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Cloud public vs Cloud privé : le moins cher n’est pas toujours celui qu’on croit

Selon une étude du cabinet 451 Research, presque la moitié des entreprises ne font pas d’économies avec le Cloud public et misent sur le Cloud privé pour cela.

Et si les coûts du Cloud public n’étaient pas ceux escomptés ? C’est une question que l’on pourrait se poser à la lecture des conclusions d’une étude du cabinet d’étude américain 451 Research, venant quelque peu bouleverser les principes originaux du Cloud. En fait, il existe bien plus de d’entreprises que l’on pense qui ont mis en place un Cloud privé pour une somme inférieure à celle dépensée, à iso périmètre (avec le même nombre de machines virtuelles), dans un Cloud public.

Selon cette même étude, il est ainsi moins couteux de disposer d’une infrastructure de Cloud privé plutôt que publique pour 41% des 150 responsables IT interrogés par le cabinet américain. Dans certains cas, les économies réalisées étaient même spectaculaires : 9 des répondants affirment avoir économisé au moins 50% avec leur Cloud privé, comparé à ce qu’ils ont dépensé dans le Cloud public.

Une précédente étude, publiée en 2016, faisait déjà état de cet écart, montrant la supériorité du Cloud public en termes de coûts, affirme Owen Rogers, analyste au sein de 451 Research. Toutefois, cette étude ne précisait pas dans quelle mesure.

Ces résultats sont plutôt surprenants, rapporte encore Owen Rodgers, qui s’attendait davantage à ce que 10% à 20% des répondants fassent état d’économies de coûts liées au Cloud privé. Les résultats montrent qu’il s’agit du double.

Nombre d’entreprises sont très attentives aux coûts du Cloud privé. Soit ils suivent, à la main, l’évolution des indicateurs depuis un tableur Excel, soit ils utilisent des outils de gestion comme VMware vRealize Suite ou encore ceux d’Apptio. D’autres se tournent vers Chef ou Puppet pour être plus efficaces, note l’analyste.

Une facture qui a doublé

La société américaine Clearsense, spécialisée dans l’analytique pour le secteur de la santé, fait partie de cet écosystème qui a quitté le Cloud public – dans son cas, AWS. Lorsqu’elle a démarré avec AWS, sa facture mensuelle s’élevait à 20 000$. Cette somme a rapidement doublé pour passer à 40 000$ par mois. Selon les calculs de Jimmy Hurff, le CTO de la société, la facture aurait dû atteindre 120 000$ par mois à la fin 2017. Il a donc décidé que la société pouvait opérer sa propre plateforme pour un coût inférieur. « Deux points sur un graphique nous ont poussés à mettre en suspend et ré-évaluer notre stratégie », explique-t-il, faisant référence aux 20 000$ et 40 000$. « Avec 120 000$ par mois, on peut construire un bon datacenter. »

La société hébergeait une plateforme analytique Hadoop sur EC2, sur des instances m4.2xlarge et c4.2xlarge, mais n’utilisait aucun autre service AWS. Aujourd’hui, selon un modèle de colocation dans un datacenter de TierPoint, Clearsense utilise le même nombre de nœuds logiques – que s’il était sur AWS – mais avec 11 fois plus de capacité de traitement et 18 fois plus de capacité de stockage, soutient le CTO. En 6 mois, la société est passée de 40 000$ par mois chez AWS à 15 000$. Son infrastructure repose sur des serveurs Dell R630 1U, Dell MD3000 pour le stockage et un adaptateur DriveScale pour le dimensionnement. Clearsense utilise toujours AWS mais pour la récupération après sinistre.

Une grande partie des entreprises luttent à comparer les coûts du Cloud privé et public, assure Vinu Thomas, le CTO de Presidio, un intégrateur. Généralement, ils parviennent difficilement à avoir une vision globale de tous les coûts associés. Il n’est pas uniquement question d’infrastructure IT et d’applications, mais également de processus et de compétences. « Il est étonnant de voir leur réaction lorsqu’on leur montre les coûts liés à AWS et Azure, car beaucoup de clients n’ont pas conscience des vrais coûts du Cloud public », poursuit Vinu Thomas.

Beaucoup d’utilisateurs négligent les coûts cachés, comme la bande passante et se concentrent davantage sur les coûts horaires d’une instance. Les entreprises effectuent souvent leurs analyses de coûts en prenant en compte la sécurité, la gouvernance, la conformité, les performances et les dépendances nécessaires pour les déploiements.

Toutefois, pour certaines entreprises, les coûts apparaissent moins comme une priorité. Presqu’un quart des répondants à l’étude du cabinet affirment qu’ils paient jusqu’à 10% plus cher pour utiliser un Cloud privé.

Les coûts mis à part, le Cloud privé implique également une charge accrue de travail, de la gestion d’un data center à l’achat du hardware. Mais cela peut être positif si l’entreprise souhaite garder le contrôle sur les données, ou si ses contraintes en matière de conformité sont fortes.

 

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