Le « tout-plutôt-que-Microsoft » cher à Jerry Yang – patron de Yahoo - aura finalement conduit le portail à tomber sous la coupe de Google. Les deux géants d'Internet ont conclu un partenariat commercial qui confie à Google la régie publicitaire du moteur de recherche de Yahoo. L’accord est certes légèrement limité : il n’est pas exclusif – Yahoo peut en signer de similaires avec d’autres acteurs – et ne concerne que les Etats-Unis et le Canada. L’annonce est cependant suffisamment importante pour repousser aux calendes grecques la possibilité de voir Microsoft revenir à la charge pour un rachat et, surtout, pour inquiéter les autorités antitrust nord américaines.
Microsoft rejeté
Sur le premier point, préalablement à l’annonce de l’accord avec Google, Yahoo avait pris soin hier de prévenir que les dernières discussions avec Microsoft – datant du week-end dernier – n’avaient pas abouti et qu’il n’y en avait pas de nouvelles de prévues. Selon la presse américaine, Microsoft aurait réitéré son offre d’un Yahoo dépecé tandis que le portail aurait demandé… une fusion pure et simple, mais à un meilleur prix !
Le risque de voir l’accord refoulé par l’antitrust
Concernant l’antitrust, les précautions prises notamment par Google sur son blog dans le commentaire de l’accord montrent cependant que, du point de vue des régulateurs de la concurrence, les choses pourraient être moins simples. Déjà, les premiers tests organisés entre Google et Yahoo au plus fort de la pression de Microsoft avaient suscité la suspicion. A eux deux, Google et Yahoo cumulent 80% du marché américain de la recherche en ligne.
Mais, avec une audience similaire, Google est bien plus profitable. Du coup, les revenus de Yahoo issus du lucratif marché des liens contextuels pourraient croître de 60 à 70% selon les spécialistes. Autant de profits dégagés pour favoriser le développement technologique du portail en toute indépendance – selon le vœu pieux de Jerry Yang – tout en rassurant un actionnariat très friable du fait de l’absence de stratégie du groupe depuis quelques mois. Tel est le pari de la direction du portail. Un pari risqué.
















