Solution de gestion des configurations : les critères de choix

De nos jours, la sélection d'un outil de gestion des configurations approprié est déterminante pour le bon fonctionnement de votre entreprise. Cet article devrait vous aider à faire le bon choix.

Cet article est le troisième chapitre d'un guide de l'acheteur en quatre parties portant sur la gestion des configurations. La première partie décrit les fonctionnalités d'un logiciel de gestion des configurations, tandis que la deuxième explique à quoi sert la gestion des configurations.

Comme tout processus technologique, l'efficacité d'un processus de gestion des configurations (ou CMS pour Configuration Management System) ne se mesure pas uniquement à la somme investie dans un logiciel. Il faut également changer la façon de travailler des collaborateurs ainsi que les processus utilisés pour le packaging et l'implémentation de code dans l'environnement des opérations IT.

Les plus gros problèmes découlent généralement d'une fâcheuse tendance à vouloir réinventer la roue (ce qu'on appelle dans le jargon le syndrome « not invented here »). Les processus CMS impliquent généralement des équipes entièrement séparées (par exemple, les développeurs, les testeurs et le personnel opérationnel) ayant chacune mis au point ses propres outils. Les outils sélectionnés par chaque groupe répondent donc à leurs besoins particuliers et offrent la meilleure solution à leurs problèmes immédiats.

Cependant, le processus CMS devrait impliquer toutes les équipes, et c'est là que se situe le problème.

En effet, les outils dont se servent les développeurs ne fournissent pas suffisamment d'informations aux testeurs sur les tâches réalisées ; de même, le personnel opérationnel n'a pratiquement aucune visibilité sur ce qui s'est passé au cours des phases de développement et de test. Des problèmes n'ayant pas lieu d'être au départ dégénèrent en querelles contre-productives, du genre « c'est pas nous, c'est eux ».

Par conséquent, il convient de rassembler les équipes disparates et de choisir, pour piloter les processus de gestion des configurations de bout en bout, des outils inclusifs favorisant une entière collaboration entre les équipes, tout en leur permettant d'utiliser ponctuellement leurs propres outils en cas de besoin.

Comment choisir un logiciel de gestion des configurations

Le logiciel de gestion des configurations retenu doit être ouvert et flexible ; il doit pouvoir s'intégrer facilement à d'autres outils tout en conservant un historique complet de son activité sur l'ensemble du processus.

La gestion des configurations repose en grande partie sur les boucles de rétroaction : les problèmes décelés au cours des opérations doivent être remontés efficacement et rapidement aux développeurs, accompagnés d'informations démontrant que leur résolution est cruciale pour l'entreprise.

Dans cette optique, il faut que les outils CMS soient reliés au service d'assistance, car celui-ci est en première ligne pour constater les effets dans l'environnement opérationnel des problèmes de programmation. Les développeurs doivent alors s'attaquer aux problèmes qui relèvent de la plus grande priorité pour l'entreprise, plutôt qu'à ceux qui présentent le plus de défis techniques.

Le facteur suivant à prendre en compte dans le choix d'un logiciel de gestion des configurations est la complexité de la plateforme IT de l'entreprise.

Si cette dernière est petite et ne fait tourner que quelques dizaines d'applications, un logiciel relativement simple conviendra. En revanche, les grandes entreprises possédant des plateformes hybrides et des milliers d'applications ont besoin d'outils non seulement adaptés à leurs exigences actuelles, mais également capables de suivre l'évolution future de cet environnement.

Cherchez un logiciel qui soit au moins capable de gérer convenablement les applications et fonctionnalités résidant aussi bien sur des Clouds publics que sur des plateformes physiques ou des Clouds privés.

Assurez-vous que les outils fonctionnent avec des machines virtuelles comme avec des conteneurs.

Interrogez les différents fournisseurs sur leur vision de l'avenir de l'informatique et sur leurs projets à long terme. Ceux qui se contentent d'affirmer qu'ils continueront dans la même voie risquent de se trouver en difficulté au fil de l'évolution du secteur. Tournez-vous plutôt vers des fournisseurs ayant une vision et sachant l'exposer par le menu et avec conviction.

Le coût est toujours un problème, et la gestion des configurations n'échappe pas à la règle. Cependant, ne rien faire ou se contenter de solutions insuffisantes a également un coût. Evaluez le véritable impact qu'auront sur votre activité des applications et fonctionnalités dont l'implémentation laisse à désirer. Pesez le pour et le contre en comparant le coût réel du logiciel sur sa durée de vie totale à la valeur que l'entreprise en retirera.

Ne vous précipitez pas sur la solution la moins chère : en général, elle se révèle être la plus coûteuse une fois tous les facteurs pris en compte.

Votre plateforme IT est-elle homogène ou hétérogène ? Si elle est homogène, est-il probable qu'elle le reste ? Dans l'affirmative, il sera plus opportun de choisir des outils CMS axés sur cette plateforme particulière (qu'il s'agisse de Windows, de Linux ou de n'importe quelle autre) plutôt que des outils conçus pour prendre en charge un environnement hétérogène.

En revanche, si vous travaillez dans un environnement hautement hétérogène, vous seriez malavisé d'opter pour un ensemble d'outils ciblant une plateforme donnée. Afin d'assurer une visibilité complète de la plateforme informatique globale, il sera plus judicieux d'opter pour des outils gérant un environnement hétérogène.

Outils open source et outils propriétaires

La complexité des outils eux-mêmes a de quoi impressionner. Considérons les compétences existantes et futures dans l'entreprise. Le personnel est-il techniquement à la hauteur, capable d'utiliser les langages de script et d'écrire du code en Ruby, Python ou Bash, par exemple ?

Si c'est le cas et que, selon toute probabilité, ça le restera dans un proche avenir, des outils open source de gestion des configurations peuvent constituer une option satisfaisante pour votre entreprise.

Si les compétences techniques de l'équipe IT ne sont pas à la hauteur ou si l'entreprise envisage d'adopter un modèle « à la demande », il sera sans doute préférable de choisir des logiciels commerciaux dotés d'interfaces graphiques très visuelles qui masquent la complexité sous-jacente de la CMS.

Les outils open source de gestion des configurations, bien qu'exempts de frais de licence et de maintenance, ne s'avèrent efficaces et véritablement gratuits que si vous disposez des compétences nécessaires pour les entretenir et bien comprendre leur mode de fonctionnement. La plupart des entreprises s'en sortent mieux en adoptant un modèle open source sur abonnement, selon lequel un fournisseur de technologies prend en charge les outils de gestion des configurations open source au niveau de l'entreprise.

C'est ainsi que Linux a réussi à s'imposer comme système d'exploitation ; en effet, il n'y aurait rien de pire pour une entreprise que de se retrouver avec une plateforme open source fortement modifiée qui ne serait plus ni gérée ni gérable.

Voilà qui nous amène à parler de la personnalisation. De nombreuses équipes informatiques ont pris la mauvaise habitude de partir d'une technologie de base et de la modifier pour l'adapter à leurs besoins supposés. En réalité, jusqu'à 90 % des processus d'une entreprise (et pas seulement au niveau informatique) sont peu ou prou les mêmes. Le but ultime est de rendre les processus plus efficaces et plus rentables, ce à quoi contribuent les fonctionnalités d'automatisation des progiciels de gestion des configurations.

Or, dès que les outils subissent une personnalisation, la plateforme n'est plus standard, avec les risques et coûts supplémentaires que cela implique. C'est pourquoi les outils ne devraient être personnalisés que dans les cas absolument nécessaires et à un certain niveau d'abstraction, afin que les modifications indispensables (correctifs et mises à niveau, par exemple) puissent être appliquées aux outils de base sans que la personnalisation n'interfère.

Etant donné la diversité des outils CMS disponibles sur le marché, qu'ils soient propriétaire ou open source, il est utile de dresser une liste raisonnable d'objectifs pour procéder à un premier tri.

Dernière mise à jour de cet article : janvier 2017

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