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Coronavirus : la gestion de la crise doit passer par un soutien psychologique

La situation extraordinaire que nous traversons actuellement peut être source de traumatismes multiples, à tous les niveaux de l’entreprise. Plus que jamais, un soutien psychologique doit être organisé.

Il va devenir urgent et nécessaire de mettre en place des soutiens psychologiques pour accompagner différentes populations confrontées à cette crise sanitaire sans précédent. En dehors du fait d’accompagner les populations de première ligne, il va effectivement falloir se pencher sur un autre aspect que l’on ne voit pas encore : celui de la détresse de certains salariés. La mise au télétravail forcé peut engendrer chez certains un vrai mal être. Car ils ne sont pas prêts à rompre le lien social professionnel qui leur permet, parfois, de s’échapper d’un quotidien compliqué.

Mais il y a aussi la population qui travaille à distance et qui se retrouve prise entre 3 feux :

  • Celui de devoir produire de manière isolée, avec très peu de contacts, mais surtout d’une autre manière – visioconférence, téléphone, etc. et qui ne sait pas forcément bien le gérer. Nous le vivons actuellement pour certains d’entre nous, et animer une réunion en parlant à une webcam, ce n’est pas toujours simple.
  • Celui de ne pas comprendre tout ce qui se passe tout en subissant les assauts répétés des chaînes d’information en continu qui bouclent sur des sujets terrifiants, c’est une vraie difficulté aujourd’hui.
    À la maison, par habitude pour beaucoup, la télé ou la radio sont allumées… et les messages diffusés sont de plus en plus anxiogènes. Et plus moyen d’échanger à la machine à café pour se rassurer un peu.
  • Et celui d’être confrontés, pour certains, à la menace cyber qui ne fait que grandir. De très nombreuses équipes se retrouvent dans la position de devoir trouver tous les moyens possibles pour anticiper une menace qui devient de plus en plus concrète et qui vise nos systèmes de santé. Les cellules de renseignements cyber nous montrent en permanence ce qui se trame derrière, et l’angoisse d’échouer pour les cyber threat hunters [chasseurs de cybermenaces] est très forte.

L’impression d’impuissance face à une maladie réelle et un danger virtuel risque de laisser des traces dans les esprits de ceux qui cherchent à aider. Et il va falloir les accompagner. Les DRH aujourd’hui ont un rôle majeur à jouer, et on voit déjà de nombreuses entreprises tenter de pallier ce manque d’accompagnement psychologique en demandant à leurs assistants RH de jouer ce rôle. Mais ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît… Plus globalement, les salariés se sentant isolés vont attendre du soutien de leur service RH.

Et puis il y a ceux qui doivent continuer à aller travailler, avec leur « laisser passer » et leur angoisse de tomber malade en se confrontant à l’extérieur. Il y aura beaucoup de questions sur le retour au travail après une telle épreuve.

Le management est également chamboulé… Nous sommes dans la grande période des « entretiens annuels » et des annonces de primes… C’est une épreuve de plus à passer, à distance. Sans contact. De plus, les services RH, eux-mêmes isolés, vont aussi avoir besoin de soutien pour savoir quoi répondre aux salariés. C’est une situation inédite. Extra ordinaire. Incroyable. Mais nous allons devoir l’affronter ensemble. Tous ensemble. Sans exception.

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