Recherche en ligne : Yahoo revendique son indépendance... pour rassurer l'antitrust ?

« Nous ne sommes pas une version de Bing. » C’est en ces termes que Prabhakar Raghavan, vice-président sénior de Yahoo, résume la situation après que l’éditeur de services en ligne a adopté, fin juillet, le moteur de recherche de Microsoft. En clair, s’il y a coopération sur les technologies, la concurrence reste vive pour gagner les faveurs des utilisateurs. Des déclarations destinées à apaiser les autorités antitrust américaines qui enquêtent en ce moment sur l'accord ?

Non, Yahoo n’est pas un simple canal pour populariser des technologies et services en ligne conçus chez Microsoft. Du moins, Prabhakar Raghavan, vice-président sénior de Yahoo, s’en défend-il vigoureusement, devant nos confrères de Reuters, en affirmant « ne pas être une version de Bing », le moteur de recherche du géant de Redmond. Carol Bartz, le nouveau Pdg de Yahoo – après le départ fracassant de Jerry Yang –, vient d’ailleurs de présenter des améliorations aux outils du portail pour la recherche en ligne, le courrier électronique et la messagerie instantanée. 

Un accord compromis ?
Cette revendication d’indépendance arrive à point nommé alors que l’accord Microsoft-Yahoo fait l’objet d’une enquête de l’administration américaine chargée de la concurrence. Selon Matthew L. Cantor, avocat spécialiste des questions de concurrence, qui s’exprimait récemment dans les colonnes de Forbes, cet accord est susceptible de poser problème : « si le département américain de la Justice (DOJ) applique l’analyse traditionnelle de la concurrence à l’accord proposé, il est mort. […] Dans son examen du partenariat proposé entre Yahoo et Google à l’automne dernier, le DOJ a déjà déterminé qu’il n’y a pas de réelle alternative économique aux outils de recherche sur Internet. Ainsi, alors que ce marché est déjà très concentré, la concurrence va encore se réduire à un duopole du fait de cet accord. Et comme les barrières à l’entrée sur ce marché sont très élevées, la jurisprudence récente suggère que cet accord peut être présumé anticoncurrentiel. »
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Détaillées dans un billet du blog corporate de Yahoo, ces améliorations portent surtout sur l’intégration des outils du portail avec des services populaires – les siens ou ceux de tiers – comme Flickr, ZumoDrive ou encore PayPal. Côté recherche en ligne, les améliorations portent sur les options de filtrage des résultats, l’analyse des requêtes ou encore l’assistance à la recherche par des méthodes de suggestions. A cela, il convient d’ajouter la lecture des vidéos directement dans la page des résultats ou encore leur protection par les solutions anti-malware de McAfee.

Chacun ses forces commerciales

Bref, de quoi affirmer l’indépendance conservée de Yahoo malgré l’accord conclu fin juillet dernier avec Microsoft. D'une durée de 10 ans, cet accord prévoit notamment l’exploitation, par Microsoft, pour son moteur Bing, des technologies développées par Yahoo. Mais ce dernier doit aussi diffuser des liens publicitaires contextualisés ; la régie de Yahoo étant mandatée pour monétiser les audiences du portail et de quelques sites Microsoft, en utilisant le système de vente en ligne Microsoft AdCenter. Mais, comme le prévoyait l’accord, chacun doit conserver ses propres forces commerciales, au moins pour les autres formats publicitaires.

D’ailleurs, les publicités intégrées aux résultats fournis par Bing pourront, selon un algorithme non détaillé, être ou non effectivement présentées au visiteur.

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