Les aéroports (aussi) deviennent « Smart »

Temps d’attente plus précis, chiffres d’affaires des concessions en hausse ou propreté améliorée : l'IoT a de nombreux intérêts pour les exploitants d’aéroports. Qui testent les idées et commencent à réinvestir dans le réseau et dans des capteurs.

A Reykjavík, si vous vous rendez à l’aéroport, vos déplacements seront désormais suivis grâce à des capteurs qui se connectent à votre téléphone. Ces capteurs n’enregistrent que l’ID de l’appareil et ne collectent aucune information personnelle, mais ils permettent de tracer les itinéraires des voyageurs avec précision.

Avec un trafic qui a doublé entre 2010 et 2015 (5 millions de passagers) - et qui devrait atteindre les 6.7 millions cette année - la direction a eu besoin de s’adapter et de mieux comprendre les flux de personnes. Le but étant de déployer les ressources de l’aéroport de manière la plus efficace possible.

Résultats de ce projet IoT, les clients ont aujourd'hui des estimations d’attente plus précises. Quant aux responsables de planification, ils bénéficient d’indicateurs en temps réel, par exemple pour adapter les équipes au filtre de sécurité.

La technologie employée est celle de la société danoise Blip Systems, qui a été conçue et implémentée par Lockheed Martin. Vingt-cinq autres aéroports l’utilisent dans le monde.

« Avec ces données, nous avons pu constater congestions et mieux les comprendre. Elles nous ont aidés à identifier un problème récurrent de rotations de postes qui se faisaient un peu trop tard », illustre Guðmundur Gautason, responsable du projet au Keflavik Airport.

Avec des temps d’attente plus précis, ce sont aussi les commerces qui voient leurs chiffres d’affaires progresser. « Les passagers sont plus à l’aise, ils visitent plus nos boutiques et restent plus longtemps dans nos restaurants au lieu de se ruer à la porte d’embarquement », constate pour sa part Hanna M. Hermannsdóttir, spécialiste des opérations de l’aéroport.

C’est également ce type de projet que développe Columbus Regional Airport Authority - l'organisme en charge de l’exploitation de trois aéroports autour de Columbus dans l’Ohio.

Le passage à l’IoT y est en train de se faire après un redéploiement de l’infrastructure du réseau sans-fil qui a permis de tripler la bande passante. La première étape a été de déterminer des « quick wins », autrement dit des « petits » projets d’Internet des Objets avec des retombés rapides et visibles pour convaincre les décideurs d'allouer les budgets nécessaires.

« J’ai dit aux boss, ici, que l’investissement venait en premier, et qu’ensuite seulement viendrait le temps de l’innovation », explique Jim Lizotte, Director de la Technologie du groupe.

Il espère par exemple qu’il sera bientôt possible de tracer les bagages automatiquement, puis d’informer les passagers si un retard dans la livraison est prévu… et leur proposer d’acheter une tasse de café en attendant. L'étape suivante serait de tracer bagage par bagage pour éviter de les perdres (ce qui implique de mettre un capteur dans une valise, ou une étiquette RFID). 

Une autre idée évoquée concerne la propreté. « Nous avons un grand nombre de techniciens de surface qui font des rondes régulières pour s’assurer qu’il y a bien du savon et du papier toilette dans tous les distributeurs, et que ceux-ci fonctionnent correctement. Avec des capteurs, ces appareils signaleraient eux-mêmes leurs états (pleins / vides, en marche / en panne) », imagine Jim Lizotte. Un projet qui n’est pas sans rappeler celui de Hagleitner avec SAP.

Pour convaincre les décideurs de mettre l’argent sur la table, il a néanmoins fallu chercher des relais concrets. Jim Lizotte les a trouvés en la personne des responsables des concessions allouées dans les aéroports (restaurants, etc.). Ces responsables ont immédiatement saisi le bénéfice business d’un tel investissement dans le réseau.

« Aujourd’hui, ils assistent aux réunions de travail et, même quand je ne suis pas là, ils plaident à ma place pour continuer à avancer dans cette technologie [...] Je parle aux partenaires concernés d’une manière orientée métiers, de telle sorte qu’ils comprennent que ce que nous essayons de faire c’est d’augmenter le volume d’affaires et de faciliter leur travail ».

Et de conclure, sous forme de conseil, « je ne veux pas que ce soit juste un truc IT (sic). Je veux que ce soit un truc métier. Vous devez identifier les retombées opérationnelles du projet et montrer aux personnes la valeur de ce que vous faîtes ». Pour, donc, en faire autant d'alliers dans les réunions de décideurs.

En collaboration avec nos collègues de ComputerWeekly et de IoTAgenda

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