Utiliser en même temps le RPA et les APIs ? Une très bonne idée pour automatiser ses workflows

Le RPA est en train de se faire une place dans l’automatisation. Mais le vrai changement consiste à utiliser cette technologie dans un environnement riche en API. Plusieurs responsables d’entreprise expliquent pourquoi.

Les APIs et l’automatisation robotisée des processus (RPA) peuvent être perçues comme des approches concurrentes pour faire de l’automatisation. Chacune de ces technologies possède des avantages et des inconvénients. Mais, les DSI ont tout à gagner à intégrer les deux à leur stratégie d’automatisation.

« Dans l’optique d’éviter la complexité, je suggère fortement que votre moteur RPA, que votre plateforme de workflow et que votre moteur de règles métier soient une seule et même couche et que vous n’ayez qu’une seule stratégie », conseille John Cottongim, directeur de l’automatisation chez Mars, le géant des confiseries.

Son travail quotidien consiste à créer un moteur de règles métier qui soit à la fois flexible, simple (no code/low code) et qui fonctionne pour tous les scénarios. « C’est en se permettant à la fois d’utiliser des API et l’automatisation via l’interface utilisateur (tout en assurant un développement rapide des règles métier et des méthodes de décision) qu’une plateforme robuste montre une vraie valeur », avance-t-il.

Trouver un équilibre entre le RPA et les APIs

Le RPA et les APIs évoluent aussi chacun de leur côté pour prendre en charge les cas d’utilisation qui étaient, auparavant, traités par l’autre. La conjugaison des deux est donc une évolution naturelle, en particulier avec l’adoption du SaaS.

Traditionnellement, le RPA a été présenté comme une manière de gérer la combinaison complexe d’applications existantes, d’applications tierces et de nouvelles applications métier – un enchevêtrement que la plupart des entreprises connaissent. Mais, même si le RPA est adapté, il est presque toujours préférable de lui adjoindre de l’automatisation par API (lorsqu’il y en a), car les deux ensemble fourniraient une expérience plus large et surtout plus pérenne en éliminant notamment le problème des évolutions des UI.

« Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’existence d’APIs n’enlève rien à l’utilité du RPA », poursuit John Cottongim. Dans un environnement riche en APIs, le RPA montre en effet sa valeur en tant que plateforme d’orchestration des workflows. Le RPA peut aussi être efficace, avec une valeur ajoutée rapide et de petits investissements, pour combler des trous dans un contexte IT très changeant ou un processus métier en évolution.

À l’inverse, les APIs sont un excellent outil pour recevoir et envoyer des requêtes depuis ou vers un système. Mais, elles ne sont pas en mesure de construire efficacement des processus opérationnels complexes sur mesure.

Le RPA c’est le workflow

Aujourd’hui, « le RPA est devenu une solution pour automatiser des flux de travail de bout en bout, et plus seulement pour connecter deux systèmes », analyse Goutam Nadella, vice-président exécutif des solutions clients chez Symphony, un fournisseur de messagerie pour les services financiers. Auparavant, les entreprises utilisaient en effet le RPA dans cette fonction de « lien » (entre un CRM et la facturation d’un ERP par exemple). Mais, aujourd’hui, Goutam Nadella voit le RPA comme un moyen de mélanger humains, bots et applications dans un flux beaucoup plus large.

D’un point de vue méthode, ses clients commencent par décomposer un workflow en étapes. Ensuite, ils déterminent combien de ces étapes peuvent être automatisées. À partir de là, ils peuvent utiliser le RPA pour certaines et des APIs pour d’autres. Goutam Nadella résume les APIs en « une couche fondamentale de tout système pour que les bots existent et fonctionnent bien ».

La bataille des éditeurs

De manière prévisible, les éditeurs de solutions de gestion d’APIs et ceux de plateformes RPA vont faire des incursions sur le territoire de l’autre.

« Les DSI doivent aborder les déploiements de manière holistique, avec des API et/ou le RPA », confirme dans un premier temps Steve Shah, vice-président de la gestion des produits chez Automation Anywhere. Mais pour lui, le RPA est l’outil numéro 1. « En simplifiant l’intégration de l’intelligence artificielle, le RPA peut automatiser des tâches encore plus complexes qui impliquent à la fois des données structurées et non structurées, donnant à chacun la possibilité de créer des solutions clés en main pour des tâches auparavant fastidieuses nécessitant une intervention humaine », lance-t-il.

Selon lui, le développement par simple glisser-déposer change aussi la donne par rapport aux APIs, car cela signifie que ce sont ceux qui comprennent le processus métier qui peuvent désormais créer leur propre automatisation et réaliser des gains d’efficacité.

Sans surprise, les éditeurs spécialistes des APIs ont l’avis inverse. Pour Ross Garrett, chef de produit chez Cloud Elements, le RPA n’est que la dernière technologie à la mode dans le monde de l’intégration.

Ross Garrett reconnaît les bienfaits du RPA, mais il estime aussi que la rigueur impliquée par la gestion des APIs est nécessaire à la gouvernance et à la sécurité des entreprises. « En fin de compte, l’intégration qui s’appuie sur des APIs est la base qui soutient toute l’intégration des entreprises modernes. C’est elle qui rend possible de nouvelles idées comme le RPA », estime-t-il en parfait accord avec Goutam Nadella.

Ennemis communs

Quoiqu’il en soit, qu’ils soient spécialistes du RPA ou spécialistes de gestion d’API, ces éditeurs font face à un ennemi commun : les grands du cloud.

 Pour Sebastian Dolber, PDG d’Astor, société de conseil en solutions cloud, les acteurs comme Microsoft et Amazon commencent en effet à se rapprocher dangereusement du territoire du RPA en proposant des alternatives, comme Azure Logic Apps, ou Amazon Simple Workflow Service.

Ces offres « se positionnent pile sur le terrain de la souplesse, entre le RPA classique et les API », prévient-il.

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