemins, des poids, des étiquettes et des cartes afin de s’éviter bien des contrariétés lors des maintenances ultérieures.

Tout projet de câblage réseau commence par déterminer les vitesses requises, les distances à couvrir, l’angle des bifurcations et le besoin en alimentation électrique. Ces éléments permettent de savoir quels câbles déployer – Cat5e, Cat6, Cat6a, Cat7, Cat7a, ou même optiques – et à quel endroit.

Chacun de ces câbles a des caractéristiques physiques. Par exemple un câble Cat5e ne permet de véhiculer les données à une vitesse de 1 Gbit/s que sur 30 mètres. Pour atteindre 100 mètres, il faudra passer au Cat6, plus cher. Vous n’étendrez jamais un câble sur plus de 100 mètres, mais vous pourrez augmenter son débit : le Cat6 transfère 10 Gbit/s sur 50 mètres, le Cat6a sur 100 mètres, le Cat7 grimpe à 40 Gbit/s sur 50 mètres ou 100 Gbit/s, mais uniquement sur 15 mètres, etc.

À cela s’ajoute le blindage. Le blindage est nécessaire pour éviter la diaphonie des câbles électriques environnants, mais il augmente le prix du câble et, surtout, contraint ses courbures, ce qui amène plus de difficultés pour la pose.

Le choix des bons câbles permet d’éviter les erreurs majeures lors des installations, lesquelles supposeront très souvent de passer à proximité d’un transformateur électrique ou de bifurquer depuis les rails d’un ascenseur.

Sept combinaisons existent entre les câbles les moins blindés U/UTP et les plus résistants aux perturbations SF/FTP. La première lettre correspond à la protection dans la gaine qui entoure tous les fils : U/ (Unshielded) n’apporte aucune protection, S/ (Shielded) signifie qu’une tresse de cuivre entoure l’ensemble des fils, F/ (Foiled) signifie qu’un feuillard d’aluminium entoure l’ensemble des fils. Il est possible d’avoir une protection SF/ qui entoure la tresse de cuivre d’un feuillard. L’acronyme en seconde position est une déclinaison de ces protections par paire de fils (Twisted Pair) : UTP sans protection ou FTP avec feuillard. Parfois, le FTP est appelé STP, mais il s’agit bien d’un feuillard.

Le choix des bons câbles permet d’éviter les erreurs majeures lors des installations, lesquelles supposeront très souvent de passer à proximité d’un transformateur électrique ou de bifurquer depuis les rails d’un ascenseur.

Mais, au-delà des spécificités de chaque câble, les ingénieurs réseau doivent garder à l’esprit quatre autres bonnes pratiques lors de la mise en place afin de pouvoir assurer la maintenance du câblage une fois qu’il est tiré.

1/ Déployez vos câbles sur des chemins physiques dédiés

Dans un centre de données, veillez à ce que les câbles ne circulent pas dans les allées et les espaces de travail situés derrière les équipements en rack. Utilisez des chemins de câbles accrochés au plafond ou sous un plancher surélevé. Utilisez des supports et des organisateurs de câbles à l’arrière des racks.

Du côté de l’équipement, qu’il s’agisse d’un serveur ou d’un switch, laissez un peu de mou dans vos câbles de raccordement afin de pouvoir facilement brancher et débrancher l’équipement. Le même conseil s’applique aux panneaux de brassage.

À l’extérieur des centres de données, les câbles peuvent être dissimulés dans les placards, les murs et les plafonds suspendus et fixés à l’aide de colliers de serrage, comme des colliers métalliques, des attaches en plastique ou des bandes Velcro. Cela évite que les câbles ne s’accrochent à d’autres infrastructures. Cela réduit aussi le risque qu’un câble se perde dans l’environnement physique et soit difficile à retrouver en cas de réparation.

2/ Attention au poids

Les faisceaux de câbles réseau peuvent être assez lourds. Si les câbles ne sont pas posés sur le sol, prévoyez toujours un support adéquat, qui peut dans certains cas servir à organiser les câbles.

Lors du remplacement des anciens câbles par une génération plus performante, le poids peut être une préoccupation majeure. Par exemple, le Cat6a, qui dispose de fils capables de véhiculer une alimentation par Ethernet, est bien plus lourd que le Cat5e. Cela peut poser un problème avec les chemins de câbles aériens dans un centre de données qui pourraient s’effondrer, avec les supports verticaux précédents qui ne supportent pas le nouveau poids, dans les armoires électriques où les câbles réseau pourraient se rapprocher par gravité des câbles électriques, lesquels perturberaient les signaux s’ils sont trop proches.

3/ Différenciez avec des couleurs et des étiquettes

Chaque câble a deux extrémités, et vous devez être sûr de manipuler le même câble aux deux extrémités. Pour vous faciliter la tâche, les deux extrémités doivent être étiquetées avec un numéro ou un code alphanumérique contenant des informations sur le parcours, comme le placard d’où provient le câble.

Les codes de câble ne doivent pas nécessairement être uniques dans leur ensemble. Ils doivent simplement être uniques par rapport aux endroits où le câble se termine, par exemple dans une armoire ou dans le centre de données.

Il n’est souvent pas utile d’être plus précis qu’un identifiant de placard dans un code d’étiquetage de câble. Certains administrateurs réseau souhaitent intégrer un numéro de commutateur, de panneau ou de rack, voire un numéro de prise sur le panneau de brassage ou un numéro de port sur un switch : ce n’est pas une bonne idée, car tous ces éléments sont susceptibles de changer. En revanche, il est peu probable que l’armoire de câblage dans laquelle aboutit un câble change.

Le codage couleur est un autre moyen d’identifier facilement un câble lors du dépannage ou des changements de connecteurs. L’usage consiste à attribuer une seule couleur aux câbles qui véhiculent les flux réseau, une autre à ceux qui véhiculent les flux de stockage et une troisième aux câbles de maintenance (typiquement ceux destinés à une prise de contrôle par clavier/souris distants).

L’inconvénient du codage couleur est que la réutilisation des câbles de brassage est plus limitée. Pour éviter cela, le codage couleur peut être réalisé à l’aide d’un ruban de couleur près des extrémités du câble, plutôt qu’une couleur sur le câble lui-même. Vous pouvez même associer étiquetage et codage couleur en imprimant le code du câble sur une étiquette de couleur.

4/ Documentez, documentez et documentez encore

Il est difficile de gérer les câbles si vous ne savez pas où ils se trouvent.

Dans les endroits où les câbles sont hors de vue, assurez-vous que des cartes ou des schémas montrent où les câbles ont été placés. Cela inclut les câbles passant sous un plancher surélevé, car ils peuvent être difficiles à atteindre ou à voir sous des racks pleins d’équipements. Les cartes et les schémas sont également très importants lorsqu’un câble passe dans un conduit enterré entre des bâtiments.

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