Restructuration : Intel fusionne ses différentes divisions mobiles

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Restructuration : Intel fusionne ses différentes divisions mobiles

Cyrille Chausson

Depuis près de 15 ans, Intel cherche la clé du secteur des mobiles... sans la trouver. Après s'être essayé aux puces ARM avec sa gamme StrongArm - héritée en 1997 du rachat des activités semi-conducteur de Digital, promptement rebaptisée XScale et revendue à l'encan en 2006 à Marvell -, le fondeur s'est finalement convaincu que son architecture x86 avait un avenir dans les mobiles et s'est voué coeur et âme à l'Atom, sans plus de succès. Ce dernier a en effet été étrillé par les puces ARM sur le marché des tablettes et est menacé par les futurs ultra-portables à base de puces ARM.

Intel s'est depuis juré d'endiguer la menace ARM et a promis mots et merveilles en matière de consommation et de performances avec son architecture Ivy Bridge et sa suivante, Haswell. Le géant a aussi mis la main sur Infineon et ses puces radio 3G et 4G afin d'offrir une plate-forme unique intégrant CPU et radio, a l'instar de ses grands concurrents.

Une division mobile unique

C'est donc assez logiquement qu'il vient de créer une unique division en charge de la mobilité, le Mobile and Communications Group (MCG), qui pilotera l'ensemble des activités de la firme en matière de développement de plates-formes mobiles pour les smartphones, tablettes et autre forme de terminaux nomades connectés.

La nouvelle division regroupera les 4 divisions du groupe actuellement dédiées aux terminaux mobiles : l'Intel Mobile Communications, le Mobile Wireless Group, le Netbook and Tablet Group et l' Ultra Mobility Group. Rien de bien stellaire pour l'instant, le mouvement ne faisant que réunir des divisions autrefois unies (à l'exception de celle en charge de la connectivité sans fil).

Plus que le comment de la réorganisation, c'est le pourquoi qui est intéressant.  Selon un porte-parole  firme, il s'agit «d’accélérer et d’améliorer les processus de développement», alors qu’Intel peine toujours à proposer des puces efficaces pour ce marché. Et c'est peu dire que, sur le secteur de la mobilité, le géant des processeurs est bien loin de ses parts de marché sur le poste de travail.

Les deux co-dirigeant de la division MGC ont donc du pain sur la planche pour faire d'Intel un champion des composants pour mobiles. Ils ne manquent toutefois pas d'expérience. Ainsi, par Mike Bell, un ex-Apple (où il a travaillé sur l'iPhone) et ex-Palm (où il a travaillé sur le Palm Pre), dirigeait jusqu'alors l'Ultra Mobility Group d'Intel, depuis le départ brutal de son patron historique, Anand Chandrasekher (le père de Centrino).

Hermann Eul, de son côté, est l'ancien président d'Intel Mobile Communications, mais il est surtout connu pour son passé chez Infineon, qu'Intel a racheté en août 2010 pour 1,4 milliard de dollars. Cette acquisition avait déjà pour objectif d'accélérer le développement d'Intel dans la mobilité pour offrir une alternative x86 mobile aux puces de ST Micro, Qualcomm ou Texas Instrument et aux architectures émergentes de concurrents comme Nvidia (avec son Tegra).
On peut aussi signaler d'autres initiatives récentes d'Intel sur la mobilité comme l'accord noué avec le français Inside Secure en août dernier. Un accord portant sur les brevets des technologies NFC (Near Field Communication) du Français, tant sur le plan logiciel que matériel.

Trouver de nouveaux relais de croissance

En mettant l'accent encore une fois sur la mobilité, le groupe de Santa Clara cherche de nouveaux leviers de croissance. Structurellement, le marché des PC n'est plus le marché de croissance qu'il était tout au long des années 90 et 2000. Pire, si l'on excepte le cas particulier Apple, les marges continuent à s'y dégrader. Et Le marché des serveurs, qui connait actuellement un embrasement avec le développement du cloud, pourraient aussi fniir par se tasser.

Conjoncturellement, la situation n'est guère meilleure. A la crise économique qui frappe la planète, est venu s'ajouter le contre-coup des intempéries en Thaïlande. Ces dernières, en noyant sous plusieurs mètres d'eau plusieurs usines de disques durs et surtout les usine de multiples fabricants de composants essentiels à la fabrication de ces dispositifs, ont engendré une pénurie mondiale de disques durs. Et cette dernière se ressent sur les ventes de PC et devrait avoir un effet désastreux au quatrième trimestre. Le 12 décembre, Intel a ainsi lancé une alerte en direction des marchés financiers pour avertir que ses résultats au T4 seraient moins bons que prévu. Initialement prévu à 14,7 milliards de dollars, le CA du groupe devrait s’établir à 13,7 milliards de dollars à la fin de l’année, soit un milliard de moins que prévu.


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