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Laurent Dechaux, Oracle France : "un projet Saas est un projet informatique... "

Pour qu’elles investissent leur temps et leurs ressources dans l’innovation et la création de valeur, l’utilisation de l’informatique doit être simplifiée dans les entreprises. C’est le sens de la stratégie de cloud « de deuxième » génération développé par Oracle. Pour autant, un projet cloud réclame de l’intégration, rôle qui reste l’apanage des DSI.

Laurent Dechaux, Vice président, Oracle France Applications

LeMagIT : Vos interlocuteurs sur les projets restent les DSI ?

Laurent Dechaux : Nos interlocuteurs sont davantage des directions fonctionnelles que des directions informatiques. Ces dernières sont bien entendu partie prenante dans nos négociations, mais de manière globale. Notre mission consiste à simplifier l’informatique afin que les entreprises dégagent du temps et des ressources pour innover.

En effet, le métier de nos clients n’est pas de faire de l’informatique, mais d’innover pour acquérir des parts de marché et développer leur chiffre d’affaires. L’enjeu majeur de l’informatique est donc de proposer des solutions simples pour accélérer l’innovation. C’est notre stratégie.

LeMagIT : Peut-on aujourd’hui se passer des DSI ?

L.D : Notre approche chez Oracle est de travailler en collaboration avec les DSI. Les éditeurs de solutions SaaS traditionnelles ont eu tendance – et ont encore tendance – à éviter la DSI, laissant croire aux directions fonctionnelles que la mise en place d’un projet SaaS n’est pas un projet informatique … C’est faux ! Même dans un projet SaaS, il y a de l’intégration, il ne faut donc pas mentir aux clients.

LeMagIT : Comment se définit la stratégie d’Oracle aujourd’hui ?

L.D : La stratégie d’Oracle consiste, dans un premier temps, à proposer une offre complète intégrant l’ensemble des composants d’un système d’information : matériel, système d’exploitation, base de données, middleware et applications. Nous sommes les seuls à présenter une solution aussi complète.

Exemple, « JD Edwards in the box ». Il s’agit de proposer des applications de gestion financière ou de supply chain, clés en mains et pré-packagées. Plus besoin d’intégrer le système et la machine, de se préoccuper de la base de données, du fonctionnement de l’ensemble, de l’installation d’un applicatif ou de la maintenance. Nos clients gagnent ainsi en temps d’intégration, en performance du système et donc en coût de possession global qui leur garantit un bon retour sur investissement.

Quand ils ont progressé sur tous ces plans-là, ils disposent forcément de plus de temps et de ressources pour se consacrer à l’innovation.

LeMagIT : Et pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas du tout Oracle chez eux ?

L.D : L’autre pan de la démarche d’Oracle consiste, bien entendu, à laisser à ses clients le choix de prendre un seul ou plusieurs de ces composants, en mode best of breed. Nos bases de données peuvent ainsi s’installer sur d’autres plates-formes matérielles, Siebel peut fonctionner sur d’autres plateformes que celles d’Oracle … Nous nous adaptons à la réalité du marché informatique mondial.

LeMagIT : Qu’en est-il du cloud dans cette stratégie ?

L.D : Le Cloud constitue le troisième pan de la stratégie Oracle. Nous pensons avoir une toute autre vision du Cloud que celle de nos concurrents. Selon nous, il existe les Clouds de première génération et les Clouds de deuxième génération, celle où se positionne Oracle, évidemment.

LeMagIT : Alors quels sont les défauts de la première génération de Cloud ?

L.D : Les clients disent que la première génération de Cloud recréait des silos, hors du système d’information, parce qu’elle ne s’intégrait pas simplement au système d’information existant. Se posait ensuite la question de la sécurité des données, un véritable enjeu pour les entreprises. Le troisième inconvénient de ce Cloud de première génération - et non des moindres - est que le partage de ressources empêchait une évolution des applications au rythme souhaité par les utilisateurs. Se posait, pour finir, un problème d’impossibilité de revenir en arrière et d’être contraint de rester dans le Cloud sans capacité de rapatrier, par exemple, ses applications chez soi.

LeMagIT : Et comment définissez-vous le Cloud chez Oracle ?

L.D : Nous sommes dans un Cloud de deuxième génération. Ainsi, Oracle ne se concentre pas uniquement sur les applications CRM ou RH, même si ces sujets sont très porteurs en ce moment. Nous, nous proposons dans le Cloud, l’ensemble des processus de l’entreprise : l’ERP et l’EPM (gestion de la performance d’entreprise) et demain, nous y intègrerons les solutions de business intelligence. Nous sortons donc de la notion de silos, d’autant que la technologie Java sur laquelle nos applications sont développées, permet une intégration facile aux systèmes d’information en place.

LeMagIT : Et toute cette mise en place se fait par le truchement de partenaires, obligatoirement ?

L.D : Ce n’est pas obligatoire, mais 80% des projets que l’on nous confie sont réalisés avec des ressources partenaires. Mais Il faut savoir qu’Oracle possède ses propres ressources d’accompagnement-conseil, non pas en mode réalisation de projet, mais en apport d’expertise.

En ce qui concerne le cloud public, tout est géré par Oracle : service, datacenter, matériel, technologie, applications … Ensuite, la mise en œuvre, le paramétrage des processus, peut être réalisé par des partenaires comme Capgemini, IBM, CGI ou d’autres. Le modèle n’a pas changé pour cette partie là.

LeMagIT : Vous permettez plus de souplesse concernant le choix du moment de migration ?

L.D : Pour résoudre la problématique du choix du timing de migration dans le cloud public, nous avons également tiré parti des technologies Oracle, notamment grâce à la virtualisation de la base de données, afin de réaliser des environnements dédiés par client. De ce fait, nos clients bénéficient de plus de souplesse pour décider du moment de la migration, sans être contraints par d’autres utilisateurs.

Le deuxième aspect est qu’Oracle ne contraint pas technologiquement ses clients dans le Cloud. Tous les applicatifs sont développés en standard pour être utilisés dans un cloud Public, privé, hybride ou en on-premise. Voilà une vraie différence avec nos concurrents. Je rajoute qu’à n’importe quel moment, vous pouvez passer de l’un à l’autre ou utiliser plusieurs modèles en même temps. Les utilisateurs ne sont pas enfermés dans une seule voie, car il s’agit des mêmes technologies.

LeMagIT : En quoi Oracle garantit-il une meilleure sécurité des données ?

L.D : Oracle utilise ses propres technologies pour garantir la sécurité des données. Une base de données par client, même virtuelle, répond à ces enjeux de sécurité, là où le Cloud de première génération ne donnait pas entière satisfaction. Par ailleurs, Oracle a installé des datacenters en Europe depuis longtemps.

LeMagIT : Que peut-on tirer comme bilan commercial de la stratégie cloud d’Oracle ?

L.D : Aujourd'hui, plus de 10 000 clients dans le monde utilisent nos solutions SaaS, ce qui représente 25 millions d’utilisateurs.

Finalement, le cloud n’est pas nouveau chez Oracle. Nous avons démarré avec l’outsourcing, première forme de cloud en fait si l’on considère que nous opérions le système d’information d’un client à l’extérieur de chez lui.

LeMagIT : Venons-en à votre Trophée des Club Utilisateurs. Comment sont sélectionnés les candidats ?

L.D : Les Trophées Oracle qui existent depuis maintenant cinq ans sont devenus une véritable institution. Nous recevons entre 25 et 30 dossiers par an. Leur caractéristique principale est l’innovation, bien entendu, mais il y a plusieurs autres thèmes, comme l’amélioration des processus ou la gestion du changement qui sont pris en compte…

Il s’agit de projets qui sortent de l’ordinaire, soit parce que la façon dont ils ont été mis en place a été innovante, soit parce que les technologies utilisées sont innovantes, soit parce que les solutions elles-mêmes sont innovantes.

LeMagIT : Quelles étaient les caractéristiques des projets primés ?

J’ai, personnellement, particulièrement mis en avant deux projets : Accor et Sodexo.

L.D : Le projet Accor est une sorte de moteur « auto-apprenant », qui consiste à comprendre les souhaits et desiderata du client pour lui proposer la meilleure offre. Systématiquement, le comportement du client est analysé, quel que soit le canal par lequel il interagit (web, réseaux sociaux, hôtels …) ; le système est ensuite en mesure de lui proposer, lorsqu’il se reconnecte, l’offre la plus adaptée. On est au cœur ici de la « Customer Experience ». Le produit utilisé est appelé « real time decisionning ».

LeMagIT : Quant est-il du projet Sodexo ?

L.D : Le projet de Sodexo est un projet CRM en SaaS qui a permis de réaliser une solution de forces de vente dans 40 pays pour 4 000 commerciaux. Les objectifs principaux de ce projet sont la rationalisation et l’amélioration des processus du groupe. Ce projet n’en est plus vraiment un puisqu’il est en production depuis maintenant un an.

LeMagIT : Pourquoi le Trophée des trophées a-t-il été décerné à Coséa ?

L.D : Coséa est un groupement d’entreprises piloté par Vinci Construction, en charge de la construction de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) dans le Sud-ouest. Coséa s’est appuyé sur les technologies innovantes d’Oracle (Primavera notamment), pour suivre l’avancement de la construction de la ligne et des différents prestataires qui, vous l’imaginez, sont multiples dans ce genre de chantier. Ce projet de LGV représente un investissement de 8 milliards d’euros pour l’Etat français.

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